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Adapa est
un héros de la mythologie assyro-babylonienne.
Dans la ville sainte d'Ăridu, Adapa avait
Ă©tĂ© crĂ©e par Ăa pour rĂ©gner parmi l'humanitĂ©.
Le dieu lui avait donnĂ© une vaste oreille, une grande sagesse et une extrĂȘme
prudence; seule lui avait été refusée l'immortalité, réservée aux
dieux. Chaque jour, Adapa franchissait la clĂŽture d'Eridu, se rendait
au quai brillant et, montant sur son bateau, s'avançait pour pĂȘcher sur
la mer étendue. Un jour, tandis qu'il était en mer, le vent du Sud souffla,
renversa le navire et le fit descendre Ă la maison des poissons. Furieux,
Adapa brisa les ailes du vent du Sud, et sept jours durant celui-ci ne
souffla plus. Anu s'en inquiéta et, instruit de
l'aventure, manda devant lui Adapa, Ă qui il se proposait de faire prendre
un aliment de mort.
Mais Ăa, qui veillait sur son protĂ©gĂ©,
lui enseigna le moyen de se concilier les dieux qui veillent au seuil d'Anu,
et lui recommanda en mĂȘme temps de n'accepter d'Anu ni aliment ni breuvage.
Adapa revĂȘtit donc un vĂȘtement de deuil, et, conduit par Ilabrat, le
messager d'Anu, arriva aux portes du ciel. LĂ , il rencontra les dieux
gardiens, Tammuz et Nin Gishzida, qui, le voyant, lui demandĂšrent :
« Homme,
pour qui es-tu revĂȘtu d'un vĂȘtement de deuil? »
Et Adapa de répondre, selon les instructions
d'Ăa :
« Dans
le pays deux dieux ont pĂ©ri; c'est pourquoi moi d'un vĂȘtement de deuil
je me suis revĂȘtu.
- Et qui sont ces
deux dieux?
- Tammuz et Nin Gishzida.
»
Charmés de cette marque de respect, Tammuz
et Nin Gishzida accompagnÚrent Adapa auprÚs d'Anu et intercédÚrent
pour lui. Le dieu s'apaisa et mĂȘme, voulant Ă son tour honorer Adapa
au coeur magnanime, lui fit présenter les aliments de vie. Mais Adapa,
qui se souvenait des recommandations d'Ăa, refusa de manger et de boire,
et perdit ainsi l'occasion de devenir immortel. Fut-il victime d'un fĂącheux
concours de circonstances, ou n'est-ce pas plutĂŽt qu'Ăa, Ă qui rien
n'échappe, prévoyant l'offre d'Anu, n'avait pas voulu qu'Adapa - et avec
lui l'humanité - pût acquérir cette immortalité qu'il avait jugé bon
de ne pas lui accorder? (F. Guirand). |
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