 |
Jean-Baptiste
Voiron
(parfois orthographié Voiron ou Voiron-Delalande selon les
sources) est un médecin et
astronome
actif au tournant des XVIIIe et XIXe
siècles, principalement connu pour ses contributions à l'astronomie pratique
et à la vulgarisation scientifique durant la période révolutionnaire
et impériale. Bien que ses écrits n'aient pas eu l'impact durable de
ceux de contemporains comme Lalande ou Delambre,
il occupe une place notable dans le milieu savant provincial, notamment
à Lyon et dans la région Rhône-Alpes.
Né vers 1756 ou
1758 (les registres d'état civil précis font défaut), Voiron exerce
d'abord la médecine, qui est à l'époque une voie courante pour les esprits
curieux de l'époque, celle-ci offrant un accès direct à l'étude du
corps humain, à la philosophie naturelle, et par extension, aux sciences
exactes. Il s'installe à Lyon, ville alors en plein essor intellectuel,
où il fréquente les cercles des Amis des Arts et de la Société d'Agriculture,
d'Histoire Naturelle et des Arts utiles de Lyon, fondée en 1789. Il y
noue des liens avec des savants locaux tels que Jean-André Mongez ou Joseph-Charles
de Boissieu, tous engagés dans la diffusion des Lumières.
Son intérêt pour
l'astronomie s'affirme dans les années 1790. À une époque où l'observatoire
de Paris concentre la recherche de haut niveau, des praticiens comme
Voiron assurent la continuité de l'observation céleste à l'échelle
locale. Il construit ou fait construire un petit observatoire privé, équipé
d'instruments modestes mais suffisants pour des relevés de positions planétaires,
d'observations de satellites de Jupiter, ou du suivi des comètes. En 1805,
il publie à Lyon un Essai sur le calcul des éclipses, ouvrage
pédagogique destiné aux étudiants et aux amateurs éclairés, où il
détaille les méthodes de prédiction à l'aide des éphémérides et
des tables de Mayer et de Lalande. Ce texte, bien que technique, se distingue
par une clarté remarquable et l'usage de nombreux exemples numériques,
témoigne de sa double vocation : scientifique rigoureux et pédagogue
soucieux de rendre la science accessible.
Il collabore ponctuellement
avec la Correspondance astronomique, géographique, hydrographique
et statistique, revue fondée en 1800 par François-André Méchain (fils
de l'astronome Pierre Méchain), où il signe
quelques notes d'observation (notamment sur les occultations d'étoiles
par la Lune) et des comptes rendus de passages de comètes. Ses observations,
bien que peu nombreuses, furent jugées fiables par ses pairs et intégrées
dans les recueils d'observations collectives de l'époque.
Il a aussi publié
en 1810 une Histoire de l'Astronomie de 1781 à 1811, présenté
comme conçu une suite à l'ouvrage de Bailly
(« pour servir de suite à l'Histoire de l'astronomie de Bailly
»). Dans sa préface, Voiron dédie son ouvrage à Laplace. Le contenu
de son livre mêle des observations astronomiques (par exemple des comètes,
des planètes, des inégalités célestes) et des découvertes théoriques
ou issues de la théorie (mécanique céleste,
lois de l'équilibre, loi de la gravitation, etc.).
En tant que médecin,
Voiron s'intéresse également aux rapports entre astronomie et médecine
- une tradition ancienne, prolongée par les théories médicales de l'influence
des astres encore vivaces au début du XIXe
siècle, bien qu'en déclin face à l'essor de la clinique et de l'anatomie
pathologique. Il prononce plusieurs conférences publiques à Lyon sur
la « médecine céleste », sujet déjà controversé, qu'il aborde avec
prudence, soulignant davantage les rythmes biologiques (lunaires, saisonniers)
que les influences astrologiques proprement dites.
Il semble avoir mené
une existence modeste, dévouée à l'enseignement (il donna des cours
privés de mathématiques et d'astronomie) et à la pratique médicale,
sans jamais briguer de charge académique nationale. Disparu vers 1820
(aucune notice nécrologique officielle ne subsiste), son nom tombera progressivement
dans l'oubli, effacé par les grandes figures de l'astronomie institutionnelle
du XIXe siècle. |
|