 |
Lisbonne,
Lisboa
en Portugais, Olisippo, puis Felicitas Julia chez les Anciens
est la capitale du Portugal
et le chef-lieu de l'Estramadure portugaise,
sur la rive droite du Tage, Ă 28 km de son embouchure; population : 570
000 habitants (2 millions, pour l'agglommération). Le port, qui n'est
guère qu'une rade excellente, est un des principaux ports d'Europe .
Lisbonne s'étage, sur la rive nord du
Tage, sur deux groupes de collines supportant l'un la vieille ville (Alfama)
avec la citadelle et la cathédrale, l'autre
la nouvelle ville avec le palais royal. La vallée qui les sépare est
occupée par les rues les plus animées qui, partant de la place de Don
Pedro, aboutissent, au bord du fleuve, Ă la magnifique place do Commercio,
bordée de trois côtés d'édifices publics et ornée de la statue
de don José Ier. Au nord s'étend la belle
Avenida da Liberdade.
Les maisons sont bien bâties, mais simples;
le climat est agréable. Les monuments remarquables sont rares, en raison
des tremblements de terre qui ont plusieurs fois ravagé Lisbonne. On peut
citer parmi les édifices les plus intéressants de Lisbonne : la cathédrale
ou Sé; l'église da Estrella, du XVIIIe
siècle; les églises Saint-Roch, Saint-Antoine; les palais royaux d'Ajuda,
de Belem, de Bemposta, de Necessidades; le théâtre Saint-Charles, l'arsenal;
la Place du Rocio; surtout, au bord du Tage, la tour isolée de Belem,
du XVIe siècle, et le magnifique couvent
des hiéronymites de Belem, bâti en 1499 par le roi Manoël,
en souvenir du voyage de Vasco de Gama.
La ville est sujette aux tremblements de
terre destructeurs. On cite celui de 1531, et surtout celui de1er
novembre
1755, un séisme suivi d'un incendie et d'un raz de marée, détruisit
la majeure partie de la ville et fit périr près de 40000 personnes.
Sont nés à Lisbonne le Camoëns,
l'auteur des Lusiades ,
le P. Jérnimo Lobo, Fr. Manoel, S.
Antoine de Padoue, Barthélemy des Martyrs,
etc.
-
Lisbonne
sur une ancienne photographie.
Lisbonne fut fondée par des Phéniciens
vers 1200 av. J.-C, bien qu'on ait voulu retrouver le souvenir d'Ulysse
dans son nom primitif d'Olissipo. Municipe
romain
sous le nom de Felicitas Juli et la seconde ville de la Lusitanie
après Mérida, elle prit de l'importance sous les Arabes (716) et surtout
sous les Maures, qui s'en emparèrent
au VIIIe siècle et lui donnèrent son
nom; elle fut alors la capitale d'un petit royaume particulier. Dès 798,
Alphonse
II, roi des Asturies ,
s'avança jusqu'à Lisbonne. Reprise, puis perdue tour à tour par Ordono
III, ensuite par Sancho, rois de Léon, par don Henrique au XIIe
siècle, elle ne fut définitivement reconquise qu'en 1147 par Affonso
Henriques (Alphonse I du Portugal),
à la tête d'une armée de croisés français,
anglais, allemands et flamands.
En 1260, les rois
du Portugal y transportèrent leurs résidences. Lisbonne devint, au
XVe siècle, le siège du gouvernement,
et, par suite des découvertes maritimes des Portugais et de leurs conquêtes
en Orient, la ville la plus riche de l'Europe ,
en dépit des tremblements de terre de 1531 et 1735. La domination espagnole
(1580-1640) et la perte des Indes lui portèrent un coup fatal. Un traité
fut conclu à Lisbonne le 13 février 1668 entre l'Espagne
et le Portugal
sous la médiation de l'Angleterre ,
et par lequel fut reconnue de fait l'indépendance de ce dernier pays vis-à -vis
de l'Espagne. Une seule possession portugaise, Ceuta, fut laissée
aux Espagnols. (Bt / NLI).
L'invasion napoléonienne
du Portugal en 1807 force la famille royale à s'exiler au Brésil.
Cet exode marque une transformation majeure : la cour établit temporairement
le centre du pouvoir Ă Rio de Janeiro, faisant
de Lisbonne une ville orpheline de son gouvernement. Après la chute de
Napoléon,
le roi Jean VI revient en 1821, mais la
ville est désormais le théâtre de conflits entre partisans du libéralisme
et défenseurs de l'absolutisme. La guerre civile portugaise (1828-1834)
oppose les libéraux menés par Pierre IV et les absolutistes soutenant
Michel Ier, ce qui entraîne des troubles
dans la capitale.
Avec la victoire
des libéraux en 1834, Lisbonne devient un foyer d'innovations et de réformes
administratives. La monarchie constitutionnelle favorise la modernisation
de la ville, notamment avec l'amélioration des infrastructures, la création
de nouvelles avenues et l'essor des transports publics. Le XIXe
siècle voit également le développement industriel, avec l'installation
de manufactures et d'usines, bien que la ville reste marquée par une forte
inégalité sociale et la persistance de quartiers pauvres. La fin du siècle
est caractérisée par l'instabilité politique, aboutissant à la proclamation
de la République en 1910. Lisbonne devient alors un centre politique agité,
avec des grèves, des soulèvements et des tensions sociales accrues.
Le XXe
siècle est marqué par la dictature de Salazar,
instaurée en 1933 avec l'Estado Novo. Lisbonne, bien que modernisée,
est sous surveillance étroite, et la vie politique y est contrôlée.
Pendant la Seconde Guerre mondiale,
la ville joue un rôle particulier en tant que refuge pour les exilés
et un point de passage pour les espions. Après la guerre, la croissance
urbaine s'accélère avec l'arrivée de populations venues des colonies
portugaises et des régions rurales. La Révolution des Oeillets de 1974
met fin à la dictature, transformant Lisbonne en l'épicentre du changement
démocratique. Les années suivantes sont marquées par une restructuration
économique, une intégration dans la Communauté économique européenne
en 1986 et d'importants travaux d'urbanisme, dont l'Exposition universelle
de 1998, qui contribue Ă moderniser les infrastructures et Ă ouvrir la
ville sur le monde.
Lisbonne entre dans
le XXIe siècle avec un essor touristique
et technologique. La crise économique de 2008 affecte cependant durement
la ville, entraînant des mesures d'austérité et un exode de jeunes Portugais.
Toutefois, grâce à une politique de redynamisation urbaine, l'attractivité
de Lisbonne se renforce avec l'essor du numérique et des startups.
Aujourd'hui, la ville est un centre culturel et économique dynamique,
alliant son riche passé historique à des ambitions modernes.
--
|
Le Traité
de Lisbonne (2007)
L'histoire du Traité
de Lisbonne commence dans le contexte du rejet du Traité constitutionnel
(29 octobre 2004) par les référendums français et néerlandais en 2005.
Ce rejet plongea l'Union européenne
dans une période de crise institutionnelle, soulignant la nécessité
de réformer les institutions européennes pour les rendre plus efficaces
et plus démocratiques, en particulier après l'élargissement de 2004.
Face à cette impasse, les chefs d'État et de gouvernement se sont réunis
au sein du Conseil européen pour chercher une nouvelle voie.
Un long processus
de réflexion et de consultation s'est engagé, impliquant les institutions
européennes, les États membres et la société civile. L'objectif était
de préserver les avancées du Traité constitutionnel, notamment
en matière de simplification des procédures de décision et de renforcement
du rôle du Parlement européen et des parlements nationaux, tout en tenant
compte des préoccupations exprimées lors des référendums.
En juin 2007, le
Conseil européen, sous présidence allemande, a dégagé un consensus
sur un mandat précis pour une Conférence intergouvernementale (CIG).
Ce mandat fixait les grandes lignes du futur traité modificatif, qui devait
reprendre l'essentiel des innovations du Traité constitutionnel,
mais en abandonnant la terminologie constitutionnelle et certains éléments
jugés les plus controversés. L'approche retenue fut celle d'un traité
modificatif, amendendant les traités existants (Traité sur l'Union
européenne (Traité de Maastricht,
1992) et Traité instituant la Communauté européenne (Traité
de Rome, 1957), renommé
Traité sur
le fonctionnement de l'Union européenne par le Traité de Lisbonne),
plutôt que de créer un nouveau texte unique comme le
Traité constitutionnel.
La CIG s'est ouverte
en juillet 2007 et s'est déroulée à un rythme soutenu sous la présidence
portugaise. Les négociations ont porté sur de nombreux aspects, allant
de la pondération des voix au Conseil à la politique étrangère et de
sécurité commune, en passant par les compétences de l'Union et les droits
fondamentaux. Des compromis ont été nécessaires pour surmonter les divergences
entre les États membres, chacun ayant ses propres priorités et sensibilités.
Le Traité de
Lisbonne a été formellement adopté par la CIG et signé à Lisbonne
le 13 décembre 2007. S'en est suivi le processus de ratification par les
États membres, selon leurs procédures constitutionnelles respectives.
Ce processus s'est avéré plus complexe que prévu. La plupart des États
membres ont opté pour la ratification parlementaire, mais l'Irlande
a été tenue, par sa Constitution, d'organiser un référendum.
Le premier référendum
irlandais, en juin 2008, a abouti à un rejet du Traité de Lisbonne,
plongeant à nouveau l'Union européenne dans une période d'incertitude.
Ce rejet a été attribué à divers facteurs, notamment des préoccupations
concernant la souveraineté nationale, la neutralité militaire irlandaise,
et les services publics. Des garanties et des clarifications ont été
apportées à l'Irlande par le Conseil européen pour répondre à ces
préoccupations.
Un second référendum
irlandais a été organisé en octobre 2009, après une campagne d'information
plus intensive et la prise en compte des garanties obtenues. Cette fois,
le Traité de Lisbonne a été approuvé par le peuple irlandais.
Entre-temps, la République tchèque,
sous la présidence de Václav Klaus, a également posé des difficultés
Ă la ratification, conditionnant sa signature au maintien d'une exemption
pour la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Ces
obstacles ont finalement été levés, et le Traité de Lisbonne
a pu être ratifié par tous les États membres.
Le Traité de
Lisbonne est entré en vigueur le 1er
décembre 2009. Il a marqué une étape importante dans l'évolution de
l'Union européenne, en introduisant des changements significatifs dans
son fonctionnement institutionnel et ses politiques. Parmi les principales
innovations, on peut citer la création d'un poste de Président du Conseil
européen et de Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères
et la politique de sécurité, le renforcement des pouvoirs du Parlement
européen, la reconnaissance juridique de la Charte des droits fondamentaux,
et l'introduction de nouvelles politiques dans des domaines tels que le
changement
climatique et la sécurité énergétique. Le Traité de Lisbonne
a ainsi visé à rendre l'Union européenne plus démocratique, plus efficace
et plus apte à agir sur la scène internationale. |
|
|