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La
statique
est une branche de la mécanique classique qui étudie les conditions d'équilibre
des corps soumis à des forces. Elle s'intéresse aux systèmes mécaniques
au repos ou en mouvement rectiligne uniforme (c'est-à -dire sans accélération),
ce qui implique que la somme des forces et la somme des moments (ou couples)
agissant sur le corps sont nulles.
La statique vise
à déterminer les forces et moments exercés sur un système en équilibre,
à vérifier si un système est stable ou instable sous l'effet de charges
extérieures, et à concevoir des structures (ponts, bâtiments, machines,
etc.) capables de supporter des charges sans se déformer ou s'effondrer.
La statique ne s'applique qu'aux systèmes en équilibre (pas d'accélération).
Elle ne prend pas en compte les déformations (domaine de la résistance
des matériaux) et ne traite pas non plus des phénomènes dynamiques (chocs,
vibrations, etc.).
Elle repose sur les
lois de Newton, en particulier la première loi (principe d'inertie) :
Un corps reste au repos ou en mouvement rectiligne uniforme si la somme
des forces qui s'exercent sur lui est nulle.
Pour qu'un corps
soit en équilibre, la résultante des forces extérieures doit être nulle
:
∑F = 0.
En coordonnées cartésiennes (dans l'espace 3D), cela se traduit par :
∑Fx​
= 0, ∑Fy​ = 0 et ∑Fz​
= 0. De même, la somme des moments (ou couples) par rapport à n'importe
quel point doit être nulle : ∑MO ​= 0.
En 3D : ∑Mx​ = 0,
∑My ​= 0 et ∑Mz​
= 0.
NB
: Le moment d'une force F par rapport à un point O
est défini par : MO​ = rΛF
où r est le vecteur position du point d'application de la force
par rapport à O).
Notions clés en
statique.
Forces.
On distingue :
• Les
forces extérieures : actions exercées par l'extérieur sur le système
(poids, réactions d'appui, charges appliquées, etc.).
• Les forces
intérieures : forces entre les parties d'un même système (non prises
en compte dans l'équilibre global, mais utiles en résistance des matériaux).
Types
de liaisons et réactions d'appui.
Les laisons ou appuis
entre un solide et son environnement limitent les mouvements qui lui sont
possibles. Selon le type d'appui, on a différentes réactions (forces
et moments transmis) :
-
| Type
de liaison / appui |
Description |
Degrés
de liberté supprimés |
Réactions
d'appui (en 2D) |
Remarques |
| Appui
simple (pivot sans frottement) |
Point
en contact sur un plan (ex : poutre posée sur un mur) |
1
translation (normale au support) |
1
réaction normale Rn |
Réaction
perpendiculaire au support |
| Appui
glissant (ou patin) |
Contact
qui empêche une translation perpendiculaire mais autorise le glissement |
1
translation |
1
réaction normale Rn |
Comme
un appui simple mais direction fixée |
| Pivot
(ou charnière) |
Empêche
les translations mais autorise la rotation |
2
translations |
2
composantes de réaction Rx,
Ry |
Pas
de moment transmis |
| Encastrement |
Empêche
toute translation et rotation |
2
translations + 1 rotation |
2
composantes de réaction Rx,
Ry
+ moment M |
Liaison
la plus rigide |
| Rotule
(3D) |
Point
de contact qui permet toutes les rotations mais bloque les translations |
3
translations |
3
composantes de réaction (Rx,
Ry,
Rz) |
En
3D uniquement |
| Glissière
(3D) |
Autorise
le mouvement de translation suivant un axe |
2
translations + 3 rotations supprimées |
1
réaction + 1 moment (selon axe) |
Très
courant en mécanique |
| Sphère-cylindre |
Permet
rotation et translation selon l'axe du cylindre |
2
translations supprimées |
2
composantes de réaction |
Liaison
semi-libre |
Systèmes
isostatiques, hyperstatiques et hypostatiques.
Un système statique
est une structure ou un assemblage de solides soumis à des forces extérieures
et à des liaisons qui limitent leurs mouvements. Lorsqu'on étudie l'équilibre
d'un tel système, on cherche à déterminer les réactions d'appui en
utilisant les équations fondamentales de la statique. En deux dimensions,
ces équations sont au nombre de trois : la somme des forces horizontales
égale zéro, la somme des forces verticales égale zéro et la somme des
moments égale zéro. En trois dimensions, il y a six équations d'équilibre
(trois pour les forces et trois pour les moments). Le rapport entre le
nombre d'inconnues (réactions d'appui) et le nombre d'équations disponibles
permet de classer les systèmes en trois grandes catégories : isostatiques,
hyperstatiques et hypostatiques.
• Un
système isostatique est celui pour lequel le nombre d'inconnues de
réaction est exactement égal au nombre d'équations d'équilibre disponibles.
Dans ce cas, il est possible de déterminer toutes les réactions uniquement
à l'aide des lois de la statique, sans recourir à d'autres considérations.
Le système est à la fois en équilibre et géométriquement stable :
il ne bouge pas si on applique des forces, et il n'est pas surcontraint.
C'est le cas typique d'une poutre simplement appuyée sur un pivot et un
appui simple. Ce type de structure est très apprécié car les calculs
sont simples et le comportement mécanique est bien défini.
• Un système
hyperstatique, au contraire, possède un nombre d'inconnues de réaction
supérieur au nombre d'équations d'équilibre. Il y a donc plus de liaisons
que nécessaire pour assurer la stabilité. Les équations de la statique
ne suffisent pas à déterminer toutes les réactions d'appui : il faut
faire intervenir la déformabilité des matériaux et les conditions de
compatibilité des déplacements pour résoudre le problème. Les structures
hyperstatiques sont souvent plus rigides et moins sensibles aux déformations
locales, mais elles sont plus complexes à étudier. Un exemple classique
est une poutre encastrée aux deux extrémités.
• Un système
hypostatique est un système insuffisamment lié, c'est-à -dire qu'il
possède un nombre d'inconnues de réaction inférieur au nombre d'équations
nécessaires pour garantir la stabilité. Il existe alors au moins un mouvement
possible sans que les liaisons s'y opposent : la structure peut se déplacer
ou se renverser. Dans ce cas, l'équilibre est impossible à maintenir
sous l'effet des forces extérieures. Une poutre simplement posée sur
deux appuis libres de glisser en est un exemple typique : elle n'est pas
capable de résister à une force horizontale.
Ainsi, un système isostatique
est juste stable et calculable, un système hyperstatique est stable mais
surcontraint, et un système hypostatique est instable et ne peut assurer
l'équilibre. La distinction entre ces trois situations est essentielle
en mécanique des structures, car elle conditionne la stabilité, la rigidité
et la méthode de calcul d'un assemblage ou d'une ossature.
Pour un solide dans le plan, on applique
les équation d'équilibre (∑Fx​
= 0, ∑Fy​ = 0, ∑M​
= 0). Le nombre d'inconnues (réactions d'appui) doit être inférieur
ou égal à 3 pour que le système soit isostatique.
Exemples
: un encastrement seul ou un pivot + un appui simple → 3 inconnues (isostatique);
deux pivots → 4 inconnues (hyperstatique, trop de ractions); deux appuis
simples → 3 inconnues (hypostatique, structure instable).
Méthodes d'analyse
en statique.
Trois méthodes
de base, utilisées parfois conjointement, permettent de déterminer les
efforts internes et les réactions dans les structures.
Méthode
des corps libres (diagramme de corps libre).
La méthode des
corps libres (ou diagramme de corps libre), est une étape préliminaire
essentielle à presque toute analyse. Elle consiste à isoler mentalement
une partie ou la totalité d'une structure de son environnement. Sur ce
schéma isolé, on représente toutes les forces et tous les moments qui
agissent sur le corps. Cela inclut les forces extérieures (poids, charges
appliquées) et les réactions aux liaisons (appuis, articulations, encastrements).
L'objectif est d'obtenir une représentation claire sur laquelle appliquer
les équations d'équilibre (somme des forces nulle et somme des moments
nulle) pour calculer les réactions inconnues.
Méthode
des sections (pour les treillis).
La méthode des
sections, particulièrement utilisée pour l'analyse des treillis, permet
de déterminer les efforts dans les barres internes. Après avoir calculé
les réactions d'appui globales, on imagine une coupe fictive à travers
le treillis, sectionnant généralement trois barres non concourantes et
non parallèles. Cette coupe divise le treillis en deux parties distinctes.
On isole alors l'une de ces parties comme un corps libre. Sur cette section,
les efforts dans les barres coupées, initialement des efforts internes
au treillis global, deviennent des forces extérieures appliquées au corps
libre. En appliquant à cette partie les trois équations d'équilibre
de la statique, on peut résoudre pour trouver les trois efforts inconnus
dans les barres sectionnées. Cette méthode est efficace pour trouver
des efforts spécifiques sans avoir à analyser l'ensemble du treillis.
Principe
de superposition.
Le principe de superposition
s'applique aux structures linéairement élastiques, c'est-à -dire qui
respectent la loi de Hooke et présentent de petites déformations. Il
stipule que les effets de plusieurs charges agissant simultanément sur
une structure peuvent être déterminés en additionnant les effets de
chaque charge agissant séparément. Concrètement, pour analyser une structure
soumise à un système complexe de charges, on peut résoudre plusieurs
cas plus simples où une seule charge est appliquée à la fois. La réponse
finale (réactions, efforts internes, contraintes, déformations) est obtenue
en sommant algébriquement les résultats de chaque cas élémentaire.
Ce principe simplifie considérablement l'analyse de structures complexes
et est à la base de nombreuses méthodes avancées. |
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