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Iona
du Icolmkill .
- Le premier nom de cette île des Hébrides
était l-Columb-Kill, c.-à.d. cellule de Colomba
: elle fut ainsi appelée d'un couvent, dont on voit encore les ruines,
qui y a été fondé en 565 par Saint Colomba. Celui-ci débarque sur la
côte sud avec douze compagnons. Chassé d'Irlande à la suite d'une
querelle autour de la copie d'un psautier, il choisit cette île comme
point d'ancrage pour une mission d'évangélisation des peuples pictes
et scots. Colomba fonde alors un monastère qui devient rapidement un centre
spirituel, intellectuel et artistique majeur de la chrétienté celtique.
C'est dans le scriptorium d'Iona que l'on pense avoir été réalisé
le Livre de Kells, chef-d'oeuvre de l'enluminure insulaire, avant son
transfert en Irlande pour le protéger des raids vikings. Car ces derniers
frappent durement Iona à partir de la fin du VIIIe
siècle : le premier raid dévastateur a lieu en 795, suivi d'autres
attaques, dont le massacre de 68 moines sur la plage qui sera appelée
Traigh Bhan, la grève blanche. En 806, la communauté décide de fonder
un refuge à Kells, en Irlande, et une partie des moines et des reliques,
dont celles de Colomba, quittent définitivement l'île en 849. Iona
reste cependant habitée, mais perd peu à peu son statut central. Les
rois et chefs de clan continuent toutefois à s'y faire enterrer : on
dénombre des rois scots, irlandais, et même norvégiens parmi ceux qui
auraient été inhumés dans le cimetière de Reilig Odhráin, donnant
naissance à la légende selon laquelle quarante-huit rois écossais reposent
sur l'île, dont le fameux Macbeth, et plus tard, Duncan.
Iona était déjà considérée comme une
terre sacrée par les druides .
C'est sur les « pierres noires » d'Ion que les seigneurs des îles, au
Moyen âge ,
prêtaient serment à leur avènement.
Au tournant du XIIIe
siècle, dans un contexte de réforme de l'Église celtique sous influence
romaine, Reginald, seigneur des Îles, fonde une abbaye bénédictine sur
le site même du monastère de Colomba, tandis qu'un prieuré de chanoinesses
augustiniennes s'installe un peu plus au sud. L'abbaye médiévale,
construite en grès rouge et en gneiss gris, connaît une vie paisible
jusqu'à la Réforme écossaise de 1560, qui entraîne la dissolution
des communautés monastiques et l'abandon progressif des bâtiments.
Les pierres tombales sculptées, les hautes croix celtiques, dont la célèbre
croix de Saint-Martin, restent exposées aux intempéries, certaines basculant
et se brisant au fil des siècles. L'île devient une terre pastorale
sous l'autorité des ducs d'Argyll, qui la conservent jusqu'à nos
jours. Un renouveau spirituel et architectural commence à la fin du XIXe
siècle, sous l'impulsion du 8e duc d'Argyll, qui offre la propriété
des ruines à un trust, la Iona Cathedral Trust, en 1899. Les bâtiments
de l'abbaye sont progressivement relevés par une communauté religieuse
œcuménique, la Communauté d'Iona, fondée en 1938 par George MacLeod,
pasteur de Glasgow. Celui-ci réunit jeunes ministres du culte et artisans
au chômage pour reconstruire les lieux, mêlant travail manuel, prière
et engagement social. Cette renaissance insuffle une vie nouvelle à l'île,
renforcée par la construction de bâtiments contemporains et par une intense
activité d'accueil spirituel et culturel qui se poursuit aujourd'hui,
tandis que l'île reste habitée par une petite population permanente
d'agriculteurs, artisans, et membres de la communauté. |
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