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9 00 S, 172 00 W |
Les îles
Tokelau
(ou Tokélaou, anc. Îles de l'Union)
sont un territoire non autonome de la Nouvelle-Zélande.
Il s'agit d'un archipel polynésien coralliaire
formé de plusieurs atolls et situé au Nord des
îles
Samoa et au Sud des îles Phoénix (Kiribati).
Les principales îles sont Atafu (qui avait été renommée Duke
of York par les Britanniques), Nukunonu (Duke of Clarence), et Fakaafo
(Bowditch). Autrefois, on lui rattachait souvent les îles plus orientales
de Pukapuka (Danger), Lydra (Nassau) et Souvarov; mais celle-ci appartiennent
aujourd'hui aux
îles Cook. Quant à Olosenga
(Swains), bien qu'elle appartienne à la chaîne
des Tokelau, elle est administrée par les Etats-Unis
et rattachée aux Samoa Américaines.
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Carte de Tokelau. Source : The World Factbook.
Leur superficie terrestre cumulée est très réduite, environ 12 km², tandis que leur zone maritime s'étend sur plus de 290 000 km². Ces îles sont situées dans une zone tropicale océanique, soumise à des alizés constants et à une forte humidité, avec des températures moyennes stables tournant autour de 28 à 30 °C tout au long de l'année. D'un point de vue géomorphologique, les Tokelau sont des atolls récifaux surélevés issus de l'activité volcanique sous-marine ancienne. Ces structures coralliennes reposent sur des plateaux volcaniques immergés, résultat de la subsidence progressive des îles volcaniques primitives, suivie de la croissance verticale du corail. Chaque atoll est un anneau discontinu de motus – petits îlots sableux couverts de végétation – entourant un lagon central peu profond. Les sols y sont sablonneux, calcaires, très perméables et pauvres en nutriments, limitant la diversité agricole. Il n'y a ni rivières ni lacs; l'eau douce provient exclusivement de la collecte des eaux de pluie, stockée dans des citernes. La flore des Tokelau est typique des îles coralliennes du Pacifique. Elle est dominée par des espèces tolérantes au sel comme le cocotier (Cocos nucifera), le pandanus (Pandanus tectorius), le noni (Morinda citrifolia) et des arbustes halophiles comme Scaevola taccada. La végétation est essentiellement anthropisée, avec une grande partie des motus modifiée pour les cultures traditionnelles (principalement le cocotier) et les zones d'habitation. La présence d'espèces végétales indigènes est limitée, et plusieurs espèces introduites ont modifié l'équilibre écologique. La faune terrestre est réduite, en l'absence de mammifères indigènes. On y trouve surtout des invertébrés, des lézards comme le gecko et le scinque, et des oiseaux marins nicheurs (notamment le noddi brun et la sterne). Les lagons et récifs coralliens abritent une biodiversité marine relativement riche, qui comprend diverses espèces de poissons, crustacés, mollusques, coraux et tortues marines. Les récifs coralliens jouent un rôle essentiel dans la subsistance des populations locales, en fournissant des ressources halieutiques et une protection côtière naturelle. La vulnérabilité
écologique des Tokelau est exacerbée par le changement
climatique. L'élévation du niveau de la mer, l'érosion
côtière, les épisodes de blanchissement corallien et l'intrusion d'eau
salée dans les réserves d'eau douce représentent des menaces majeures.
La biodiversité y est fragile, soumise aux pressions des activités humaines,
des espèces invasives (rats, porcs, plantes exotiques) et des phénomènes
climatiques extrêmes tels que les cyclones tropicaux.
L'atoll d'Atafu, à au Nord-Ouest des îles Tokelau. Large d'environ 8 km, c'est le plus petit des trois atolls qui composent Tokelau. Sa forme annulaire typique est le résultat de la formation de récifs coralliens autour d'une ancienne île volcanique. Au cours des temps géologiques, le volcan central disparu sous la surface de l'eau, laissant affleurer seulement des récifs bordant un lagon central. Source : Nasa. Les îles Tokelau abritent une population d'environ 1500 habitants, répartie sur les trois atolls d'Atafu, de Nukunonu et de Fakaofo. Chacun de ces atolls fonctionne comme une unité sociale distincte, avec une forte autonomie fondée sur des traditions coutumières profondément enracinées. L'organisation sociale repose sur des structures hiérarchiques traditionnelles, avec un conseil d'anciens, appelé le Taupulega, qui gouverne chaque atoll. Ces conseils exercent l'autorité sur les affaires locales, notamment sur l'utilisation des terres, la pêche, l'éducation, la justice coutumière et les rites sociaux. La langue principale est le tokelau, une langue polynésienne, bien que l'anglais soit utilisé dans les contextes officiels et scolaires. La société tokelauane est collectiviste, avec un fort accent mis sur la coopération, le partage des ressources et la cohésion familiale. Le système foncier est coutumier et communautaire : la terre n'est ni achetée ni vendue, mais transmise au sein des familles selon des règles lignagères, ce qui renforce l'identité sociale et territoriale. L'économie des Tokelau est essentiellement de subsistance, fondée sur la pêche côtière, la récolte des produits de la mer (poissons, bénitiers, crabes de cocotier) et l'agriculture traditionnelle, notamment la culture du cocotier, du taro géant (Cyrtosperma merkusii), du pandanus et de l'arbre à pain. La coprahculture (transformation de la chair de coco en coprah) constitue une des rares sources de revenus monétaires, bien que très limitée. Les envois de fonds de la diaspora tokelauane vivant principalement en Nouvelle-Zélande contribuent significativement à l'économie locale. En termes de services, les Tokelau dépendent largement de l'aide néo-zélandaise, qui finance les infrastructures publiques (écoles, cliniques, bâtiments administratifs), les transports et l'accès à Internet par satellite. Les services de santé et d'éducation sont gratuits mais limités : chaque atoll dispose d'une école primaire et d'un petit centre de soins, tandis que les cas médicaux graves sont évacués vers les Samoa ou la Nouvelle-Zélande. Il n'existe pas d'aéroport; les liaisons avec le monde extérieur se font par bateau, notamment par un navire affrété reliant Tokelau à Apia (Samoa) toutes les deux semaines. Dans les années 2000, Tokelau a commencé à se connecter davantage au reste du monde grâce à l'introduction des télécommunications modernes, à commencer par des services Internet. Cela a permis de réduire l'isolement des habitants et d'améliorer les communications avec la diaspora tokelauane. Tokelau a aussi cherché à devenir un exemple de durabilité dans le Pacifique. En 2012, l'archipel a achevé un projet majeur de conversion à l'énergie solaire, devenant l'un des premiers territoires au monde à produire la quasi-totalité de son énergie à partir de sources renouvelables. Cela a considérablement réduit sa dépendance au carburant importé Les dynamiques démographiques montrent un léger déclin de la population résidente dû à l'émigration. Plus de 7000 personnes d'origine tokelauane vivent en Nouvelle-Zélande, ce qui dépasse largement la population restée sur les atolls. Cette diaspora entretient des liens actifs avec les îles, notamment par les transferts d'argent, les échanges culturels et les visites régulières. Toutefois, l'exode pose des défis en termes de maintien des traditions, de transmission linguistique et de relève générationnelle dans les structures sociales locales. La culture tokelauane repose sur un fort ancrage communautaire et religieux. Le christianisme, introduit au XIXe siècle, est central dans la vie sociale, avec une division confessionnelle notable : Nukunonu est principalement catholique, tandis qu'Atafu et Fakaofo sont protestants. Les fêtes religieuses, les chants traditionnels (fatele), les danses et les jeux communautaires rythment la vie quotidienne et renforcent l'identité collective. L'enseignement de la culture et des savoirs traditionnels fait l'objet d'initiatives éducatives visant à préserver le patrimoine immatériel malgré les pressions de la modernité et de la mondialisation. |
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