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Aubagne

Aubagne (Albania) est une commune de la France, dans le département des Bouches-du-Rhône. Elle s'inscrit dans l'aire d'influence directe de Marseille, à environ 17 kilomètres à l'est de celle-ci, et appartient à la métropole Aix-Marseille-Provence. Son territoire communal couvre un peu plus de 54 km² et présente une grande diversité morphologique, marquée par l'articulation entre un bassin alluvial urbanisé et des massifs calcaires périphériques.

Le cadre physique d'Aubagne est structuré par un bassin intramontagneux ouvert vers l'ouest en direction de Marseille et encadré par plusieurs ensembles calcaires caractéristiques de la Provence orientale. Au sud s'élève le massif du Garlaban, dont les crêtes culminent à plus de 700 mètres et constituent un élément paysager emblématique. À l'est et au nord-est, le massif de la Sainte-Baume prolonge cette barrière orographique, tandis qu'au nord se trouvent les contreforts du massif de l'Étoile. Ces reliefs calcaires, formés principalement au Mésozoïque, présentent des formes karstiques typiques : lapiaz, avens, grottes et vallons secs. Les pentes sont couvertes d'une végétation méditerranéenne dominée par la garrigue (chêne kermès, romarin, thym) et des pinèdes de pin d'Alep.

Le centre urbain s'est développé dans la plaine d'Aubagne, une dépression alluviale drainée par l'Huveaune. Ce fleuve côtier prend sa source dans le massif de la Sainte-Baume et traverse la commune d'est en ouest avant de poursuivre vers Marseille et la mer Méditerranée. Son régime est typiquement méditerranéen, caractérisé par de faibles débits estivaux et des crues parfois brutales à l'automne lors des épisodes cévenols. Les sols de la plaine, constitués d'alluvions récentes, ont historiquement favorisé les cultures maraîchères et l'arboriculture, même si l'urbanisation a fortement réduit les surfaces agricoles.

Le climat est de type méditerranéen franc : étés chauds et secs, hivers doux, ensoleillement élevé dépassant fréquemment 2800 heures par an. Les précipitations sont concentrées au printemps et surtout à l'automne, avec des épisodes pluvieux intenses. Le mistral, vent froid et sec venant du nord-ouest, influence régulièrement les conditions atmosphériques en accentuant la sécheresse et en réduisant l'humidité relative. Ces paramètres climatiques, combinés à la nature calcaire des sols et à la couverture végétale, exposent les massifs environnants à un risque important d'incendies de forêt en période estivale.

La commune compte environ 47 000 habitants (2026) et présente une densité relativement élevée dans la plaine centrale, où se concentrent les quartiers résidentiels, les zones d'activités et les équipements publics. L'organisation spatiale distingue un centre ancien à trame dense, marqué par un tissu urbain hérité de l'époque médiévale, et des extensions périphériques plus récentes composées de lotissements pavillonnaires et de grands ensembles construits dans la seconde moitié du XXe siècle.

L'économie locale s'est historiquement appuyée sur l'agriculture, l'artisanat et la petite industrie, notamment la céramique et la production de santons. Aujourd'hui, elle est dominée par les activités tertiaires et les zones d'activités implantées le long des grands axes de communication, en particulier l'autoroute A50 reliant Marseille à Toulon. Aubagne bénéficie également d'une accessibilité ferroviaire grâce à la ligne reliant Marseille à Toulon et à la présence d'un pôle d'échanges multimodal. L'intégration à l'aire métropolitaine marseillaise favorise les mobilités pendulaires : une part significative de la population active travaille à Marseille ou dans les communes voisines.

L'organisation territoriale d'Aubagne traduit les dynamiques contemporaines des villes moyennes périurbaines du sud de la France : pression foncière, étalement urbain vers les piémonts, recomposition des espaces agricoles, et enjeux environnementaux liés à la gestion des risques naturels (inondations, incendies) et à la préservation des continuités écologiques.

L'histoire d'Aubagne.
Des traces d'occupation humaine sont attestées dès la Préhistoire sur les hauteurs environnantes, notamment dans les massifs calcaires qui dominent la plaine de l'Huveaune. À l'époque antique, le territoire d'Aubagne s'inscrit dans la sphère d'influence de Massalia, fondée par les Grecs au VIe siècle av. JC. La plaine fertile, irriguée par l'Huveaune, favorise alors des activités agricoles, tandis que des voies de circulation relient l'intérieur des terres au port massaliote. Sous la domination romaine, intégrée à la province de Narbonnaise, la région connaît une structuration foncière et agricole plus systématique, marquée par la présence de domaines ruraux (villae) et par l'organisation du réseau routier.

Au Moyen Âge, la formation du bourg d'Aubagne s'opère progressivement autour d'un noyau fortifié. À partir du XIe siècle, le territoire relève de la seigneurie des vicomtes de Marseille, puis passe sous diverses autorités féodales. La position d'Aubagne, sur un axe de passage entre Marseille et Toulon, lui confère une importance économique et stratégique. Le bourg se dote de remparts, dont certaines portions subsistent encore dans le tissu urbain. L'économie repose alors sur l'agriculture, l'élevage et l'artisanat, notamment la poterie, favorisée par la qualité des argiles locales. En 1402, la seigneurie d'Aubagne est intégrée au domaine des comtes de Provence, puis, à la fin du XVe siècle, à la couronne de France avec le rattachement de la Provence au royaume.

L'époque moderne est caractérisée par des périodes d'instabilité, notamment lors des guerres de Religion au XVIe siècle, qui affectent l'ensemble de la Provence. Aubagne, majoritairement catholique, subit les contrecoups des affrontements entre factions. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la ville connaît un développement modéré fondé sur l'agriculture (vigne, olivier, céréales) et sur l'artisanat. La production de céramique et de poteries utilitaires prend de l'ampleur, s'appuyant sur un savoir-faire qui deviendra un marqueur identitaire durable. La Révolution française entraîne une réorganisation administrative et la suppression des structures seigneuriales, intégrant pleinement Aubagne dans le département nouvellement créé des Bouches-du-Rhône.

Le XIXe siècle constitue un tournant décisif. L'amélioration des voies de communication, notamment avec l'arrivée du chemin de fer reliant Marseille à Toulon, favorise l'essor économique. L'industrialisation reste mesurée mais réelle : tuileries, briqueteries et ateliers de céramique se développent. L'exploitation des ressources argileuses renforce la spécialisation artisanale de la commune. Parallèlement, la croissance démographique transforme la morphologie urbaine, avec l'extension du bâti au-delà du centre ancien. Aubagne conserve toutefois un caractère semi-rural, marqué par la persistance des activités agricoles dans la plaine.

La ville est également associée à la figure de Marcel Pagnol, né en 1895. Son oeuvre littéraire et cinématographique, profondément ancrée dans les paysages du Garlaban et dans la mémoire provençale, confère à Aubagne une dimension culturelle singulière au XXe siècle. Les collines environnantes deviennent un espace symbolique, contribuant à façonner l'image de la Provence dans l'imaginaire collectif national.

Le XXe siècle est marqué par les deux conflits mondiaux. Durant la Première Guerre mondiale, de nombreux habitants sont mobilisés, et la ville subit les conséquences humaines et économiques du conflit. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Aubagne connaît l'occupation allemande à partir de 1942, après l'invasion de la zone sud. Des actes de résistance s'organisent localement, tandis que la population subit réquisitions et restrictions. La Libération en 1944 s'inscrit dans le cadre plus large du débarquement de Provence et de la reconquête du territoire par les forces alliées.

L'après-guerre correspond à une phase de transformation rapide. L'urbanisation s'accélère sous l'effet de la croissance démographique et de la proximité de Marseille. De nouveaux quartiers résidentiels et des ensembles d'habitat collectif voient le jour, modifiant en profondeur le paysage urbain. L'économie se tertiarise progressivement, même si la tradition artisanale de la céramique et des santons demeure vivace. La présence du quartier général de la Légion étrangère à Aubagne, installé en 1831, sous Louis-Philippe, contribue également à la notoriété de la commune et à son dynamisme démographique et économique.

Depuis la fin du XXe siècle, Aubagne s'inscrit dans les dynamiques métropolitaines de l'aire marseillaise. L'intégration au sein de la métropole Aix-Marseille-Provence renforce les interdépendances économiques et les mobilités quotidiennes. La ville cherche à valoriser son patrimoine historique et culturel, notamment à travers la mise en avant de l'héritage pagnolesque et de la tradition céramique, tout en répondant aux défis contemporains : pression urbaine, préservation des espaces naturels environnants et adaptation aux mutations économiques.

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Dictionnaire Villes et monuments
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