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Les
îles
Andaman-et-Nicobar sont un territoire de l'Union
indienne ,
situées dans le Golfe du Bengale, à la
jonction de la mer d'Andaman. Elles sont géographiquement séparées en
deux groupes distincts : les
îles Andaman au
nord et les
îles Nicobar au sud, divisées par
le canal des Dix Degrés, large d'environ 150 km. Le territoire s'étend
sur environ 8249 km², répartis sur plus de 570 îles, îlots et rochers,
dont seules 38 sont habitées.
Ces îles
sont de formation volcanique ou sédimentaire, avec une topographie accidentée
faite de collines couvertes de forêts denses.
Le point culminant est le mont Thullier (642 m) dans les Nicobar. Le climat
y est équatorial, chaud et humide, avec une mousson
bien marquée de mai à octobre. Ces îles abritent des mangroves,
des récifs coralliens, des plages immaculées
et une biodiversité unique, avec des espèces endémiques végétales
et animales, notamment dans les forêts tropicales humides.
Géologiquement,
les îles sont le prolongement de l'arc montagneux d'Arakan (Birmanie)
et de la chaîne de Sumatra, ce qui les rend
sismiquement actives. Le territoire se trouve dans une zone de subduction,
d'où une vulnérabilité importante aux séismes et tsunamis,
comme celui de 2004 qui a profondément modifié la configuration de plusieurs
îles.
Histoire.
L'histoire humaine
de ces îles remonte à des milliers d'années, avec la présence de groupes
autochtones comme les Grands Andamanais, les Jarawa, les Onge, les Sentinelles
(dans les Andaman) et les Shompen (dans les Nicobar), certains restant
encore aujourd'hui parmi les peuples les plus isolés de la planète. Leur
mode de vie est resté largement indépendant de l'extérieur pendant des
siècles. Les Sentinelles, en particulier, rejettent tout contact et vivent
dans une autonomie complète sur l'île de North Sentinel.
Les premiers contacts
documentés avec le monde extérieur remontent aux explorateurs arabes
et chinois au Moyen Âge, les îles apparaissant sur des cartes du XVe
siècle. Marco Polo mentionne les Nicobar, qu'il
appelait les « îles des hommes nus ». Les Britanniques prennent progressivement
le contrôle du territoire au XVIIIe siècle,
notamment pour des raisons stratégiques maritimes et pénitentiaires.
En 1789, la Compagnie britannique des Indes orientales fonde un premier
poste colonial sur l'île de Chatham (Port Blair). Abandonné en raison
de maladies, ce poste est relancé en 1858, peu après la révolte des
Cipayes, pour servir de colonie pénitentiaire destinée aux indépendantistes
indiens, surnommée le « Kaala Pani » (eaux noires). La prison cellulaire
de Port Blair devient le symbole de la répression coloniale britannique.
Durant la Seconde
Guerre mondiale, les Japonais occupent les îles de 1942 à 1945. Subhas
Chandra Bose, dirigeant du mouvement pour l'indépendance indienne, y fait
flotter le drapeau de l'Inde libre avec l'appui du Japon
en 1943. Après la guerre, les îles retournent sous contrôle britannique,
puis sont intégrées à l'Union indienne après l'indépendance de l'Inde
en 1947.
Depuis 1956, les
îles forment un territoire de l'Union administré par le gouvernement
central indien. Le territoire a été gravement affecté par le séisme
et tsunami de 2004, qui a fait des milliers de victimes et provoqué des
déplacements de population. Certaines îles ont été submergées ou déplacées
géologiquement. Depuis, les efforts de reconstruction ont été accompagnés
par des préoccupations croissantes en matière de préservation environnementale
et de respect des droits des peuples autochtones, en particulier face aux
pressions du développement touristique et militaire. |
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