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Connue
principalement pour la bataille que s'y livrèrent au IVe
siècle avant notre ère les armées d'Alexandre le Grand et de Darius
III, la plaine de Gaugamèle ou Gaugamelle se situe en Haute-Mésopotamie,
dans l'actuel nord de l'Irak ,
Ă l'est du Tigre
et non loin d'Erbil (l'ancienne ville d'Arbèles)
et de Mossoul. Elle s'étend dans une région
de plateaux faiblement ondulés, caractérisée par de vastes espaces ouverts,
peu boisés, propices aux déplacements de grandes armées. Le relief y
est globalement plat, avec de légères ondulations et quelques collines
basses.
Sur le plan hydrographique,
la plaine est traversée ou bordée par plusieurs cours d'eau secondaires,
affluents du Tigre, comme le Bumodos (peut-ĂŞtre identifiable au Khazir
moderne). Ces rivières, bien que modestes, jouent un rôle important dans
l'agriculture locale et dans la logistique militaire, en fournissant eau
et points de ravitaillement. Le climat est de type continental semi-aride,
avec des étés très chauds et secs et des hivers plus frais, parfois
rigoureux. À l'époque antique, cette région faisait partie d'une zone
agricole productive grâce à l'irrigation, permettant la culture de céréales
et l'élevage.
Le nom de Gaugamèle
proviendrait d'un petit village ou d'un domaine rural, dont la signification
est parfois interprétée comme "maison du chameau", ce qui suggère une
économie pastorale ou caravanière. Avant la célèbre bataille, la plaine
n'était pas un centre urbain majeur, mais elle se trouvait à proximité
de routes importantes reliant la Mésopotamie aux régions iraniennes et
anatoliennes, ce qui renforçait son importance stratégique.
La plaine de Gaugamèle
est indissociable de la bataille (dite aussi bataille d'Arbèles) qui s'y
déroula en 331 av. JC, opposant l'armée macédonienne d'Alexandre
le Grand à celle du roi achéménide Darius
III. Ce dernier choisit délibérément ce terrain ouvert, qu'il fit
en partie aplanir, afin de maximiser l'efficacité de ses forces supérieures
en nombre et de ses chars à faux. La géographie du lieu devait permettre
un déploiement étendu et l'encerclement de l'armée adverse.
Malgré ces avantages
apparents, la configuration du terrain joua aussi en faveur d'Alexandre.
L'espace ouvert permit à la phalange macédonienne et à la cavalerie
de manoeuvrer avec précision et discipline. Les légères irrégularités
du sol et la flexibilité tactique des Macédoniens contribuèrent à neutraliser
les chars perses et à créer des brèches décisives dans les lignes ennemies.
La défaite de Darius sur cette plaine entraîna l'effondrement du pouvoir
achéménide
et ouvrit Ă Alexandre la voie vers Babylone,
Suse et Persépolis.
Après l'Antiquité,
la plaine de Gaugamèle perdit son rôle central dans l'histoire politique,
mais demeura une région agricole et pastorale intégrée aux grands ensembles
successifs de la Mésopotamie. |
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