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9° 56' W; 40°18' S |
L'île
Gough est une possession du Royaume-Uni,
rattachée administrativement à Sainte-Hélène,
et située dans l'océan Atlantique Sud, à 400 km au sud-sud-est du petit
groupe insulaire de Tristan da Cunha,
dont elle dépend, et à environ 2700 kilomètres à l'ouest du cap de
Bonne-Espérance. Son isolement extrême en fait l'une des îles les plus
inaccessibles de la planète.
L'île, d'origine volcanique, couvre une superficie d'environ 91 km², avec une forme grossièrement ovale allongée sur un axe nord-est/sud-ouest. Elle mesure environ 13 kilomètres de long pour 7 kilomètres de large. Son relief est très accidenté, avec de nombreuses falaises abruptes dominant les côtes, particulièrement au nord et à l'ouest. L'intérieur de l'île est caractérisé par un plateau central élevé, entrecoupé de pics volcaniques et de vallées profondes, souvent couvertes de végétation dense. Le point culminant est le pic Edinburgh, qui s'élève à 910 mètres d'altitude. Cette altitude, combinée à la proximité de l'océan, crée un climat frais, humide et venteux, avec des précipitations presque constantes tout au long de l'année. Les côtes sont pour la plupart inaccessibles en raison de falaises verticales plongeant dans la mer. Les rares points d'atterrissage sont très difficiles à atteindre, comme à Gonydale ou à Quest Bay. Les plages y sont presque inexistantes, remplacées par des éboulis rocheux ou des plateaux basaltiques. Des rivières et des ruisseaux dévalent du plateau central vers l'océan, souvent sous forme de cascades abruptes. Les sols sont principalement constitués de roches volcaniques altérées, recouvertes localement de tourbières épaisses et de formations végétales endémiques, comme des landes humides à fougères et des tapis de mousses et lichens. Le climat est classé océanique subantarctique. Les températures moyennes oscillent entre 5 et 15 °C, sans grandes variations saisonnières, mais les vents sont fréquents et parfois violents. Les brouillards, les pluies fines et les nuages bas sont omniprésents, conférant à l'île une atmosphère brumeuse et saturée d'humidité. Cette combinaison climatique favorise une flore adaptée aux conditions extrêmes, comprenant des espèces endémiques comme le Phylica arborea (arbre de Gough) et des herbes géantes. L'île abrite des
colonies importantes d'oiseaux marins, notamment l'albatros Tristan, l'albatros
de Gough, plusieurs espèces de pétrels et de puffins. L'absence de prédateurs
terrestres pendant des millénaires a permis à ces oiseaux de nicher au
sol en toute sécurité, jusqu'à l'introduction accidentelle de souris
domestiques par des navires. Ces rongeurs ont altéré de façon dramatique
l'équilibre écologique de l'île, poussant à la mise en place de plans
de conservation d'urgence.
Carte de l'île Gough. Histoire.
Sans pouvoir déterminer
avec toute la précision désirable la date de la première découverte
de cette île, pn peut affirmer du moins qu'elle remonte au commencement
du XVIe siècle; nous savons, en effet,
avec certitude, que Gonçalo Alvares était déjà mort au mois de janvier
1525, quand le roi Jean III de Portugal Revue en 1713 par
le capitaine Gough, et ultérieurement par nombre d'autres navigateurs,
cette île est demeurée inhabitée, sauf le séjour temporaire de quelques
Américains qui, à diverses reprises, y ont passé plusieurs mois à la
chasse des phoques, notamment en 1800 et 1804. En janvier 1811, le capitaine
Heywood, commandant la frégate anglaise Nereus, trouva établis,
dans le petit débarcadère de l'est, quelques hommes provenant de l'équipage
du navire américain Baltic, venu à Tristan
da Cunha; ils avaient élevé des cabanes, apporté des ustensiles,
et une provision de sel; mais après un séjour déjà long, ils n'avaient
encore pris qu'un assez petit nombre de veaux marins, ces animaux ayant
déserté ces parages devant la poursuite acharnée de leurs infatigables
destructeurs, pour aller chercher des retraites plus éloignées et plus
sûres. En revanche, nos Américains avaient fait une pêche très abondante
de poissons délicieux, et trouvaient, d'ailleurs, une nourriture agréable
et facile dans les oiseaux qu'ils prenaient en allumant des feux sur la
montagne pendant la nuit. La frégate anglaise Semiramis étant
allée visiter l'île en septembre 1813, n'y trouva plus d'habitants :
les cabanes, les chaudières à huile, la provision de sel, gisaient dans
un complet abandon; un petit cimetière, et quelques inscriptions funéraires,
révélaient le sort de plusieurs des membres de la petite colonie américaine;
le reste avait sans doute profité de la première occasion favorable pour
quitter sans retour ce coin de terre, où leurs spéculations avaient été
si tristement déçues.
Le 17 novembre 1829, le capitaine américain Benjamin Morrell, faisant un voyage autour du monde sur le schooner l'Antarctique, de New-York, jetait l'ancre au mouillage de Gough, qu'il quitta le lendemain. À partir de 1830, des marins et chasseurs de phoques s'y arrêtent sporadiquement. Bien que l'île ne dispose d'aucun port naturel, des expéditions s'y rendent pour exploiter temporairement les ressources naturelles, notamment les otaries et les oiseaux marins. Les conditions hostiles et l'isolement extrême empêchent toute colonisation durable, mais l'île est mentionnée dans divers journaux de bord de baleiniers et d'explorateurs, qui y trouvent parfois refuge temporaire. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Gough est utilisée sporadiquement comme point de repère ou d'atterrissage d'urgence pour des navires en détresse. Quelques naufrages y sont rapportés, notamment celui du navire britannique Richmond Hill en 1882, dont l'équipage parvint à survivre pendant plusieurs semaines sur l'île en attendant les secours. Ces événements attirent l'attention des marines britanniques et sud-africaines, qui commencent à inclure Gough dans leur cartographie et leurs relevés. Au XXe siècle, particulièrement durant la Seconde Guerre mondiale, Gough prend une importance stratégique. En 1956, l'Afrique du Sud installe une station météorologique permanente sur l'île, dans le cadre d'un accord avec le Royaume-Uni. Cette base joue un rôle essentiel dans la collecte de données météorologiques pour l'hémisphère sud et le suivi climatique global. L'installation, occupée en rotation par des équipes sud-africaines, devient le seul site habité temporairement sur l'île, en plus de quelques scientifiques. À partir des années 1970, l'attention se tourne vers la préservation de l'écosystème unique de l'île, qui abrite de nombreuses espèces d'oiseaux marins endémiques, notamment l'Albatros Tristan, le Pétrel de Gough et le Prion de MacGillivray. L'île est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en 1995, en reconnaissance de son importance écologique exceptionnelle. Malgré cela, elle est menacée par des espèces invasives comme les souris introduites accidentellement, qui s'attaquent aux poussins d'oiseaux. Cela donne lieu à des efforts internationaux de grande ampleur au XXIe siècle, notamment des programmes d'éradication biologique pilotés par le Royal Society for the Protection of Birds (RSPB) et des partenaires sud-africains et britanniques. L'histoire récente de l'île est dominée par ces efforts de conservation, par des études climatologiques avancées, et par des défis logistiques constants liés à l'isolement extrême. L'île reste inhabitée de façon permanente, à l'exception des équipes de la station météorologique. Elle constitue aujourd'hui un laboratoire naturel important pour comprendre les écosystèmes insulaires et les effets du changement climatique dans l'Atlantique Sud. |
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