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Republica de Moçambique |
18 15 S, 35 00 E ![]() |
Le Mozambique
est un Etat du Sud-Est de l'Afrique -
Carte du Mozambique. Source : The World Factbook. Le pays est divisé administrativement en une ville (cidade de Maputo) et 10 provinces (provincias) : Les provinces du Mozambique
Géographie physique du MozambiqueLe relief du Mozambique se caractérise par une alternance de plaines côtières et de plateaux intérieurs. Les plaines littorales sont généralement basses, fertiles et sujettes aux inondations, particulièrement dans le sud où le fleuve Limpopo débouche sur l'océan. Cette zone s'élève progressivement vers l'ouest pour former des plateaux ondulés et des montagnes plus marquées à l'approche des frontières avec le Zimbabwe, la Zambie et le Malawi. Les monts Chimanimani, à la frontière occidentale avec le Zimbabwe, atteignent des altitudes supérieures à 2400 mètres, tandis que le mont Namuli (2419 m), dans le centre-nord du pays, constitue l'un des plus hauts sommets du Mozambique.Le réseau hydrographique est dense et crucial dans l'organisation spatiale du territoire. Le fleuve Zambèze, l'un des plus importants d'Afrique, traverse le pays d'ouest en est sur environ 820 km, jouant un rôle économique vital en matière d'hydroélectricité (barrage de Cahora Bassa), d'agriculture irriguée et de transport. Parmi les autres fleuves majeurs figurent le Limpopo, le Rovuma au nord (frontière naturelle avec la Tanzanie), le Save et le Pungwe. Le pays possède également de grands bassins fluviaux internes propices à la riziculture et à d'autres cultures de rente. Au nord-ouest, le lac Malawi (ou Nyassa) borde le Mozambique sur près de 500 km, et représente un écosystème lacustre d'une richesse écologique exceptionnelle. Il contribue à la pêche et à la biodiversité, avec des espèces endémiques de cichlidés. Les zones adjacentes sont montagneuses, verdoyantes et couvertes de forêts tropicales humides. Le climat varie du nord au sud, bien que la majorité du territoire se situe dans une zone tropicale. Le nord connaît un climat équatorial humide avec des précipitations abondantes, alors que le sud est plus sec, avec des périodes de sécheresse fréquentes. La saison des pluies s'étend de novembre à avril et coïncide souvent avec des cyclones tropicaux venant de l'océan Indien, provoquant des crues destructrices, comme celles des années 2000 et 2019. Biogéographie du MozambiqueLe pays couvre plusieurs zones biogéographiques qui vont du domaine tropical humide du nord aux savanes sèches du sud, en passant par les forêts côtières, les mangroves, les zones inondables et les plateaux boisés. Cette diversité de milieux se traduit par une biodiversité exceptionnelle, qui fait du Mozambique un carrefour écologique de l'Afrique australe et orientale.Le nord du pays, notamment les provinces de Cabo Delgado et de Nyassa, appartient à la région biogéographique du Miombo, une vaste écorégion de savanes boisées dominée par les genres Brachystegia, Julbernardia et Isoberlinia. Ces forêts claires s'étendent sur les plateaux intérieurs, avec une faune abondante composée de grands herbivores comme les éléphants, les buffles et diverses espèces d'antilopes. Elles servent également d'habitat à une grande diversité d'oiseaux, de reptiles et de primates. Dans la réserve nationale de Nyassa, qui est la plus grande du pays, on retrouve des populations importantes de carnivores tels que les lions, les léopards et les lycaons africains, ainsi qu'un continuum écologique avec les zones protégées de Tanzanie voisine. Les forêts côtières de la région nord et centrale sont parmi les plus menacées et les plus riches en endémisme. Elles sont caractérisées par une structure dense et humide, hébergeant de nombreuses espèces de plantes endémiques et rares, comme certains figuiers géants, des arbres à encens (Boswellia) et des orchidées. Ces forêts constituent aussi un habitat important pour les primates, notamment les galagos et les cercopithèques, et pour les oiseaux menacés tels que le guêpier à gorge blanche (Merops albicollis) ou le souimanga à gorge pourpre. Les mangroves du Mozambique, qui s'étendent sur plus de 300 000 hectares le long de la côte, jouent un rôle écologique crucial. Elles abritent une riche faune aquatique, servent de nurserie pour les poissons, les crevettes et les crabes, et protègent les rivages contre l'érosion et les tempêtes cycloniques. Ces écosystèmes sont dominés par des espèces telles que Rhizophora mucronata, Avicennia marina et Bruguiera gymnorrhiza. Elles sont particulièrement développées autour du delta du Zambèze, l'un des plus grands d'Afrique, et dans l'archipel des Quirimbas. Le sud du Mozambique présente une biogéographie plus sèche, dominée par des savanes herbeuses et arborées, où les acacias, mopanes (Colophospermum mopane) et épineux sont communs. Ces milieux sont adaptés à des régimes de pluies irréguliers et à des feux de brousse fréquents. La faune y est adaptée aux conditions semi-arides, avec des espèces telles que l'oryx, le koudou, le guépard et le rhinocéros noir, notamment dans les réserves transfrontalières comme le parc national du Limpopo, intégré au sein du Grand Parc transfrontalier du Limpopo-Kruger-Gonarezhou, qui favorise la connectivité écologique avec le Zimbabwe et l'Afrique du Sud. Les zones humides et inondables jouent un rôle fondamental dans la biogéographie mozambicaine. Le delta du Zambèze, les plaines inondables du fleuve Limpopo, et le lac Chilwa (dans la région frontalière avec le Malawi) représentent des habitats d'une grande importance pour les oiseaux d'eau et les espèces migratrices. Ces zones sont souvent classées comme sites Ramsar. On y trouve de nombreuses espèces de hérons, de cigognes, de canards et le très rare bec-en-ciseaux africain (Rynchops flavirostris). Les crocodiles du Nil et les hippopotames sont également fréquents dans ces milieux aquatiques. Le littoral et les récifs coralliens complètent cette mosaïque biogéographique. Les côtes mozambicaines, surtout dans les archipels de Bazaruto et des Quirimbas, présentent une biodiversité marine exceptionnelle, avec plus de 400 espèces de coraux, des tortues marines, des dugongs et des dauphins. Les herbiers marins et les récifs coralliens abritent aussi une forte diversité de poissons tropicaux, faisant de ces zones des priorités pour la conservation marine en Afrique de l'Est. Enfin, le centre du pays, traversé par de nombreux plateaux intermédiaires et collines, représente une zone de transition biogéographique. On y observe une alternance entre forêts sèches, prairies boisées et formations mixtes, avec une faune et une flore marquées par une influence combinée des régions miombo du nord et des savanes du sud. C'est aussi dans cette région que se trouve le parc national de Gorongosa, un haut lieu de la biodiversité africaine, en voie de restauration écologique après des décennies de conflit. Il présente une exceptionnelle diversité d'habitats : savanes, zones humides, forêts sèches, montagnes et rivières, et abrite plus de 400 espèces d'oiseaux, 100 espèces de mammifères, ainsi que des milliers de plantes vasculaires. Géographie humaine du MozambiquePopulation.Le Mozambique, avec une population estimée à plus de 33 millions d'habitants en 2025, connaît une dynamique démographique caractérisée par une croissance rapide, une population jeune et une urbanisation encore incomplète. Le pays affiche l'un des taux de croissance démographique les plus élevés d'Afrique australe, avec un taux de fécondité d'environ 4,8 enfants par femme, bien au-dessus de la moyenne mondiale. Environ 45 % de la population a moins de 15 ans, ce qui crée une pression importante sur les services d'éducation, de santé et d'emploi, mais constitue également un potentiel de dividende démographique si les investissements sociaux sont adéquats. La majorité vit dans les régions côtières et le sud du pays, notamment autour des grandes villes comme Maputo (la capitale), Matola, Beira et Nampula. L'intérieur du pays, plus rural, montagneux ou difficile d'accès, est moins densément peuplé. Près de 65 % des Mozambicains vivent en zone rurale, dans des conditions souvent précaires, avec un accès limité à l'eau potable, aux soins de santé et à l'éducation. L'exode rural alimente cependant une urbanisation croissante, parfois anarchique, avec l'émergence de quartiers informels, surtout à Maputo et Beira. La colonisation portugaise, bien que tardive dans sa forme étatique structurée (XIXe siècle), a laissé une société partagée entre une élite urbaine lusophone et une majorité rurale exclue des droits sociaux. Après l'indépendance en 1975, le Mozambique a été marqué par une longue guerre civile (1977-1992) entre le FRELIMO (au pouvoir) et la RENAMO (opposition armée), qui a profondément désorganisé la société, provoqué des déplacements massifs et renforcé les fractures régionales et sociales. Le processus de réconciliation reste fragile, avec des tensions politiques latentes, notamment dans les provinces centrales et septentrionales. Le système éducatif reste inégalitaire : bien que l'éducation primaire soit gratuite et largement accessible, les taux de scolarisation chutent drastiquement au secondaire, surtout pour les filles. L'analphabétisme touche encore environ 40 % des adultes, avec des disparités régionales marquées. La santé publique fait également face à de nombreux défis : la mortalité infantile reste élevée, l'accès aux soins est limité en milieu rural, et le pays connaît une prévalence significative du VIH/SIDA, affectant près de 11 % de la population adulte, surtout dans le sud. Les structures familiales sont encore largement traditionnelles. Le patriarcat est dominant dans la majorité des groupes ethniques, même si certaines régions du nord présentent des structures matrilinéaires. Le mariage précoce est répandu, avec des conséquences sur l'accès à l'éducation et la santé reproductive des adolescentes. En parallèle, les migrations économiques internes et transfrontalières (vers l'Afrique du Sud, notamment) transforment peu à peu les structures familiales, avec une montée des ménages dirigés par des femmes ou des personnes âgées. La vie urbaine est en pleine transformation. Les grandes villes deviennent des pôles d'attraction pour une jeunesse, ce qui s'accompagne de l'émergence de nouvelles formes de sociabilité, d'activisme culturel et politique, et d'économie informelle. Les inégalités sociales se creusent toutefois, avec des contrastes visibles entre quartiers résidentiels modernes et zones de grande pauvreté. La question du logement, de l'emploi et de l'accès aux services urbains est au cœur des préoccupations sociopolitiques contemporaines. Quelques-unes des principale villes du Mozambique
Groupes ethnolinguistiques. Le Mozambique est un pays profondément multiculturel et multilingue, dont la population, répartie en une vingtaine de groupes ethnolinguistiques principaux, est majoritairement d'origine bantoue. Cette mosaïque ethnique s'est constituée au fil des migrations bantoues, entre le Ier et le Ve siècle, puis enrichie par les échanges avec les marchands arabes, indiens et portugais, en particulier sur la côte. Ces groupes se distinguent par leur langue, leurs pratiques culturelles, leurs systèmes sociaux et parfois leurs structures politiques traditionnelles. Bien que tous partagent une matrice culturelle bantoue, leurs particularités régionales sont notables. Le plus grand groupe est celui des Makua, qui représente environ 25 à 30 % de la population mozambicaine. Installés principalement dans le nord du pays, notamment dans les provinces de Nampula, Cabo Delgado et Niassa, les Makua se signalent par leur système matrilinéaire, leurs pratiques agricoles de subsistance (maïs, manioc, arachide), et une forte tradition artisanale. Leur langue, le makua, appartient à la famille des langues bantoues, avec plusieurs variantes régionales. À proximité des Makua se trouvent les Lomwe, un groupe ethniquement et linguistiquement proche, qui vit principalement dans la région centre-nord (Zambézie). Leurs pratiques sociales et religieuses sont proches de celles des Makua, bien que leurs dialectes soient distincts. Leur présence est historiquement liée aux mouvements migratoires depuis le sud du Malawi. Les Sena, implantés dans la vallée du Zambèze (provinces de Sofala, Tete et Zambézie), représentent un groupe important du centre du pays. Leur langue, le sena, est une langue bantoue parlée dans une zone à forte densité fluviale, ce qui a favorisé le développement de sociétés agricoles et fluviales, avec une forte tradition de pêche et de commerce. Les Sena ont également été fortement intégrés dans les réseaux de traite esclavagiste au XIXe siècle et plus tard dans les plantations coloniales, ce qui a profondément influencé leurs structures sociales. Le groupe Ndau, établi dans la province de Manica et dans le sud de la Zambézie, est linguistiquement lié aux Shona du Zimbabwe. Leur langue, le ndau, est parfois considérée comme un dialecte du shona, ce qui témoigne des liens transfrontaliers forts entre les peuples des hautes terres centrales. Les Ndau sont réputés pour leur tradition orale, leur musique et leurs rituels de possession, qui combinent des éléments africains et chrétiens dans un syncrétisme marqué. Dans le sud du Mozambique, les Tsonga (ou Changana) forment l'un des groupes les plus influents. Leur langue, le changana, est largement parlée dans la région de Maputo et dans le sud de Gaza. Ils partagent une culture commune avec les Shangaan d'Afrique du Sud et les Tsonga du Zimbabwe. Les Tsonga sont connus pour leur riche patrimoine musical, leur tradition de danse rituelle (xhigubo) et leur organisation sociale patriarcale, fortement structurée autour de chefs traditionnels. Ce groupe a aussi été historiquement intégré dans les migrations de travail vers les mines sud-africaines. Les Ronga, très proches des Tsonga, vivent autour de la région de Maputo et parlent une langue similaire. Ils ont été parmi les premiers à entrer en contact avec les Portugais, ce qui a entraîné une forte influence culturelle européenne, notamment en matière de religion, d'éducation et de structure familiale. Le portugais est d'ailleurs plus largement maîtrisé dans cette région que dans le reste du pays. Les Chopi, vivant principalement dans la province d'Inhambane, sont connus pour leur tradition musicale sophistiquée, notamment l'usage du timbila, un xylophone en bois inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco. Leur langue est le chopi, et leur culture repose sur un mode de vie côtier, mêlant agriculture, pêche et artisanat. D'autres groupes notables comprennent les Yao, présents dans l'extrême nord, autour de la frontière avec le Malawi. Ils parlent le yao, une langue bantoue distincte influencée par l'arabe, en raison de leur longue interaction avec les marchands swahilis. Les Yao sont majoritairement musulmans, avec des traditions religieuses fortement ancrées, notamment autour des confréries soufies. Leur société est aussi matrilinéaire et repose sur des réseaux transfrontaliers importants. Les Maravi, les Chuabo, les Makonde et les Ajaua représentent d'autres groupes régionaux, chacun avec ses spécificités linguistiques et culturelles. Les Makonde, par exemple, sont célèbres pour leur art de la sculpture sur bois et leur riche culture initiatique. Leur langue et leur identité sont partagées avec leurs homologues tanzaniens, situés de l'autre côté de la rivière Rovuma. Enfin, il existe une petite population de langue swahili dans le nord-est, notamment sur les côtes de Cabo Delgado et dans l'archipel des Quirimbas. Ces communautés sont historiquement issues des échanges commerciaux de l'océan Indien, mêlant des influences africaines, arabes et indiennes. Elles ont longtemps dominé le commerce côtier et ont servi d'intermédiaires culturels entre l'intérieur et l'océan Indien. Culture.
La langue joue un rôle central dans l'expression culturelle. Le portugais, langue officielle, est largement utilisé dans les milieux urbains, l'administration, l'école et les médias, mais la majorité de la population parle une langue bantoue comme première langue. Ces langues véhiculent des traditions orales riches : contes, proverbes, épopées et chansons transmettent les valeurs sociales, les savoirs ancestraux et l'histoire collective. L'oralité reste un fondement de la culture, en particulier dans les zones rurales où les anciens conservent un rôle de transmission central. Chaque groupe ethnolinguistique possède ses propres formes musicales traditionnelles, souvent liées aux cycles agricoles, aux rites de passage, aux cérémonies religieuses ou aux fêtes communautaires. Les percussions, les chants polyphoniques, les danses acrobatiques ou mimétiques (comme celles des Makua ou des Makonde) sont autant de formes d'expression artistique enracinées dans le quotidien. La scène musicale moderne est dynamique. Elle mêle traditions locales et influences contemporaines. Le marrabenta, genre urbain né à Maputo dans les années 1950, en est un exemple. Il combine des rythmes traditionnels et des instruments occidentaux comme la guitare et la batterie. Aujourd'hui, il cohabite avec des styles comme le hip-hop, le reggae, l'afrobeat ou la musique gospel, très populaire. Les jeunes artistes mozambicains utilisent ces genres pour exprimer leurs préoccupations sociales, identitaires et politiques. Les arts plastiques sont également très développés, notamment chez les Makonde du nord du pays, réputés pour leur sculpture sur bois. Leurs oeuvres représentent souvent des figures humaines stylisées, des esprits ou des scènes de la vie quotidienne, et sont utilisées à la fois comme objets rituels et comme expressions esthétiques. À Maputo, l'art urbain connaît un essor avec de nombreux artistes visuels et plasticiens qui utilisent la peinture murale, la récupération de matériaux, le graphisme et la photographie pour aborder des thèmes liés à l'identité, à la mémoire et à la justice sociale. Le centre culturel franco-mozambicain, le Núcleo de Arte ou la Fondation Fernando Leite Couto sont des lieux importants de diffusion culturelle contemporaine. L'artisanat demeure une activité culturelle et économique importante, particulièrement dans les milieux ruraux. Il inclut la poterie, la vannerie, le tissage, la confection de bijoux en perles et en coquillages, et la fabrication d'objets en bois ou en métal. Les marchés locaux regorgent de produits artisanaux qui allient utilité quotidienne et esthétique symbolique. La cuisine mozambicaine reflète le métissage du pays. Elle combine des ingrédients locaux comme le manioc, le maïs, les patates douces, les haricots, les arachides et les fruits tropicaux, avec des épices et techniques héritées de la cuisine portugaise, arabe et indienne. Le piri-piri (sauce piquante à base de piment), le matapa (plat à base de feuilles de manioc, lait de coco et crevettes), le xima (pâte de maïs) et les grillades de fruits de mer sont parmi les plats emblématiques. Les régions côtières proposent une gastronomie maritime abondante, tandis que l'intérieur privilégie des plats plus simples à base de céréales et légumes. La religion constitue également une composante majeure de la culture mozambicaine. Environ 56 % de la population est chrétienne (catholiques, protestants et évangéliques), tandis que 18 % sont musulmans, surtout dans les provinces du nord, mais certaines poches ont récemment vu l'émergence de mouvements islamistes radicaux, liés à des insurrections armées dans la province de Cabo Delgado depuis 2017, ce qui modifie les équilibres sociaux et intercommunautaires. À cela s'ajoutent des religions traditionnelles africaines qui continuent d'imprégner les pratiques religieuses. Les cultes des ancêtres, les cérémonies de possession, les pratiques divinatoires et les rituels de guérison sont courants, parfois en synergie avec les religions monothéistes. Le syncrétisme est fréquent, avec des églises qui intègrent les danses rituelles, la musique traditionnelle ou les visions prophétiques dans leur liturgie. Les rites de passage comme les initiations (notamment chez les Yao ou les Makonde), les mariages, les funérailles et les fêtes agricoles rythment le calendrier social et affirment les liens communautaires. Les traditions vestimentaires, bien que de plus en plus influencées par la mode urbaine globale, conservent leur place lors des grandes cérémonies, avec le port de capulanas (pagne coloré), de colliers, de coiffes et d'atours symboliques. L'architecture traditionnelle varie selon les régions : les habitations rurales sont généralement construites en pisé, en bambou ou en briques d'argile, avec des toits de chaume ou de tôle. En milieu urbain, l'architecture coloniale subsiste dans les anciens quartiers portugais, tandis que les nouvelles constructions témoignent d'un urbanisme en mutation rapide. La littérature, bien que moins largement diffusée, possède des figures marquantes comme Mia Couto, Paulina Chiziane ou Ungulani Ba Ka Khosa, qui traitent des identités mozambicaines à travers des récits mêlant réalisme, mythes africains et mémoire historique. La littérature orale, toujours vivante, reste un vecteur puissant de transmission culturelle dans les zones rurales. Economie.
Depuis la fin de la guerre civile en 1992, le pays a connu une croissance soutenue, avec des taux annuels souvent supérieurs à 6 %, bien que cette croissance ait été fragile, inégalement répartie et vulnérable aux chocs climatiques, politiques et financiers. Malgré ses ressources naturelles abondantes, le Mozambique demeure l'un des pays les plus pauvres du monde, avec un indice de développement humain parmi les plus faibles d'Afrique. L'agriculture reste le principal secteur économique en termes d'emploi. Elle mobilise environ 70 % de la population active, mais ne représente qu'environ un quart du produit intérieur brut. Elle repose largement sur des exploitations familiales de subsistance, souvent sans accès à l'irrigation, aux intrants modernes ou au crédit. Les principales cultures vivrières sont le maïs, le manioc, le sorgho, le riz et les haricots. Des cultures commerciales comme le coton, la noix de cajou, le sucre de canne et le tabac sont également produites, notamment dans le nord et le centre du pays. Le secteur agricole reste très sensible aux aléas climatiques, notamment aux cyclones tropicaux, aux sécheresses et aux inondations, qui affectent régulièrement la production et la sécurité alimentaire. Le secteur extractif joue un rôle de plus en plus central dans l'économie mozambicaine, en particulier depuis la découverte de vastes gisements de gaz naturel au large du bassin de Rovuma, dans le nord du pays. Ces réserves, parmi les plus grandes du monde, ont attiré d'importants investissements étrangers, notamment de la part de multinationales comme TotalEnergies, ExxonMobil et ENI. Le développement de ces projets gaziers offshore représente une opportunité majeure pour les finances publiques et la balance commerciale, mais leur exploitation est confrontée à des défis sécuritaires dans la province de Cabo Delgado, où une insurrection armée islamiste a paralysé certains chantiers. Outre le gaz, le pays exploite également du charbon (Tete), du titane (Moma), de l'aluminium (Mozal près de Maputo), et de l'or. L'industrie manufacturière est encore embryonnaire, er représente moins de 10 % du PIB, mais elle progresse dans certains segments comme l'agroalimentaire, la transformation du coton et des noix de cajou, le ciment et la production de boissons. Le complexe industriel d'aluminium de Mozal, alimenté par l'électricité du barrage de Cahora Bassa sur le Zambèze, est l'un des plus importants investissements étrangers au Mozambique et une source majeure de recettes d'exportation. Néanmoins, la faible valeur ajoutée locale, la dépendance aux importations d'équipements et l'absence de tissu industriel intégré limitent les retombées sur l'économie nationale. Le secteur des services, qui représente environ 50 % du PIB, est dominé par le commerce, les télécommunications, les transports, les services financiers et le tourisme. Le tourisme est en développement, notamment autour de l'archipel de Bazaruto, de l'île d'Ibo, et des parcs nationaux comme Gorongosa ou le parc transfrontalier du Limpopo. Toutefois, les infrastructures touristiques restent limitées, et l'instabilité sécuritaire dans certaines zones freine le potentiel du pays dans ce domaine. Le système bancaire est relativement stable, avec des institutions bien capitalisées, mais reste peu accessible dans les zones rurales, ce qui limite l'inclusion financière. Les finances publiques du Mozambique ont été fragilisées par plusieurs crises. En 2016, un scandale de « dette cachée » impliquant plus de 2 milliards de dollars de prêts non déclarés à des entreprises publiques a provoqué une grave crise de confiance des bailleurs internationaux, la suspension de l'aide budgétaire directe et une dégradation de la note souveraine du pays. Bien que le gouvernement ait entamé des réformes de gouvernance et de transparence budgétaire, la dette publique reste élevée, et atteint près de 100 % du PIB à certains moments. Le pays est désormais engagé dans un programme d'assainissement budgétaire en lien avec le FMI. Sur le plan commercial, le Mozambique entretient des échanges importants avec l'Afrique du Sud, la Chine, l'Inde et l'Union européenne. Les exportations sont principalement composées de produits miniers (charbon, aluminium, gaz), de produits agricoles (coton, sucre, noix de cajou) et de fruits de mer. Les importations comprennent des biens de consommation, des machines, du carburant et des produits alimentaires. Le pays bénéficie d'un accès préférentiel à plusieurs marchés internationaux dans le cadre de l'accord UE-ACP et de l'AGOA avec les États-Unis. L'emploi formel est limité, avec une majorité de la population active engagée dans des activités informelles, souvent à faible productivité et sans protection sociale. Le chômage urbain, notamment chez les jeunes, constitue un défi structurel. Les inégalités sociales sont accentuées par les déséquilibres régionaux : le sud (notamment Maputo) concentre les infrastructures, les investissements et les emplois qualifiés, tandis que le nord et le centre restent marginalisés. Enfin, l'économie mozambicaine est vulnérable au changement climatique, particulièrement aux événements extrêmes comme les cyclones Idai (2019) et Freddy (2023), qui ont causé des destructions massives d'infrastructures, de cultures et de logements. Le renforcement de la résilience climatique, la diversification économique et la réforme du secteur agricole sont des priorités reconnues dans les plans de développement à long terme du pays. Cartes du Mozambique
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