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Le
Kwanza
(Quanza, Cuanza, Coanza) est l'un des principaux fleuves
de l'Angola. Il prend sa source sur le plateau
central angolais avant de se jeter dans l'océan
Atlantique. Il joue un rôle essentiel dans l'économie
du pays, notamment grâce aux barrages hydroélectriques qui produisent
une grande partie de l'électricité nationale. Le fleuve est également
navigable sur certaines portions et constitue un axe important pour les
échanges locaux, tout en irriguant des zones agricoles.
Prenant sa source
à plus de 1900 mètres d'altitude sur le plateau du Bié, dans la municipalité
de Chitembo, le Kwanza entame un long périple de 960 à 965 kilomètres.
Son cours dessine une grande boucle vers le nord puis vers l'ouest avant
de finalement se jeter dans l'océan Atlantique, à la Barra do Kwanza,
à seulement 60 kilomètres au sud de la capitale, Luanda.
Avec un bassin hydrographique
d'environ 152 570 kilomètres carrés, le Kwanza est la plus vaste baigne
de l'Angola, drainant une part considérable du centre et du nord du pays.
Son débit moyen est d'environ 1944 mètres cubes par seconde, mais son
cours est jalonné de rapides qui ne le rendent navigable que sur sa portion
aval, sur environ 240 à 258 kilomètres à partir de son embouchure, jusqu'aux
abords de Dondo et de l'ancienne ville de Cambambe.
Le fleuve est avant
tout un géant énergétique. Ses eaux puissantes abritent le Corredor
do Médio Kwanza, un tronçon d'environ 80 kilomètres concentrant un potentiel
hydroélectrique estimé à plus de 7000 mégawatts, soit près de la moitié
du potentiel total du pays. Ce corridor est le site de trois grands barrages
qui sont les piliers de l'approvisionnement électrique angolais : Cambambe,
le premier construit entre 1959 et 1963, d'une capacité de 960 MW; Capanda,
inauguré en 2004 avec 520 MW; et Laúca, entré en service en 2017, qui
est le plus puissant avec ses 2 070 MW. Ces installations fournissent de
l'électricité à plus de la moitié du pays, alimentant Luanda et de
nombreuses provinces du nord, du centre et du sud. Ce potentiel est encore
en expansion avec la construction du barrage de Caculo Cabaça, dont la
première turbine est prévue pour 2026 et qui ajoutera 2172 MW supplémentaires,
renforçant la capacité d'exportation d'énergie vers les pays voisins
de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).
Sur le plan historique
et culturel, le Kwanza a été un témoin et un acteur central de l'histoire
angolaise. Son cours inférieur navigable a servi de route d'invasion
pour les Portugais dès le XVIe siècle,
permettant l'expansion coloniale vers l'intérieur
des terres, la conquête du royaume de Ndongo et l'établissement de la
présence luso-africaine dans la région. La vallée fertile du fleuve
a permis l'épanouissement de cet ancien royaume, et ses eaux sont devenues
une voie de pénétration majeure pour les explorations et le commerce
colonial. Des vestiges de cette époque subsistent, notamment dans la région
de Massangano, qui fut la capitale provisoire de l'Angola au XVIe
siècle. On y trouve des monuments historiques comme le fort de Massangano,
la tombe du capitaine portugais Paulo Dias de Novais,
et l'église de Nossa Senhora da Vitória, témoignant du passé colonial
et de la traite transatlantique. Aujourd'hui,
cet ensemble historique et naturel, connu sous le nom de Corredor do Kwanza,
est au coeur d'un projet commun entre l'Angola et le Portugal
pour être inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.
Ajoutons que le Kwanza
est le berceau d'une biodiversité remarquable. Ses eaux et ses rives abritent
une faune ichtyologique riche, avec au moins 50 espèces de poissons recensées,
et des tests génétiques suggèrent même la découverte de nouvelles
espèces. Il est également un atout pour l'écotourisme et la pêche sportive,
notamment pour le tarpon, et son estuaire est voisin du parc national de
Quissama. L'importance du fleuve dépasse le cadre géographique pour s'inscrire
dans les symboles mêmes de la nation angolaise : il donne son nom à deux
provinces du pays, Cuanza Norte et Cuanza Sul, et depuis 1977, la monnaie
nationale est appelée le kwanza en son honneur. |
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