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La verge,
ou pénis, est l'organe de l'appareil
génital qui sert à la copulation chez les mammifères
mâles ( Anatomie).
Elle possède quatre enveloppes.
Sa partie centrale est formée d'organes érectiles, les corps caverneux
et l'urètre. Ces enveloppes sont, de dehors en
dedans la peau, la tunique musculeuse,
la tunique celluleuse, la tunique élastique.
La peau,
très mince, s'adosse à elle-même, à l'extrémité de la verge, pour
former le prépuce. Le prépuce, partie qu'on retranche dans la circoncision ,
est un adossement des trois enveloppes superficielles de la verge. Il est
constitué de telle façon que, lorsqu'on exerce une traction d'avant en
arrière sur la verge, le prépuce se dédouble et les diverses couches
qui le constituent se continuent directement avec les trois enveloppes
superficielles du pénis.
L'enveloppe musculeuse de la verge,
sous-jacente à la peau, est formée de fibres musculaires
lisses, les unes longitudinales, les autres circulaires, irrégulièrement
entre-croisées, et formant le muscle péripénien.
L'enveloppe celluleuse est un tissu
conjonctif lâche, ne contenant jamais de graisse, et riche en fibres élastiques.
Les vaisseaux et les nerfs
superficiels cheminent dans cette couche.
La couche élastique, ou fascia
pénien, la plus profonde, forme une gaine commune
aux corps caverneux et à l'urètre. C'est sur
cette enveloppe solide que glisse la peau du prépuce quand on le tire
en arrière.
La verge proprement dite, abstraction faite
de ses enveloppes, est formée par les corps caverneux et la portion spongieuse
de l'urètre.
Corps caverneux. Les corps
caverneux
constituent, pour ainsi dire, la partie fondamentale de la verge. Ils sont
disposés comme les deux canons d'un fusil à deux coups, parallèles et
séparés par une cloison verticale incomplète en forme de peigne. Ils
s'attachent aux branches descendante du pubis
et ascendante de l'ischion par deux racines,
racines des corps caverneux. En avant, l'extrémité des deux corps caverneux,
qui est arrondie, est coiffée par le gland qui la déborde par sa base.
Les corps caverneux, ainsi que leurs racines,
sont limités de toutes parts par une enveloppe fibro-élastique criblée
de trous, par lesquels est versé le sang artériel.
L'intérieur des corps caverneux est formé par une grande quantité de
cloisons,
ou trabécules musculaires, et par conséquent contractiles. Ces cloisons,
en s'entre-croisant, limitent des espaces, ou aréoles, pleins de sang
et communiquant les uns avec les autres.
L'extrémité antérieure des corps caverneux
est recouverte par le gland. Le ligament antérieur
des corps caverneux unit ces parties. Ce ligament envoie plusieurs prolongements
antérieurs dans l'épaisseur du gland. L'extrémité postérieure est
constituée par ses racines qui sont fusiformes. Elles sont entourées
par le muscle ischio-caverneux et confondent leurs insertions
avec les fibres de ce muscle.
Un organe dont l'érection est rapide et fréquente,
dont la rigidité doit être suffisante, reçoit nécessairement beaucoup
de vaisseaux. Son extrême sensibilité nécessite
aussi une grande quantité de nerfs.
Artères. La verge reçoit
de nombreuses artères. Les unes vont aux enveloppes,
les autres aux organes centraux. Les artères des enveloppes sont les pudendales
externes. Elles naissent de l'artère fémorale,
immédiatement au dessous de l'arcade-crurale.
Ces enveloppes reçoivent encore l'artère périnéale superficielle qui
se porte à la peau de la face inférieure de la verge, et qui est fournie
par l'artère honteuse interne. Cette dernière donne aussi l'artère dorsale
du pénis qui se rend à la peau de la partie supérieure de la verge.
Les artères centrales sont différentes pour les corps caverneux et la
portion spongieuse de l'urètre. Ces dernières
sont : la transverse du périnée
et la dorsale du pénis. La transverse du périnée, venue de la honteuse
interne, se jette dans le bulbe, et verse son sang
dans ses aréoles. La dorsale du pénis parcourt la gouttière
longitudinale supérieure des corps caverneux et vient se terminer dans
le gland, de la même manière que la précédente, dans le bulbe. Ces
deux artères donnent aussi des ramifications à la partie moyenne du corps
spongieux de l'urètre. L'artère caverneuse se porte vers le point de
réunion des deux racines des corps caverneux, fournit une artère récurrente
qui rétrograde vers les racines et pénètre dans les corps caverneux
en suivant son axe.
Veines. - Les veines
du pénis sont superficielles et profondes. Les superficielles naissent
des enveloppes du pénis et se dirigent les unes vers le scrotum
pour se confondre avec les veines de cette région, les autres vers la
face supérieure de la verge, pour former une grosse veine, la veine dorsale
superficielle. Celle-ci se porte vers la racine de la verge et se termine
dans l'une des deux veines saphènes internes,
et parfois dans les deux, en se bifurquant. Les veines profondes du pénis
sont indépendantes dans les corps caverneux et dans la portion spongieuse
de l'urètre, comme les artères. Les veines bulbeuses,
une fois sorties du bulbe, passent dans l'intervalle qui sépare les racines
des corps caverneux et se ,jettent, tantĂ´t dans les veines honteuses internes,
tantĂ´t dans le plexus veineux de Santorini. Les veines du gland, ou veines
balaniques, entourent la couronne du gland, pour se réunir en haut et
en arrière et former la veine dorsale profonde du pénis. Cette veine
chemine entre les corps caverneux et l'enveloppe élastique de la verge,
puis elle passe au-dessous de la symphyse-pubienne
et se jette dans le plexus de Santorini. Les veines
dont il vient d'ĂŞtre question sont les veines de la portion spongieuse
de l'urètre. Les veines caverneuses sortent des corps caverneux par quatre
points; on peut les diviser en antérieures, postérieures, supérieures
et inférieures.
Plexus veineux
superficiel de la verge
-
Le réseau veineux
superficiel de la verge est sous-cutané; il commence, en avant, au niveau
de la couronne du gland; c'est la du moins qu'il devient superficiel; mais
il fait directement suite à un réseau profond ou glandaire, compris entre
la face inférieure de la partie réfléchie du gland et la face supérieure
de l'extrémité glandaire du corps caverneux. Ce corps, en effet, ne s'arrête
pas, comme il paraît le faire extérieurement, au niveau de la couronne
du gland; il se prolonge plus en avant, dans une étendue d'environ 1 centimètre,
et le gland se réfléchit au-dessus de lui, de telle sorte que, dans toute
celte étendue, le corps caverneux est recouvert par la partie réfléchie
du gland.
Le réseau glandaire,
formé d'un très grand nombre de veines anastomosées, à mailles allongées
dans le sens de l'axe de la verge, repose donc sur l'extrémité antérieure
du corps caverneux. ll reçoit par sa face supérieure les veines de la
partie réfléchie du gland; en outre, suivant Kobell, il reçoit par sa
face inférieure des veinules qui émanent du corps caverneux lui même.
Arrivé au niveau de la rainure circulaire du gland, il devient superficiel,
et reçoit les veines du prépuce qu'on n'a pas pu conserver sur la pièce,
le prépuce ayant dû être enlevé en même temps que la peau de la verge.
En arrière du gland,
le réseau veineux devient de moins en moins serré, et les veines qui
le constituent, s'anastomosant par convergence, deviennent de plus en plus
grosses. Bientôt les veines convergent vers la ligne médiane de la face
dorsale de la verge, et se réunissent pour la plupart en un tronc commun,
qui est la veine dorsale de la verge. Celle ci est bordée par des
arcades latérales qui communiquent fréquemment avec elle, et qui peuvent
former, soit d'un côté, soit des deux côtés, des veines longitudinales
supplémentaires; mais elle est ordinairement simple en avant. En arrière,
au contraire, elle se divise souvent en deux troncs qui sont juxtaposés,
et qui s'anastomosent même fréquemment. mais qui vont se rendre séparément
dans le plexus sous-pubien. Il y a alors deux veines dorsales en arrière,
et une seule en avant. Le système des veines dorsales reçoit dans toute
la longueur de la verge des veines assez volumineuses, anastomosĂ©es Ă
larges mailles, qui enlacent le corps caverneux, et qui viennent de la
face interieure de la verge. Ces veines émanent pour la plupart d'un réseau
veineux qui est situé dans la gouttière du corps caverneux, entre la
face inférieure de ce corps et la face supérieure de l'urètre, et qui
reçoit à la fois les veines du corps caverneux et les veines de la portion
spongieuse de l'urètre. Des bords de ce réseau, qu'on peut appeler le
réseau veineux profond de la verge, se détachent des veines qui émergent
des deux bords de la gouttière du corps caverneux, et qui, contournant
la face latérale de ce corps, vont se rendre, comme il a été dit plus
haut, dans le réseau dorsal ou superficiel. La plus volumineuse de ces
veines émanées du réseau profond, naît en arrière, à peu de distance
de l'angle prépubien de l'urétre, et forme de chaque côté un tronc
assez gros, qui, parvenu Ă peu de distance du pubis, se divise en
deux ordres de branches, dont les unes convergent vers la ligne médiane
pour se jeter dans le plexus veineux sous-pubien, ou plexus pudendalis,
tandis que les autres restent sur les côtés de la verge, où elles s'anastomosent
avec les veines honteuses externes, honteuses internes et obturatrices.
Les anastomoses de
ces nombreuses veines forment sous l'arcade pubienne un riche plexus qui
embrasse la demi-circonférence supérieure de la racine de la verge; c'est
le plexus pudendalis, ou plexus sous-pubien. Ce plexus se compose de trois
parties, l'une supérieure et médiane, comprise entre la symphyse pubienne
et la racine de la verge; les deux autres, latérales, situées entre la
branche descendante du pubis et la racine de la verge.
La partie médiane
ou supérieure du plexus émet plusieurs veines volumineuses qui s'engagent
dans l'épaisseur du corps fibro-spongieux de Jarjavay, se portent directement
en arrière, en passant sous la symphyse, et pénètrent dans le bassin,
où elles se jettent dans le plexus vésico-prostatique. |
Vaisseaux lymphatiques.
Les lymphatiques de la verge sont
superficiels et profonds. Il existe, le long de la face dorsale de la verge,
un tronc lymphatique appelé lymphatique dorsal superficiel, quelquefois
double, qui suit le mĂŞme trajet que la veine dorsale. Ce lymphatique,
formé par le réseau lymphatique du prépuce, se jette dans l'un des ganglions
inguinaux internes, après avoir recueilli sur son trajet des lymphatiques
venus de la peau des parties latérales de la verge. Les lymphatiques profonds
de la verge naissent sur le gland par un réseau intra-muqueux et un réseau
sous-muqueux, communiquant d'une part avec les lymphatiques de l'urètre,
et d'autre part avec ceux du prépuce. Un plexus
lymphatique existe aussi sur les parties latérales du frein. De ces réseaux
lymphatiques naissent de petits troncs formant une couronne en arrière
de la base du gland, troncs qui donnent naissance, par leur réunion sur
le dos de la verge, Ă un lymphatique dorsal profond qui accompagne. la
veine dorsale profonde. Ce lymphatique profond se termine ordinairement
dans l'un des ganglions inguinaux internes.
Les nerfs des organes qui participent à l'érection
du pénis, venus du plexus hypogastrique,
contiennent des filets nerveux sympathiques
et des filets cérébro-spinaux.
(Dr. J.-A. Fort). |
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