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| William Dampier
est un navigateur anglais, né à East Coker (Somersetshire) en 1652, mort
à Londres en 1715. Son père était
fermier, et le destinait au commerce; mais Dampier étant devenu orphelin
de fort bonne heure, son tuteur lui fit interrompre son éducation , et
peu après le jeune William faisait, en qualité de mousse, puis de matelot,
divers voyages dans la marine royale, à Terre-Neuve Quand la guerre éclata entre l'Angleterre
et la Hollande, Dampier sert Ă bord
d'un bâtiment de guerre. Une maladie l'ayant forcé de quitter le service,
Dampier occupa pendant six mois une place de contre-maître sur les plantations
du colonel Helyar, à la Jamaïque L'année suivante, il part pour l'Amérique
du Sud De lĂ les boucaniers poursuivirent leur
route au sud avec un médiocre succès. Ils prirent cependant un navire
appelé le San-Rosario, arrivant de Callao avec un chargement de
vin, d'eau-de-vie, d'huile, de fruits et d'une somme d'argent qui, répartie
entre les boucaniers, donna 80 dollars à chacun. Sur la côte du Chili Le 23 août 1683, William Dampier partit
encore pour une expédition dans l'océan Indien On dit que Dampier abandonna ses compagnons
d'aventure parce qui il était fatigué de leurs excès. Il s'était caché,
assure-t-on, dans une des îles Nicobar, et avait laissé appareiller sans
lui le Cygnet, puis il avait gagné dans un canot le comptoir anglais
d'Achem, dans l'île de Sumatra Lorsque Guillaume
III ordonna qu'une expédition fût envoyée pour rechercher de nouveaux
pays, et pour examiner quelques contrées déjà découvertes en particulier
la Nouvelle-Hollande (Australie William Dampier appareilla le 26 janvier
1699, et, après avoir fait escale au Brésil Dampier, qui espérait se frayer un passage jusqu'au continent, fit quelque chemin à travers les chenaux compliqués qui séparaient ces îles. A l'une d'elles, sur laquelle il aborda pour chercher de l'eau, il donna le nom d'île du Romarin (Rosemary island). Il rebroussa ensuite chemin et continua sa route dans la direction du nord. Quittant les côtes de l'Australie, il cingla vers la Nouvelle-Guinée, qu'il reconnut le 1er janvier 1700; puis, poursuivant sa route à l'est, et se tenant éloigné du continent, il revit, le 27, une terre qu'il supposa être la partie orientale de la Nouvelle-Guinée. De là il suivit la côte dans les directions du sud-sud-ouest et de l'ouest, donnant des noms aux principaux havres et promontoires, jusqu'à ce que, ayant quitté le fort Montague, il découvrait au nord une mer ouverte, tandis qu'en même temps une espèce de terre lui apparaissait au sud-ouest. Il s'aperçut ainsi qu'il avait entièrement fait le tour de la terre qu'il avait d'abord supposée être la Nouvelle-Guinée, et que maintenant il naviguait dans le détroit, par lequel les deux pays étaient séparés. Dampier donna le nom de Nouvelle-Bretagne à cette terre qu'il avait distinguée de la Nouvelle-Guinée, et celui de Dampier au détroit qui sépare les deux îles. L'expédition gagna ensuite, par une toute
nouvelle, Céram Condamné à une grosse amende (1702) par une cour martiale pour avoir maltraité et fait emprisonner son lieutenant, Dampier n'en fut pas moins choisi l'année suivante pour commander une expédition dans les mers du Sud par des armateurs anglais qui avait équipé deux vaisseaux le Saint-George de 26 canons, et le Cinq-Ports de 16. Dampier mit son pavillon sur le Saint-George. Le capitaine Thomas Stradling commanda le Cinq-Ports. Navigateur fort habile, Dampier paraît avoir été un assez mauvais commandant. Il avait vécu trop longtemps avec les boucaniers pour savoir conserver une dignité de conduite propre à lui concilier la respect de ses inférieurs, et son excessive familiarité laissait s'établir entre son équipage et lui une égalité de rapports nuisible au service, et le réduisait ensuite, pour maintenir la discipline, à user d'une extrême sévérité. Il faut joindre à cela que les vaisseaux lacés sous ses ordres convenaient mal à expédition projetée; les équipages étaient désordonnés et mutins; nulle harmonie n'existait dans le corps des officiers. Une prise faite sur la côte du Pérou amena entre Dampier et Stradling une altercation, à la suite de laquelle chacun des deux fit voile de son côté. Le Cinq-Ports retourna aux îles
Juan-Fernandez Dampier voulait néanmoins continuer croiser dans les mers du Sud; mais la majorité de ses hommes refusa de le suivre. Une prise d'environ 70 tonneaux fut équipée par ceux qui voulaient aller aux Indes; 37 matelots s'embarquèrent sur ce petit bâtiment, et le Saint-George se trouva réduit à 29 hommes d'équipage. Sans se décourager, le capitaine alla piller la ville de Puna, et croisa le long de la côte du Pérou, jusqu'à ce que son navire ne fût plus capable de tenir la mer. Il s'embarqua alors sur un brigantin qu'il avait pris aux Espagnols, et, après avoir dépouillé le Saint-George, il le laissa coulant sur ses ancres auprès dune petite île voisine de la côte. Lorsque Dampier arriva aux Indes orientales, il ne put exhiber sa commission, probablement dérobée par les mécontents qui l'avaient quitté; son navire et sa cargaison furent en conséquence saisis par les Hollandais, et lui-même passa quelques mois en prison. A son retour en Angleterre, Dampier se trouva passionnément attaqué dans une relation que venait de publier Funnell, un de ses compagnons, revenu avant lui. Sa réponse, qu'il intitula Vindication (1707) où il cherche à se justifier d'avoir pris part à l'expédition des boucaniers contre les possessions hispano-américaines, ne consiste qu'en assertions contraires, aussi peu appuyées de preuves que celles de l'accusation. En 1711, des armateurs de Bristol,
ayant équipé deux forts navires, armés l'un de 30, l'autre de 26 canons,
avec 321 matelots d'équipage, pour aller piller les établissements espagnols
dans la mer du Sud, donnèrent le commandement de cette nouvelle expédition
au capitaine Woodes Rogers, et Dampier, rendu humble par ses revers, accepta
les fonctions de pilote. Le voyage jusqu'à l'océan Pacifique Depuis ce moment, le reste de la vie de William Dampier est à peu près complètement inconnu. Il est à présumer que notre aventurier ne reprit plus la mer, puisqu'il n'est plus fait mention de lui dans les relations des voyages entrepris à la suite de celui du capitaine Woodes Rogers. Il s'éteignit à Londres au printemps 1715. La meilleure édition de ses voyages autour du monde est celle de 1799 (4 vol. in-8). Ils ont été partiellement traduits en français (Amsterdam, 1711-1712, 5 vol. in-12). Ses écrits, outre l'intérêt dramatique dont ils sont pleins, méritent l'attention par les renseignements hydrographiques qu'on y rencontre. Les relations de Dampier sont intéressantes, ses descriptions sont vives et animées, et les faits qu'il avance sont généralement d'une grande exactitude. Son style clair, franc et net, ses plans et ses cartes, d'une précision extraordinaire pour le temps, lui assurent une place parmi les grands écrivains de voyage et les grands géographes. (PL / B.-H. Gausseron). |
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