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Département de Guyane |
4 00 N, 53 00 W |
La Guyane française La côte
de la Guyane, orientée du Nord-Ouest au Sud-Est depuis l'embouchure du
Maroni jusqu'à l'estuaire de l'Oyapock, n'est creusée d'aucune baie et
ne présente aucun bon port. La ligne de démarcation entre la terre ferme
et l'océan n'y est accusée que par la végétation des palétuviers;
elle change fréquemment de place, tantôt les eaux boueuses de la mer
gagnant dans l'intérieur et tantôt la terre vaseuse du littoral s'avançant
dans les flots. Pas de grandes îles, pas même d'écueils
sur cette côte incertaine, à l'exception de la petite île dite l'île
Verte et de l'îlet Saracou non loin de l'embouchure du Sinnamarie, des
trois îles du Salut (île du Diable, île Royale, île Saint-Joseph) où
se trouvait le pénitencier et des rochers ou îles qui sont à l'Est de
Cayenne Géographie
physique.
Ces fleuves peuvent être rangés en deux groupes dont le premier constitue un versant Nord-Ouest et le second un versant Sud-Est. Les principaux fleuves du versant Nord-Ouest sont le Maroni, avec ses deux grands affluents, le Tapanahoni et l'Aoua; la Mana, l'Iracoubo, le Sinnamarie, grossi du Couriège, le Kourou et la rivière de la Comté appelée encore la Cayenne, l'Oyak ou le Mahuri et qui a pour principal affluent l'Orapou. Les deux cours d'eau les plus importants du versant Nord-Est sont l'Approuague et l'Oyapok qui reçoit le Camopi. Tous ces fleuves ont leurs lits embarrassés de rochers et entrecoupés de cascades ou sauts ainsi que de rapides se succédant à de faibles intervalles. Aussi ne sont-ils pas navigables, si ce n'est dans la petite partie de leur cours qui peut être considérée comme leur estuaire. Le profil de chacun d'eux figure plutôt un escalier qu'un plan incliné. Le climat de la Guyane est uniformément
tropical, avec une température moyenne annuelle comprise entre + 28°C
et + 31°C. Il n'y règne que deux saisons
: celle des pluies pendant les mois de décembre,
janvier, février et mars, et celle des chaleurs qui sont surtout très
grandes depuis le commencement de juillet jusqu'Ă la fin de novembre.
Le nombre des jours de pluie est de 160 Ă 180 par an, et ces pluies sont
tellement diluviennes qu'elles fournissent une couche d'eau de plus de
3 mètres d'épaisseur en moyenne. C'est environ six fois la quantité
d'eau qui tombe sous le climat de Paris
Carte de la Guyane Française. Source : The World Factbook. (Cliquer sur l'image pour afficher une carte détaillée). Végétation
et faune.
Pami les espèces de mammifères Les forêts sont
peuplées d'oiseaux Les reptiles L'abondance des poissons Peu de pays ont autant d'insectes Quelques-unes des principales villes de la Guyane Française
Géographie physique de la Guyane FrançaiseRelief.Au niveau du relief, on distingue principalement une large plaine côtière peu élevée et souvent marécageuse, qui s'étend sur une largeur variable depuis le littoral. Cette plaine s'élève progressivement vers l'intérieur des terres pour former un plateau ondulé, puis une région de collines et de massifs montagneux bas qui culminent à quelques centaines de mètres d'altitude. Les principaux massifs se trouvent dans la partie sud et ouest, et font partie du plateau des Guyanes, une formation géologique très ancienne. Le point culminant est le Mont Bellevue de l'Inini (environ 851 mètres d'altitude). Il est situé dans le sud-ouest. Parmi les autres reliefs notables, on trouve les Montagnes Tabulaires (ou Tumuc Humac) à la frontière sud et le Massif de Koulimo. Le relief est généralement peu escarpé sauf dans certaines zones des massifs intérieurs où l'érosion a creusé des vallées et généré des chaos rocheux ou des inselbergs (collines isolées). Géologie.
Les sols guyanais sont majoritairement anciens et lessivés en raison des fortes pluies. Les sols latéritiques riches en oxydes de fer et d'aluminium dominent l'intérieur, ils sont ordinairement peu fertiles pour l'agriculture une fois déboisés. Les sols de la plaine côtière sont plus variés, et vont des argiles lourdes et compactes aux sables, et sont souvent hydromorphes. La côte est caractérisée par la présence de vasières importantes, influencées par les sédiments des fleuves locaux et l'apport lointain mais significatif du fleuve Amazone. Hydrographie.
Climat.
Biogéographie de la Guyane FrançaiseD'un point de vue biogéographique, la Guyane s'inscrit dans la province guyanaise du domaine amazonien. Sa richesse s'explique par son histoire géologique ancienne et stable, l'absence d'impacts majeurs des glaciations, un climat favorable et son appartenance à un vaste ensemble forestier continu. Les grands fleuves (Maroni, Oyapock, Sinnamary, Approuague) structurent le paysage et peuvent agir comme des barrières partielles pour certaines espèces, favorisant ainsi des variations locales. L'endémisme est présent, partagé en partie avec les pays voisins du Bouclier guyanais (Suriname, Guyana, nord du Brésil), bien que moins élevé que dans des zones géographiquement plus isolées comme les tépuys vénézuéliens.La combinaison de climat chaud et humide, de relief majoritairement peu élevé et de sols variés (souvent latéritiques à l'intérieur, alluvionnaires sur la côte) favorise le développement d'une végétation luxuriante et dense. La majeure partie du territoire, soit environ 96%, est recouverte par la forêt tropicale humide équatoriale, qui fait partie du vaste biome amazonien. Le long de la côte, on trouve de vastes mangroves sur les zones de vasières et des forêts marécageuses. Des zones de savanes existent localement, comme près de Kourou. La forêt est structurée en plusieurs strates, depuis la canopée émergente qui atteint parfois plus de 50 mètres, jusqu'au sous-bois dense et sombre. La diversité floristique y est stupéfiante, avec un nombre très élevé d'espèces d'arbres, d'arbustes, d'épiphytes (orchidées, broméliacées), de lianes et de palmiers. Les sols, fréquemment latéritiques et pauvres en nutriments essentiels, abritent une flore adaptée à ces conditions, où les stratégies de recyclage des éléments et la compétition pour la lumière sont primordiales. Des espèces emblématiques comme le fromager (Ceiba pentandra), le maripas (Attalea maripa) ou divers palmiers (Euterpe oleracea) sont caractéristiques de ces milieux. Bien que partie intégrante de la flore amazonienne, la Guyane présente une part d'endémisme liée à l'histoire du Bouclier guyanais. La bande côtière abrite des mangroves, notamment dans l'estuaire de l'Oyapock et le long d'autres fleuves, qui forment des écosystèmes dynamiques influencés par les marées. Ces mangroves, dominées par des palétuviers (Rhizophora spp., Avicennia spp.), sont des zones essentielles de reproduction et de nourrissage pour de nombreuses espèces marines et terrestres. Immédiatement derrière la côte, on trouve des savanes côtières, comme celles de Kourou ou de la région de Kaw, des milieux herbeux parsemés d'arbustes adaptés aux sols sableux et aux conditions plus ouvertes. Les zones humides intérieures, telles que les vastes Marais de Kaw-Roura, constituent d'immenses systèmes de marécages d'eau douce, de savanes inondées et de forêts marécageuses, refuges pour une faune aquatique et semi-aquatique remarquable. La faune guyanaise est à l'image de sa végétation : extraordinairement diverse. Les mammifères sont représentés par de grands félins comme le jaguar, le puma ou l'ocelot, des tapirs, plusieurs espèces de singes (atèles, hurleurs, capucins), des paresseux, des fourmiliers, des tatous, ainsi qu'une grande variété de rongeurs (agoutis, pacas) et de chauves-souris. L'avifaune est l'une des plus riches de la planète, comptant plus de 700 espèces d'oiseaux. Des aras colorés aux toucans, en passant par les colibris, les rapaces majestueux comme l'aigle harpie, et des espèces plus discrètes mais écologiquement importantes, chaque niche écologique est occupée. Le Coq-de-roche orange (Rupicola rupicola) est un symbole emblématique de la forêt guyanaise. Les reptiles sont également très présents, avec de grands caïmans (caïman noir, caïman à lunettes) dans les zones humides, une diversité impressionnante de serpents (anacondas, boas, lachesis muta) et de lézards. Les amphibiens, notamment les grenouilles, sont omniprésents, leur chant emplissant la forêt la nuit, avec de nombreuses espèces aux colorations vives, et qui sont vus comme des indicateurs de la qualité de l'environnement. La vie aquatique dans les innombrables fleuves et criques est dominée par une riche diversité de poissons d'eau douce, notamment des espèces connues comme les piranhas, et d'autres moins célèbres. Les invertébrés, en particulier les insectes, les arachnides et les myriapodes, représentent la majorité de la biodiversité locale, jouant des rôles essentiels dans les chaînes alimentaires et les cycles écologiques. Malgré son caractère largement préservé, la biodiversité guyanaise est confrontée à des menaces croissantes, principalement d'origine anthropique. L'orpaillage illégal, en particulier, provoque une déforestation localisée, la sédimentation et surtout la pollution par le mercure des milieux aquatiques, ce qui impacte gravement les écosystèmes et la santé humaine. L'exploitation forestière (même légale), le développement d'infrastructures (routes, barrages), l'agriculture et l'expansion urbaine (limitée à la zone côtière) contribuent à la fragmentation et à la dégradation des habitats. La chasse et la pêche non réglementées constituent également une pression sur certaines populations animales. Consciente de son patrimoine naturel exceptionnel, la Guyane française a mis en place un réseau d'aires protégées d'importance majeure, dont le Parc Amazonien de Guyane, l'un des plus grands parcs nationaux de France. La Réserve Naturelle Nationale des Marais de Kaw-Roura protège quant à elle un système de zones humides d'importance internationale. D'autres réserves et zones protégées contribuent à la préservation de cette biodiversité. Cependant, les défis de conservation restent immenses face aux pressions économiques et aux difficultés de surveillance dans un territoire aussi vaste et peu accessible. • Le Parc Amazonien de Guyane (PAG), créé en 2007, est le plus vaste parc national de France et de l'Union européenne. Il couvre près de 3,4 millions d'hectares dans le sud profond de la Guyane. Cet immense territoire, principalement constitué de forêt primaire intacte, est un véritable poumon vert et un réservoir de biodiversité unique au monde. Il s'étend sur une mosaïque de paysages qui vont des basses terres inondables aux massifs montagneux (comme les Tumuc-Humac), et est traversé par de grands fleuves comme le Maroni et l'Oyapock. Le parc a pour mission principale la protection de ces écosystèmes forestiers et fluviaux, ainsi que des nombreuses espèces animales et végétales qu'ils abritent, dont certaines sont endémiques ou menacées (jaguar, tapir, singes, oiseaux rares, arbres géants, etc..). Au-delà de la nature, le PAG est aussi un lieu de vie et de culture pour les populations autochtones (Wayana, Teko, Palikur, Apalaï) et les populations Bushinengue (Maroons). La charte du parc vise à concilier protection stricte de l'environnement dans l'aire centrale et développement durable des activités humaines dans l'aire d'adhésion, en valorisant les savoirs traditionnels et en promouvant un écotourisme respectueux. Son accès est assez difficile, et se fait principalement par voie fluviale ou aérienne, ce qui contribue à préserver son caractère sauvage et peu exploré. Géographie humaine de la Guyane FrançaisePopulation.La population de la Guyane Française, estimée à environ 300 000 habitants (selon les estimations récentes, les chiffres officiels du recensement étant souvent en décalage par rapport à la réalité du terrain) sur un territoire vaste mais peu peuplé en dehors du littoral, double environ tous les vingt ans. Cette explosion démographique s'explique par deux facteurs principaux : un taux de natalité très élevé, largement supérieur à celui de la métropole, et une immigration importante. La jeunesse de la population est une conséquence directe de ce taux de natalité élevé; la structure par âge est pyramidale, avec une proportion très importante de jeunes de moins de 20 ans, et une part très faible de personnes âgées. Cela pose des défis majeurs en termes d'infrastructures, notamment scolaires et de santé, ainsi qu'en matière d'emploi pour l'avenir. Les mouvements migratoires constituent un moteur essentiel de la croissance démographique. La Guyane attire des populations des pays voisins (Suriname, Brésil, Haïti principalement), mais aussi d'autres régions des Caraïbes, d'Amérique du Sud et d'Afrique, ainsi que de la France métropolitaine (fonctionnaires, personnel du Centre Spatial Guyanais, professionnels). Cette immigration est diverse,et englobe des migrations économiques (légales ou irrégulières, notamment liées à l'orpaillage), des migrations familiales ou des déplacements liés à l'instabilité dans les pays d'origine. Cela contribue à un brassage des populations, mais aussi à des tensions et des difficultés d'intégration. La répartition spatiale de la population est très inégale : la majorité des habitants se concentre sur le littoral, dans les villes de Cayenne, Matoury, Rémire-Montjoly, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni, laissant l'intérieur du territoire (le "Haut-Maroni", le "Haut-Oyapock") très faiblement peuplé et difficile d'accès. La Guyane est ainsi un véritable carrefour de cultures, une mosaïque ethnique et sociale d'une richesse et d'une complexité rares. Cette diversité est à la fois une richesse et une source de défis. Les interactions entre les différents groupes sont complexes. S'y mêlent coexistences pacifiques, échanges culturels, mais aussi parfois incompréhensions, tensions et replis identitaires. La stratification sociale est marquée par de fortes inégalités, généralement corrélées aux origines et au statut (accès à l'emploi formel, à l'éducation, aux services publics). Le taux de chômage est structurellement élevé, en particulier chez les jeunes, et la pauvreté touche une part significative de la population, notamment dans les zones isolées et parmi les populations immigrées précaires. Les défis sociologiques sont nombreux : accès différencié et souvent difficile aux soins de santé (surtout à l'intérieur), adaptation du système éducatif à une population très jeune et multilingue, gestion des flux migratoires, lutte contre la criminalité et l'insécurité (souvent liée à l'orpaillage illégal et aux trafics), questions foncières complexes (droits des populations autochtones, développement urbain), et construction d'une identité guyanaise partagée au-delà des appartenances communautaires. Groupes ethnolinguistiques.
Amérindiens.
• Les Kalina (ou Caraïbes), principalement présents sur le littoral nord-ouest et le long du fleuve Maroni;Chacune de ces langues amérindiennes appartient à des familles linguistiques différentes (karib, tupi-guarani, arawak) et certaines sont considérées comme menacées. Le français est également parlé, souvent comme langue seconde ou troisième, en raison de la scolarisation et des échanges avec l'administration et d'autres groupes. Noirs
Marrons (Bushinenge).
Population
créole.
Métropolitains.
Population
immigrées récentes.
Culture.
La relation avec la France métropolitaine est complexe et ambivalente. La Guyane est un département, bénéficiant des infrastructures, des services publics et du système social français, ce qui assure un certain niveau de vie et d'éducation. Cependant, il existe aussi un sentiment de distance géographique et culturelle, des revendications d'autonomie et une conscience des spécificités locales. La présence du Centre Spatial Guyanais à Kourou ajoute une dimension internationale et technologique unique, et crée un contraste saisissant avec la Guyane profonde et ses cultures traditionnelles. La culture créole se retrouve dans la musique (biguine, mazurka créole, mais aussi zouk et ses dérivés), la danse, la cuisine (bouillons, ragouts, gratins, punchs) et surtout dans l'événement culturel majeur de l'année : le Carnaval. La musique reflète parfaitement le métissage de la Guyane Française : on écoute des rythmes créoles traditionnels, du zouk antillais (très populaire), du séga réunionnais, des musiques africaines, brésiliennes (samba, forró), caribéennes (reggae, soca), ainsi que les chants et tambours des Bushinenges et les musiques rituelles amérindiennes. L'artisanat est un domaine où les traditions s'expriment fortement : le tembé bushinenge avec ses motifs géométriques gravés et peints sur le bois (pagaies, meubles, objets du quotidien), la vannerie amérindienne aux formes et usages variés (paniers, couleuvres pour le manioc), la poterie, les parures en graines ou plumes. L'art contemporain guyanais émerge, volontiers influencé par cette diversité et la nature environnante. La cuisine guyanaise est à l'image de sa population : un mélange d'influences africaines, créoles, amérindiennes et asiatiques. On y trouve des produits tropicaux (manioc sous diverses formes, igname, bananes plantain, fruits tropicaux), du poisson et des crevettes d'eau douce et de mer, de la viande de brousse (agouti, tapir - bien que la chasse soit réglementée), des plats emblématiques comme le bouillon d'awara (plat traditionnel du weekend de Pâques), le colombo (curry caribéen), le poulet boucané (fumé), les soupes épicées, les plats à base de riz et haricots, et les nems ou rouleaux de printemps apportés par la population asiatique. Les croyances religieuses sont également plurielles. Héritage de la colonisation, le catholicisme est majoritaire, mais coexiste avec diverses églises protestantes, des pratiques traditionnelles animistes et des cultes syncrétiques, notamment dans les populations bushinenges. La croyance aux esprits de la forêt et aux forces de la nature reste présente dans l'imaginaire populaire et les cultures traditionnelles. Economie.
Le pilier le plus emblématique et le plus significatif de l'économie guyanaise est sans conteste le Centre Spatial Guyanais (CSG) basé à Kourou. Opéré par le Centre National d'Études Spatiales (CNES) et accueillant les lanceurs européens (Ariane, Vega, Soyouz par le passé), le CSG génère une activité économique substantielle. Il attire une population hautement qualifiée, crée des emplois directs et indirects (ingénieurs, techniciens, personnel de soutien, entreprises sous-traitantes), et stimule le développement d'infrastructures (ports, routes, aérodrome, télécommunications) et de services associés. L'activité spatiale injecte des capitaux importants dans l'économie locale par les salaires, les achats de biens et services, et les investissements. Cependant, cette activité de pointe reste relativement isolée du reste du tissu économique local, peu d'entreprises guyanaises hors du secteur direct des services et de la construction bénéficiant directement de ses retombées technologiques ou industrielles de manière significative. Parallèlement à l'activité spatiale, l'économie guyanaise repose massivement sur le secteur public. L'État, les collectivités territoriales (Région, Département, communes) et les établissements publics sont des employeurs majeurs. La fonction publique (nationale, territoriale, hospitalière) constitue une part très importante de l'emploi total. Les dépenses publiques, qu'il s'agisse des salaires des fonctionnaires, des investissements dans les infrastructures et les services publics (écoles, hôpitaux, routes), ou des transferts sociaux (allocations familiales, minima sociaux, retraites), soutiennent fortement la demande intérieure et constituent une part essentielle du revenu de nombreux ménages. Cette omniprésence du secteur public et des transferts sociaux, bien que source de stabilité et de soutien pour la population, crée une forte dépendance vis-à -vis des financements extérieurs, principalement ceux de l'État français et, dans une moindre mesure, de l'Union Européenne (fonds FEDER, FSE, FEADER). Au-delà de ces deux piliers (spatial et public), l'économie guyanaise compte d'autres secteurs, plus traditionnels ou émergents, mais qui font face à des difficultés structurelles. L'agriculture est limitée en raison des contraintes pédologiques et climatiques, de la concurrence des importations et d'un accès difficile au foncier. Elle se concentre principalement sur les cultures vivrières locales (manioc, fruits, légumes) et l'élevage (bovins). La pêche contribue également à l'économie, mais elle est confrontée à la surexploitation des ressources et surtout à une concurrence déloyale et massive de la pêche illégale (notamment des crevettiers étrangers). La forêt guyanaise représente un potentiel important, mais son exploitation légale est strictement encadrée pour des raisons environnementales, ce qui limite le développement de la filière bois légale face à une exploitation illégale qui sévit également. L'extraction aurifère est un autre secteur économique significatif en Guyane. Elle se pratique sous deux formes : l'exploitation artisanale (souvent illégale, appelée orpaillage clandestin) et l'exploitation industrielle (légale, régulée). L'orpaillage clandestin, bien qu'illégal, fait vivre un nombre important de personnes, souvent en situation irrégulière, mais il est associé à des impacts environnementaux désastreux (déforestation, pollution au mercure et à l'arsenic des fleuves), à des problèmes sociaux et sanitaires graves, et à l'insécurité. L'exploitation industrielle légale est soumise à des normes environnementales strictes, mais elle génère moins d'emplois locaux à la tonne d'or produite que l'orpaillage. Le secteur du tourisme, bien qu'en développement, reste modeste comparé à d'autres destinations tropicales. Il mise principalement sur l'écotourisme, le tourisme scientifique (biodiversité) et le tourisme spatial (lancements), mais souffre du coût élevé du transport aérien, du manque d'infrastructures hôtelières adaptées hors des grands centres, et d'une offre parfois peu structurée. Le secteur des services généraux (commerce, transport, BTP, services aux entreprises et aux particuliers) est actif, et fortement lié à la demande générée par les salaires du public et du spatial, mais il est aussi pénalisé par le coût élevé des facteurs de production (transport, énergie, main d'oeuvre). Le taux de chômage est structurellement élevé, particulièrement chez les jeunes et les populations moins qualifiées. Le coût de la vie est significativement plus élevé qu'en métropole, renchérissant les biens de consommation, l'énergie et le logement. La dualité du marché du travail est marquée : un segment restreint d'emplois très qualifiés et bien rémunérés (spatial, public) côtoie un segment large d'emplois peu qualifiés, précaires et faiblement rémunérés, ou une population active subissant le chômage. L'économie informelle et les activités illégales (orpaillage, pêche, trafic de stupéfiants) représentent une part non négligeable de l'activité réelle. Elle échappe aux statistiques et pose de graves problèmes de sécurité et de gouvernance. En termes de commerce extérieur, la balance commerciale de la Guyane est fortement déficitaire. Le territoire importe la quasi-totalité des biens de consommation courante, des équipements, des matériaux de construction et une grande partie de sa nourriture. Les exportations sont limitées, composées principalement de produits miniers (or légal), de produits de la pêche et de bois légal, mais leur valeur est loin de compenser les importations massives nécessaires pour faire fonctionner l'économie et satisfaire la demande de la population. Les principaux enjeux pour l'avenir résident dans la diversification de l'économie pour réduire la dépendance, le développement endogène des filières locales (notamment agroalimentaires, bois, tourisme) de manière durable, une meilleure intégration des retombées positives de l'activité spatiale dans le tissu économique local, la lutte efficace contre l'économie illégale, et l'amélioration de l'accès à l'emploi et à la formation pour répondre aux besoins d'une population jeune et en croissance très rapide, afin de réduire les inégalités sociales et le coût de la vie. |
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