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On
désigne sous le nom de droit commercial la branche du droit
privé qui concerne spécialement le commerce
au point de vue des relations que les opérations commerciales font naître
entre les particuliers. Cette branche du droit s'est détachée du droit
civil dans lequel elle se trouvait comprise : dans l'Antiquité
et pendant une partie du Moyen âge ,
il n'y avait pas un droit commercial ayant une existence distincte. Le
développement du commerce a fait peu à peu comprendre qu'il a besoin
de lois spéciales plus simples, moins formalistes, plus favorables au
crédit que les lois civiles auxquelles l'influence si heureuse à tant
d'égards du droit romain, a imprimé un
caractère formaliste et rigoureux peu compatibles avec la célérité
et le crédit nécessaires dans les opérations commerciales.
Le droit commercial
a suivi dans presque tous les pays une marche semblable au point de vue
tant de son mode de formation que de sa portée d'application. Il fut d'abord
composé d'usages établis entre les commerçants et dérogeant plus ou
moins aux règles du droit civil. Puis de coutumier
le droit commercial s'est transformé presque partout en droit écrit.
Généralement on a commencé par on faire des lois écrites séparées
sur quelques matières commerciales, puis peu à peu, à partir de la seconde
moitié du XVIIe siècle et surtout du
commencement du XIXe, des codes de commerce
traitant de l'ensemble des matières commerciales ont été rédigés dans
presque tous les Etats. Le Royaume-Uni ,
les Etats-Unis ,
les Etats scandinaves ont longtemps résisté à ce grand mouvement de
codification. Mais dans ces pays aussi, au fil du temps, le nombre des
lois écrites a augmentéprogessivement et restreint le domaine de l'usage.
La portée d'application
du droit commercial a subi aussi un changement profond. Les règles spéciales
dont il se compose furent faites originairement pour les seuls commerçants
de profession. On peut dire que le droit commercial avait alors un caractère
personnel. Cela était bien conforme aux principes qui dominaient l'organisation
sociale au Moyen âge
et au début des temps modernes. Les personnes étaient alors divisées
en classes parfois très nombreuses et elles étaient régies par des lois
divergentes selon leur situation dans la société et leur profession.
Le caractère exclusivement personnel du droit commercial a peu à peu
disparu. Sans doute un trouve dans toutes les législations
commerciales des règles faites exclusivement pour les commerçants. Mais
à côté de ces règles il en est d'autres qui régissent certaines opérations
appelées en France
actes de commerce, indépendamment de la profession habituelle de ceux
qui les font. Ces actes sont ainsi soumis au droit commercial, alors même
qu'ils sont faits à titre accidentel par une personne qui n'en fait pas
profession. Aussi peut-on dire qu'aujourd'hui le droit commercial est l'ensemble
des lois faites soit pour les commerçants, soit pour les actes de commerce.
Il y a, par suite, grand intérêt à distinguer les commerçants des non-commerçants,
les actes de commerce des opérations non commerciales.
Quelque étendus
que soient les codes de commerce de certains pays, nulle part les règles
qui y sont contenues ne sauraient suffire à régir les commerçants ou
les actes de commerce. Sur bien des points, parfois sur des matières entières,
un code de commerce est muet. On en comble les lacunes à l'aide soit des
usages commerciaux, soit, en l'absence d'usages, au moyen des règles du
droit civil. Par cela même que le droit civil s'applique lorsque le droit
commercial (droit écrit ou usages) est muet, on qualifie souvent le droit
civil de droit commun, et le droit commercial de droit spécial. Ce caractère
respectif de ces deux grandes branches du droit privé se manifeste particulièrement
dans la matière si importante des contrats.
Le mouvement de
codification du droit commercial a commencé en France, sous le règne
de Louis XIV. L'ordonnance de 1673 sur le commerce
et l'ordonnance de 1681 sur la marine, sont en réalité, deux grands codes.
La grand condification suivante du droit commercial a été ensuite celle
que contenait le code général prussien appelé Allgemeines Landrecht
de 1712, qui comprend, du reste, des dispositions sur toutes les branches
du droit. Puis la codification n'a repris qu'Ã
partir du début du XIXe siècle. Elle
a eu en France son point de départ dans le code de commerce de 1807.
A partir de 1807, la plupart des Etats ont été dotés de codes de commerce.
Dans beaucoup d'entre eux les imperfections ou les lacunes du code originaire
l'ont fait remplacer par un code nouveau. L'influence du code de commerce
français de 1807 sur les législations commerciales étrangères a été
très grande durant la première moitié du XIXe
siècle. Mais elle a graduellement diminué, et l'on peut dire que l'influence
prépondérante est passée ensuite au code de commerce allemand de 1861.
Ce changement se conçoit aisément quand on songe à l'ancienneté relative
du code français. Il n'était plus en beaucoup de points en rapport avec
les besoins du commerce et les transformations si considérables qu'il
avait subies. Il gardait même le silence sur des matières importantes
peu connues ou inconnues en 1807 (assurances non maritimes, spécialement
assurances contre l'incendie et sur la vie, compte courant, etc.).
Les lois commerciales
ont soit dans l'intérieur d'un même Etat régi primitivement par des
lois divergentes, soit dans les divers Etats une tendance marquée à se
rapprocher les unes des autres. On peut citer comme preuve de la tendance
à l'uniformité des lois commerciales intérieures, le code de commerce
allemand de 1861 qui a précédé l'unification politique de l'Allemagne
et le code fédéral suisse des obligations de 1881 qui est, pour une notable
partie, un véritable code de commerce. Mais il faudra attendre le XXe
siècle pour que soient faits des pas décisifs dans la voie de l'uniformité
internationale du droit commercial qui a accompagné le développement
considérable par par le commerce
international. En attendant, on ne pouvait guère que constater les
efforts faits soit pour doter tous les Etats d'une législation commerciale
uniforme appelée parfois Code de commerce international, soit tout au
moins pour arriver à l'uniformité sur certains objets, comme les effets
de commerce, les matières maritimes et le transport international des
marchandises par chemins de fer. (Ch. Lyon-Caen). |
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