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James Beattie
est un poète et critique écossais, né à Laurencekirk, comté de Kincardine,
le 25 octobre 1735, mort à Aberdeen le 18 août 1803. Il n'occupa guère
que le second rang dans ces deux sphères, mais il l'occupa avec honneur.
Fils d'un fermier, il fit de si rapides progrès dans ses premières études,
que sa famille espéra lui faire obtenir unebourse à l'université d'Aberdeen.
En effet, il gagna la première bourse dans un concours public, et passa
quatre ans au collège Mareschall, dirigé par Thomas
Blackwell, savant distingué. Beattie, ayant achevé ses études, entra
dans la carrière de l'enseignement. Maître d'école à Fordoun, professeur
de grammaire latine à Aberdeen, il concilia les devoirs de son état avec
le goût très vif qui le portait à la poésie.
Un recueil d'odes, d'élégies, de stances,
qui comprenait aussi une traduction des Églogues de Virgile,
fut publié par lui à Londres en 1761. On y trouve de la sensibilité,
de l'élégance et de l'harmonie. Cependant, plus tard, Beattie, qui avait
senti croître son talent, rougit de cette production de sa jeunesse, et
s'efforça constamment d'en faire perdre le souvenir. Ses amis s'occupaient
plus que lui des intérêts de sa position et de sa fortune; ils obtinrent
qu'on le nommât, en 1760, à la chaire de philosophie du collège Marescball.
Beattie avait bien dans l'esprit de l'aptitude philosophique; mais il ne
s'était jamais occupé de théorie, et il ne réussit dans la première
année de son nouvel enseignement qu'avec le secours des cahiers de son
prédécesseur.
Ce furent pourtant les études philosophiques
lui lui valurent la meilleure partie de sa renommée. Il s'y attacha avec
sagesse et avec amour, et bientôt, à la suite du docteur Reid,
son compatriote, il combattit, par de nombreux. ouvragés, Locke
et sa doctrine sensualiste. Son Essai sur la nature et l'immutabilité
de la vérité, publié en 1764, est une des oeuvres remarquables de
ce que l'on a nommé l'école écossaise, école philosophique qui a déclaré
la guerre au scepticisme, au matérialisme, et qui, sans une grande profondeur,
a cependant une certaine élévation. Le sens commun joue un rôle important
dans cette doctrine, et c'est là aussi le fondement de l'ouvrage de Beattie.
Déjà , en 1762, il avait composé son
Essai sur la poésie et la musique, qui repose sur le principe de
l'imitation, mais d'une imitation assez large. Ce traité renferme des
vues intéressantes. Beattie, cependant, ne renonçait pas à se distinguer
comme poète, et en 1768, il composa son Ménestrel, dont il ne
publia la première partie que trois ans plus tard. Le Ménestrel ou
les Progrès du génie est le meilleur ouvrage de poésie de cet écrivain,
et compléta pour ainsi dire sa réputation.
Beattie a composé an grand nombre d'essais
de philosophie morale ou de psychologie. Les plus remarquables sont la
Théorie du langage et les Éléments de la science morale.
Comme philosophe, Beattie adopte le grand
principe de Reid et de son école, le sens commun, il s'efforce de montrer
que les théories de Berkeley, de Hume sont en opposition
avec les données du sens commun. Berkeley croit
qu'il n'y a point de corps; il a tort, car le sens commun croit à l'existence
des corps. Hume croit qu'il n'y a ni corps, ni esprit, rien que des phénomènes;
il a tort, car le sens commun croit aux esprits et aux corps, Ã l'existence
des substances. On voit que les écrits de Beattie offrent aussi peu d'intérêt
que de profondeur.
Marié en 1766, il eut deux fils; mais
il les perdit tous deux dans la force de l'âge. Il ne se consola jamais
de ce double malheur, et les dernières années de sa vie se passèrent
dans la solitude.
Voici la liste des principaux : Essay
on the nature and immutability of truth (Edimbourg, 1773); Essay
on poetry and music (Edimbourg, 1777). L'Essai sur la poésie et
la musique a été traduit en français (Paris, 1778); Dissertations
moral and critical on memory and imagination; on draming; the theory of
language, etc. (Londres, 1783); Elements of moral science (Edimbourg,
1790, 1793, 2 volumes, Londres, 1814, 2e édition). (G.
F.). |
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