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| Karachi
est une ville du Pakistan Sur le plan administratif, Karachi est la capitale de la province du Sindh et constitue la plus grande ville du Pakistan, ainsi que la 12e plus grande du monde, avec une population métropolitaine qui dépasse les 20 millions d'habitants selon le recensement de 2023. Cette agglomération tentaculaire couvre une superficie métropolitaine de 3 527 kilomètres carrés, un territoire vaste où la densité de population atteint des sommets vertigineux, avec plus de 55 000 habitants par kilomètre carré dans certains districts centraux. L'histoire urbaine de Karachi est relativement récente : elle fut officiellement fondée en 1729 sous le nom de Kolachi-jo-Goth, un village fortifié qui aurait été nommé en l'honneur de Mai Kolachi, une héroïne locale dont le fils aurait terrassé un crocodile mangeur d'hommes. À cette époque, le village ne comptait qu'une quarantaine d'hectares et quelques cabanes de pêcheurs, avant de passer sous le contrôle des Talpurs à la fin du XVIIIe siècle, qui y bâtirent le fort de Manora pour protéger le port des pirates. L'identité démographique de Karachi a été profondément bouleversée par la partition des Indes en 1947. À ce moment-là , la ville comptait environ 400 000 habitants et une majorité hindoue, mais l'afflux massif de réfugiés musulmans (les Muhajirs) venus d'Inde et l'exode quasi total de sa population hindoue ont transformé sa composition ethnique en quelques mois. Ce fut le début d'une croissance explosive, faisant de Karachi un immense pôle d'attraction pour les migrants venus de tout le pays et de la région, qu'il s'agisse de Bengalis, d'Afghans ou de Rohingyas. Cette vague migratoire constante, qui devrait propulser la ville parmi les dix plus grandes métropoles mondiales d'ici 2030, a fait de Karachi l'une des villes les plus cosmopolites et linguistiquement diverses du pays, mais elle a aussi engendré des défis majeurs. Aujourd'hui, Karachi est le centre névralgique de l'économie pakistanaise. Elle concentre à elle seule environ 25 % du PIB national et 35 % des recettes fiscales du pays. Ses ports, notamment le Port de Karachi et Port Qasim, traitent près de 95 % du commerce extérieur pakistanais, tandis que la ville abrite l'intégralité des banques et la quasi-totalité des multinationales opérant dans le pays. Cependant, cette croissance économique fulgurante s'est accompagnée de profondes fragilités. Les recherches académiques montrent que la ville souffre de défis considérables en matière de durabilité urbaine, confrontée à une pénurie d'eau potable, des infrastructures de transport surchargées, une gestion insuffisante des déchets et une dégradation environnementale marquée. Cette situation est le fruit d'une urbanisation souvent informelle et d'une gouvernance complexe, qui peine à suivre le rythme de l'expansion démographique. Après avoir traversé des décennies de violences ethniques et politiques intenses dans les années 1980 et 1990, la ville a connu une amélioration significative de sa sécurité à partir de 2013, sortant du classement des villes les plus dangereuses du monde pour devenir plus sûre, bien que les inégalités sociales et spatiales persistent. L'histoire
de Karachi.
Au fil des siècles, plusieurs civilisations se sont succédé dans la région, notamment les Mauryas, les Indo-Grecs, les Arabes et les Moghols, mais l'endroit est resté principalement un petit village de pêcheurs. Selon la légende locale, la ville doit son nom à une femme pêcheuse nommée Mai Kolachi, dont le fils aurait tué un monstre marin menaçant la communauté, établissant ainsi le village de Kolachi-jo-Goth. Au XVIIIe siècle, sous le règne des Talpurs, dynastie locale du Sind, un fort fut construit et la ville commença à gagner en importance stratégique grâce à son port naturel, bien qu'elle restât modeste comparée aux grandes cités de la région comme Thatta. Le tournant majeur dans l'histoire de Karachi survint au XIXe siècle avec l'arrivée des Britanniques. En 1839, la Compagnie britannique des Indes orientales captura la ville lors de la première guerre anglo-afghane, reconnaissant immédiatement le potentiel de son port pour le commerce et la logistique militaire. Sous l'administration coloniale, Karachi fut intégrée à la Présidence de Bombay et connut un développement infrastructurel rapide. Les Britanniques construisirent des quais modernes, des entrepôts et relièrent la ville au réseau ferroviaire indien, transformant le petit port de pêche en un hub commercial vital pour l'exportation du coton, du blé et d'autres ressources du sous-continent. La ville s'étendit au-delà de ses murs d'origine, avec la création de nouveaux quartiers administratifs et résidentiels qui reflétaient l'urbanisme colonial, attirant des marchands et des travailleurs de diverses régions, ce qui commença à façonner le caractère cosmopolite de la cité. L'année 1947 marqua un autre changement radical avec la partition des Indes et la création du Pakistan. Karachi fut choisie comme première capitale du nouvel État, devenant le centre névralgique du gouvernement et de l'administration. Cet événement déclencha l'un des plus grands mouvements de population de l'histoire humaine, voyant l'arrivée massive de réfugiés musulmans, connus sous le nom de Muhajirs, en provenance d'Inde. Cette afflux démographique transforma profondément la composition ethnique, linguistique et culturelle de la ville, qui passa d'une ville majoritairement sindhi à une mosaïque complexe incluant des ourdouphones, des Pendjabis, des Pachtounes et d'autres groupes. La population explosa, passant de quelques centaines de milliers à plus d'un million en l'espace de quelques années, créant une pression immense sur le logement et les services publics, tout en injectant une nouvelle dynamique entrepreneuriale et intellectuelle dans la ville. Dans les années 1960, le statut politique de Karachi évolua lorsque la capitale du Pakistan fut transférée à Rawalpindi, puis à la nouvelle ville construite d'Islamabad. Bien que déchue de son titre de capitale politique, Karachi conserva et renforça son rôle de capitale économique et financière du pays. L'industrialisation s'accéléra, avec l'établissement de zones industrielles majeures et le développement du port de Karachi ainsi que du port voisin de Bin Qasim, devenant la porte d'entrée principale pour le commerce pakistanais. Cependant, cette croissance s'accompagna de défis sociaux et politiques croissants. À partir des années 1980 et 1990, la ville fut le théâtre de tensions ethniques et politiques violentes, opposant souvent le mouvement Muttahida Qaumi Movement (MQM), représentant principalement les Muhajirs, à d'autres groupes politiques et aux forces de l'État. Ces conflits ont entraîné des périodes de troubles graves, des opérations militaires et une insécurité qui ont freiné le développement urbain et entaché la réputation de la ville. Au tournant du XXIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, Karachi demeure le moteur économique du Pakistan, contribuant de manière significative au produit intérieur brut national et abritant le siège de la plupart des grandes entreprises et institutions financières du pays. La ville continue de s'étendre de manière spectaculaire, dépassant les vingt millions d'habitants, ce qui en fait l'une des plus grandes mégapoles du monde. Elle fait face à des défis urbains colossaux, notamment la gestion de l'eau, les embouteillages monstres, l'assainissement et la fourniture d'électricité pour une population en croissance constante. Malgré ces difficultés et une histoire parfois marquée par la violence, Karachi reste un creuset culturel vibrant, connu pour sa cuisine de rue, sa vie nocturne résiliente, son industrie cinématographique et sa capacité d'adaptation. |
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