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Boussac

Boussac est une commune située dans le nord-est du département de la Creuse, en région Nouvelle-Aquitaine, à la limite du département de l'Indre. Elle se trouve à environ 50 kilomètres au nord de Guéret, la préfecture creusoise, et à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Montluçon. Le village s'élève sur un promontoire rocheux dominant la vallée du Cher, un des grands fleuves du Massif Central, qui traverse la commune d'est en ouest. Ce site naturellement défensif a joué un rôle déterminant dans l'histoire de la ville. 

Le relief est marqué par des collines douces recouvertes de forêts, de prairies et de terres agricoles, caractéristiques du bocage limousin. Les altitudes varient entre 280 et 420 mètres, et le sol est principalement composé de granits, de gneiss et de schistes, héritage géologique ancien du Massif Central. Le climat est de type océanique dégradé, avec des hivers froids et humides, des étés doux, et des précipitations fréquentes tout au long de l'année, favorables à l'élevage bovin et à la sylviculture. Les forêts alentour, souvent de chênes et de hêtres, participent au paysage bocager typique de cette partie de la Creuse.

L'histoire de Boussac remonte à l'Antiquité, bien que les traces d'occupation gauloise ou gallo-romaine soient peu nombreuses. Le nom même de la localité pourrait dériver du gaulois boscus ou du latin boscus, signifiant « bois », reflétant son environnement forestier. Ce toponyme apparaît sous diverses formes médiévales comme Bosco, Boscum ou Boussaco à partir du XIe siècle. Ce n'est qu'au Moyen Âge que Boussac gagne en importance, grâce à sa position stratégique sur une hauteur dominant le Cher, à la croisée de voies reliant le Berry au Limousin et le Berry à l'Auvergne. Au XIe siècle, un château fort est construit sur le piton rocheux par les seigneurs de Déols, puissante famille féodale du Berry. Rapidement, un bourg castral se développe à ses pieds, protégé par des remparts. L'église Sainte-Claire, édifiée à l'origine au XIIe siècle, témoigne de ce premier essor médiéval.

Au XIIIe siècle, Boussac devient le fief d'une branche cadette de la maison de Brosse, famille noble influente en Berry. C'est sous leur impulsion que le château est reconstruit et agrandi, notamment au XVe siècle, avec l'ajout de tours circulaires, de logis résidentiels plus confortables et de défenses adaptées à l'artillerie naissante. Le château de Boussac, aujourd'hui partiellement en ruine mais imposant, est construit en granite local et domine la vallée comme un repère visuel majeur. La ville prospère alors modestement, vivant de l'agriculture, de l'artisanat rural et du commerce local. Elle devient un centre administratif et judiciaire pour la région, avec une juridiction seigneuriale.

La Renaissance marque un tournant culturel. C'est à cette époque, au début du XVIe siècle, que naît à Boussac Madeleine de La Rochefoucauld, religieuse augustine qui jouera un rôle important dans la réforme de l'ordre et deviendra une figure reconnue, canonisée au XXe siècle. Son influence et sa mémoire restent fortement ancrées dans la ville. Par ailleurs, le château est encore aménagé pour répondre aux goûts de la Renaissance, avec des fenêtres à meneaux, des cheminées décorées et des salles d'apparat. En 1532, François Ier, en tournée royale, séjourne au château, signe de l'importance que conserve encore Boussac dans le paysage politique provincial.

Les guerres de Religion frappent durement la région au XVIe siècle. Boussac, majoritairement catholique, est confrontée aux tensions avec les protestants des régions voisines, notamment du sud du Berry. Le château est renforcé, et la ville subit plusieurs sièges et escarmouches. Malgré ces troubles, elle parvient à conserver son intégrité. Au XVIIe siècle, sous l'Ancien Régime, Boussac devient chef-lieu d'une élection fiscale et d'un bailliage royal, ce qui confirme son rôle administratif. Cependant, la population reste modeste, oscillant autour de 1000 habitants jusqu'au XVIIIe siècle.

La Révolution bouleverse l'ordre établi : les biens de l'Église et de la nobleses sont confisqués, le bailliage supprimé, et Boussac devient une commune au sens moderne. Le château, devenu bien national, est partiellement détruit et vendu à des particuliers. L'essor industriel du XIXe siècle touche peu Boussac, isolée des grands axes de communication. Le village reste principalement agricole, avec une population qui atteint près de 2000 habitants au milieu du siècle, grâce à l'élevage, à la culture du seigle et à la production de chanvre. L'arrivée du chemin de fer, au début du XXe siècle, à quelques kilomètres à peine (gare de Lussat ou de Lavaufranche), ne suffit pas à inverser le lent déclin démographique qui caractérise l'ensemble de la Creuse.

Au XXe siècle, Boussac connaît un exode rural massif, comme beaucoup de communes du Massif Central. La population chute progressivement, passant sous les 1000 habitants dès les années 1930, et sous les 500 à la fin du siècle. L'agriculture se modernise, les petites exploitations disparaissent au profit de structures plus grandes. Cependant, la ville conserve un patrimoine riche : outre le château, classé monument historique, on y trouve l'église Sainte-Claire, remaniée à plusieurs reprises mais gardant des éléments romans et gothiques, ainsi qu'un ancien couvent augustine lié à sainte Madeleine. Le centre-bourg, avec ses ruelles étroites, ses maisons à pans de bois et ses portes anciennes, témoigne d'un passé médiéval bien ancré.

Aujourd'hui, Boussac compte un peu plus de 1200 habitants. Elle s'inscrit dans une dynamique de valorisation de son patrimoine, attirant des touristes intéressés par l'histoire médiévale et la nature environnante. Le château, restauré partiellement, est ouvert à la visite. 

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Dictionnaire Villes et monuments
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