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Cotyloïde

On nomme cotyloïde (du grec kotylÄ“ / cotyle =  cavité arrondie, et eidos = apparence), en anatomie toute structure présentant une forme concave évoquant une cupule ou un godet. L'usage principal et le plus connu de ce terme concerne la cavité cotyloïde, ancienne dénomination de l'acétabulum, cette dépression osseuse hémisphérique située sur la face latérale de l'os coxal à la jonction de l'ilion, de l'ischium et du pubis, dans laquelle vient s'articuler la tête du fémur pour former l'articulation coxo-fémorale ou hanche.
Le terme acétabulum, d'origine latine, qui tend à remplacer celui de  cavité cotyloïde dans les nomenclatures internationales, signifie "petite tasse à vinaigre", mais l'adjectif cotyloïde demeure d'usage courant en clinique et en enseignement pour qualifier les structures afférentes. 
Cette cavité, limitée par un rebord saillant appelé limbus ou sourcil cotyloïdien, est complétée par le labrum acétabulaire ou bourrelet cotyloïdien, structure fibro-cartilagineuse annulaire qui approfondit la cavité et améliore la congruence articulaire avec la tête fémorale.

L'adjectif cotyloïde qualifie également diverses structures anatomiques en rapport avec cette cavité : l'échancrure cotyloïdienne, interruption du rebord acétabulaire permettant le passage des vaisseaux et nerfs articulaires; les ligaments cotyloïdiens, notamment le ligament transverse de l'acétabulum qui comble partiellement cette échancrure; ou encore la fossette cotyloïdienne, dépression centrale non articulaire servant d'insertion au ligament rond de la tête fémorale. Le terme s'applique aussi au type d'articulation lui-même : une articulation cotyloïde, ou énarthrose, est une jointure synoviale à trois degrés de liberté où une surface sphérique convexe s'emboîte dans une cavité concave, permettant des mouvements de flexion-extension, d'abduction-adduction et de rotation, comme c'est le cas pour la hanche et l'épaule.

Sur le plan fonctionnel, la morphologie cotyloïde répond à des impératifs biomécaniques précis : la concavité de la cavité assure la stabilité de l'articulation en retenant la tête osseuse, tandis que la lubrification par le liquide synovial et la présence du cartilage articulaire permettent des glissements fluides malgré les contraintes mécaniques importantes supportées par la hanche lors de la marche ou de la course. En anatomie comparée, la présence d'un acétabulum ou cavité cotyloïde constitue un caractère partagé par l'ensemble des tétrapodes, bien que sa morphologie varie considérablement selon les modes de locomotion, allant d'une cavité profonde et orientée latéralement chez les bipèdes humains à une configuration plus ouverte ou même perforée chez certains dinosaures, où elle représente une apomorphie distinctive du clade.

Par extension métaphorique, le mot cotyle a également désigné historiquement des objets façonnés dans des cavités cotyloïdes de grands mammifères, utilisées comme récipients dès le Paléolithique, illustrant l'intersection entre anatomie, archéologie et histoire des techniques. 

Enfin, en pathologie, les expressions lésion cotyloïdienne, fracture cotyloïdienne ou dysplasie cotyloïdienne renvoient aux atteintes de cette région anatomique, dont la reconnaissance précise est essentielle pour le diagnostic et la prise en charge orthopédique des affections de la hanche.

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