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| Morgan (Henry),
célèbre flibustier Henry Morgan ravagea les côtes de Cuba
(1668), pilla Puerto Principe, enleva Porto Bello
Henry Morgan (1635-1688). Il dirigea aussi contre Panama la plus grande expédition que les flibustiers eussent jamais entreprise. Avec des troupes bien réduites, 3000 hommes au plus, il force le passage de la rivière de Chagre et vient battre, le 26 janvier 1671, sous les murs de Panama, une armée espagnole de 10 000 hommes pourvue d'une forte artillerie et d'une cavalerie bien montée. La ville fut pillée et incendiée. Morgan, de retour à la Jamaïque avec
un butin considérable, y fut accueilli avec enthousiasme. Il fit un voyage
en Angleterre en 1674, y fut reçu avec faveur par le roi et pourvu du
poste de lieutenant-gouverneur de la Jamaïque ou il exerca paisiblement
jusqu'à sa mort. (R. S.).
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| Morgan (Augustus
de), mathématicien né à Madura (Inde anglaise) le 27 juin 1806, mort
le 25 mars 1871. Professeur de mathématiques
à l'University College de Londres, membre de la Société
royale de Londres, secrétaire de la Royal Astronomical Society, il
a écrit un nombre considérable de mémoires originaux et de notes, qui
ont paru dans les Cambr. Soc. Transactions, dans le Philos. Magazine,
dans le Cambr. and Dublin Math. Journal,
dans les Transactions de la Société royale, dans The Mathematician,
dans la Penny Cyclopaedia, etc., et qui portent sur toutes les branches
des mathématiques, mais plus spécialement sur son histoire, sur le calcul
différentiel, sur la théorie des probabilités,
sur les projections gnomoniques.
Augustus de Morgan a publié à part : A Treatise on the calculus of functions (Londres, 1836, in-4); Differential and integral calculus (Londres, 1842, in-8; 2e éd., 1854); Trigonometry and double Algebra (Londres, 1849, in-8); Book off almanacks (Londres, 1849, in-8); Formal logic or the calculus of inférence (Londres, 1852, in-8), etc. Il a collaboré à partir de 1833 au Compassion to the Almanack. (L. S.). |
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| Lewis
Henry Morgan est un sociologue et ethnographe le 21 novembre
1818 dans une ferme près du village d'Aurora, dans l'État
de New York, et mort le 17 décembre 1881 à Rochester.
Il laisse une oeuvre immense, fondée sur une enquête empirique exceptionnelle
pour son temps et sur une ambition théorique qui a marqué durablement
les sciences sociales. Sa bibliothèque et ses archives sont léguées
à l'Université de Rochester, qui conserve encore aujourd'hui une grande
partie de sa correspondance et de ses manuscrits. Sa réputation a connu
des phases contrastées : encensé par les évolutionnistes
et les marxistes, critiqué par les culturalistes,
redécouvert par les anthropologues de la parenté dans les années 1960,
il est aujourd'hui étudié comme un acteur majeur de la formation de l'anthropologie
moderne, dont les intuitions sur la logique des systèmes de parenté gardent
une étonnante fécondité.
Issu d'une famille
d'origine galloise et anglaise installée depuis plusieurs générations
dans la région des Finger Lakes. Il est le neuvième des treize enfants
de Jedediah Morgan et d'Harriet Steele. Son père, un homme cultivé et
engagé dans la vie politique locale, meurt alors que Lewis n'a que huit
ans, laissant la famille dans une situation matérielle modeste mais non
misérable. L'enfant grandit dans un environnement rural marqué par la
proximité des territoires iroquois, notamment ceux de la confédération
des Six-Nations, dont la réserve de Tonawanda n'est pas loin ( Après des études secondaires à Aurora, il entre à l'Union College de Schenectady, une institution réputée pour son enseignement des sciences et du droit. Il en sort diplômé en 1840, puis étudie le droit de manière indépendante avant d'être admis au barreau de l'État de New York en 1842. Il s'installe à Rochester, ville en pleine expansion économique grâce au canal Érié, et y exerce comme avocat spécialisé dans les affaires commerciales et ferroviaires. Sa carrière juridique lui assure rapidement une certaine aisance, mais elle ne le passionne guère. Ce qui l'attire véritablement, ce sont les questions d'organisation sociale, les origines des institutions humaines et le sort des peuples autochtones américains. En 1842, peu après son installation à Rochester, il rejoint un cercle littéraire et scientifique nommé The Gordian Knot, que ses membres transforment bientôt en une société consacrée à l'étude des Indiens d'Amérique, le Grand Order of the Iroquois. Morgan s'y investit avec ferveur. Il rencontre alors Ely S. Parker, un jeune Sénéca instruit, qui deviendra son ami, son informateur principal et plus tard un officier de l'armée de l'Union pendant la guerre de Sécession. Cette amitié constitue une passerelle rare et précieuse entre le monde blanc et les Iroquois à une époque de dépossession et de pressions assimilationnistes. Morgan commence à recueillir systématiquement des données sur les systèmes de parenté, les clans, les règles de mariage et l'organisation politique des Iroquois. En 1846, il est officiellement adopté par le clan du Faucon de la nation Sénéca, sous le nom de Tayadaowuhkuh, qui signifie Celui qui jette des ponts ou Celui qui relie les deux rives. Cette adoption lui donne accès à des informations rituelles et généalogiques réservées. Il se rend plusieurs fois dans la réserve de Tonawanda, observe les conseils, les cérémonies et les structures de filiation matrilinéaire, qu'il décrit avec un soin ethnographique remarquable pour l'époque. En 1851 paraît son premier grand ouvrage, La Ligue des Iroquois, souvent considéré comme la première monographie ethnographique moderne publiée aux États-Unis. Morgan y décrit minutieusement l'organisation des Six-Nations ( Mohawks, Onéidas, Onondagas, Cayugas, Sénécas et Tuscaroras), leurs clans, leurs conseils, leurs fêtes et leur système de parenté. Il s'agit d'un travail de terrain sérieux, nourri par les entretiens avec Ely Parker et d'autres interlocuteurs autochtones, mais aussi par des documents historiques et des observations directes. Le livre reçoit un accueil favorable dans les cercles savants, bien que sa diffusion reste limitée. Il vaut à Morgan une reconnaissance scientifique immédiate aux États-Unis. Peu après, lors d'un voyage d'affaires dans le Michigan, il découvre avec surprise que les Ojibwés, population de langue algonquienne, utilisent un système de dénomination des parents très proche de celui des Iroquois, pourtant de langue iroquoienne et de culture matérielle différente. Cette observation fortuite déclenche chez lui une intuition fondamentale : les classifications de parenté sont des faits systématiques qui peuvent révéler les formes anciennes de l'organisation sociale humaine. Dès lors, il élargit son enquête à l'ensemble du continent américain, puis au monde entier. Il met au point un questionnaire détaillé sur les termes de parenté, qu'il envoie à des missionnaires, des consuls, des administrateurs coloniaux et des voyageurs dans toutes les parties du globe. La Smithsonian Institution soutient partiellement ce projet titanesque. Pendant près de quinze ans, Morgan dépouille, classe et compare les réponses portant sur des dizaines de sociétés d'Amérique du Nord et du Sud, d'Océanie, d'Asie et d'Afrique. Il travaille avec une énergie obsessionnelle, même le soir après ses obligations professionnelles, dans sa maison de Rochester. Le résultat de cette enquête comparative paraît en 1871 sous le titre Systems of Consanguinity and Affinity of the Human Family, un énorme volume de plus de six cents pages rempli de tableaux, de listes de termes et de classifications. Cet ouvrage constitue une étape majeure dans l'histoire de l'anthropologie. Morgan y distingue deux grands types de systèmes de parenté : les systèmes "descriptifs", où les collatéraux sont désignés par des termes composés qui explicitent la relation exacte, et les systèmes "classificatoires", où un même terme regroupe plusieurs catégories de parents, comme le père et ses frères, ou la mère et ses soeurs. Il voit dans les systèmes classificatoires la trace d'états sociaux anciens, où le mariage de groupe et la communauté des époux auraient précédé la famille monogame. Cette idée évolutionniste, qu'il radicalisera plus tard, est déjà présente en germe. Bien que l'ouvrage soit massif, technique et difficile d'accès, il assoit définitivement la réputation scientifique de Morgan aux États-Unis et en Europe. À la même époque, Morgan s'engage dans la vie publique. Il est élu à l'Assemblée de l'État de New York en 1861, puis au Sénat de l'État en 1868. Il défend des causes progressistes : l'éducation publique, les droits des Amérindiens face aux spoliations foncières, et surtout la réforme du droit de la famille, notamment l'égalité successorale entre hommes et femmes. Il plaide pour la protection des terres iroquoises et participe activement aux efforts juridiques des Sénécas pour empêcher la vente forcée de leurs réserves. Son engagement en faveur des peuples autochtones est sincère, même s'il demeure marqué par l'idée que ces sociétés, admirables dans leur organisation, sont condamnées à disparaître ou à s'assimiler face à la civilisation euro-américaine. Sa vie personnelle connaît un tournant tardif : en 1851, à trente-trois ans, il épouse Mary Elizabeth Steele, une cousine éloignée. Le couple s'installe à Rochester et a trois enfants, dont un seul survit à l'enfance. Morgan est décrit par ses contemporains comme un homme austère, méthodique, sérieux, peu porté à l'humour, entièrement absorbé par ses recherches et ses devoirs professionnels. Sa correspondance est immense, et il entretient des échanges avec de nombreux savants, dont John Lubbock, Adolf Bastian et plus tard Karl Marx et Friedrich Engels, qui liront ses travaux avec un intérêt passionné. En 1877 paraît son oeuvre la plus célèbre et la plus controversée : Ancient Society, or Researches in the Lines of Human Progress from Savagery through Barbarism to Civilization. Morgan y propose une vaste synthèse évolutionniste de l'histoire humaine, divisée en trois stades principaux : la sauvagerie, la barbarie et la civilisation, eux-mêmes subdivisés en périodes inférieure, moyenne et supérieure. Chaque stade est associé à des inventions techniques et à des formes institutionnelles précises. La sauvagerie commence avec la cueillette et la pêche, se poursuit avec l'arc et la flèche, puis la poterie marque le passage à la barbarie; la domestication des animaux et l'agriculture caractérisent la barbarie moyenne, la métallurgie du fer la barbarie supérieure; enfin, l'écriture alphabétique signale l'entrée dans la civilisation. Dans cette fresque, Morgan insiste sur le rôle de la propriété privée et de l'État dans la dissolution des anciennes solidarités communautaires fondées sur la parenté. Il décrit un mouvement général qui va de la promiscuité primitive à la famille monogame, du communisme primitif à la propriété individuelle, des conseils de clans à l'État centralisé. Il affirme que les institutions démocratiques des sociétés modernes trouvent leurs racines lointaines dans les conseils iroquois et les assemblées de clans. Cette idée d'une continuité entre les "sauvages" et les "civilisés" heurte les préjugés de l'époque, mais elle séduit aussi les esprits progressistes, car elle refuse l'idée d'une infériorité innée de certaines populations : les différences entre les peuples s'expliquent selon lui par le degré d'avancement sur une même échelle évolutive, non par des aptitudes biologiques. Le retentissement d'Ancient Society est considérable. L'ouvrage est traduit en plusieurs langues et devient une référence majeure pour les premiers anthropologues, mais aussi pour les théoriciens du socialisme. Friedrich Engels s'en inspire directement pour écrire L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État en 1884, reconnaissant explicitement sa dette envers Morgan. Karl Marx avait lui-même pris des notes détaillées sur l'ouvrage avant sa mort. Grâce à cette postérité marxiste, Morgan devient l'un des anthropologues les plus lus et les plus discutés du monde, bien au-delà des cercles académiques. Sur le plan scientifique, son évolutionnisme unilinéaire est rapidement critiqué, notamment par Franz Boas et ses élèves au début du XXe siècle, qui reprochent à Morgan ses généralisations hâtives, son ethnocentrisme et sa méconnaissance de la diversité historique des sociétés. Pourtant, ses travaux sur les systèmes de parenté conservent une valeur fondatrice : les anthropologues modernes reconnaissent en lui un pionnier de l'analyse structurale des terminologies et de l'étude comparative des institutions familiales. Morgan voyage peu hors des États-Unis. Il effectue un séjour en Europe en 1870-1871, visite l'Angleterre, la France, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie, et rencontre plusieurs savants. Mais sa santé se dégrade à la fin des années 1870. Il souffre de troubles nerveux, probablement aggravés par des décennies de surmenage. Il continue néanmoins à écrire et à correspondre. En 1881, il publie Houses and House-Life of the American Aborigines, une étude sur l'habitat et la vie domestique des populations autochtones, dans laquelle il développe l'idée que la maison collective reflète l'organisation clanique et communautaire des sociétés anciennes. Il y analyse les longues maisons iroquoises, les pueblos du Sud-Ouest et les habitations collectives d'Amérique centrale. Lewis Henry Morgan meurt en 1881, à l'âge de soixante-trois ans. |
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| Morgan (Jacques
Jean-Marie de), archéologue né au château de Riou, commune d'Huisseau-sur-Cosson
(Loir-et-Cher), le 3 juin 1857. Elève de l'Ecole des mines, dont il sortit
ingénieur en 1882, de Morgan fut (1892-97) directeur général du service
des antiquités de l'Égypte Jacques de Morgan s'est illustré
surtout par les belles fouilles qu'il a faites en Égypte. On lui doit
la découverte à Memphis des statues colossales
du dieu Ptah |
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