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Un méson
est une particule subatomique appartenant Ã
la famille des hadrons. Les hadrons sont des particules
composées de quarks et/ou d'antiquarks liées
par l'interaction forte, médiatisée par les gluons.
Plus spécifiquement, un méson est une particule composée d'une paire
quark-antiquark. C'est ce qui le distingue des autres hadrons, les baryons,
qui sont composés de trois quarks (ou trois antiquarks).
Les quarks sont des fermions,
des particules de spin demi-entier (spin 1/2).
Lorsqu'un quark (spin 1/2) s'associe à un antiquark (spin 1/2), leur spin
total peut être un nombre entier (0, 1, 2...), selon l'alignement de leurs
spins individuels et leur moment
cinétique orbital. Les mésons ont donc un spin entier et sont,
de ce fait, des bosons, ce qui est une caractéristique
fondamentale qui les différencie des baryons
qui sont des fermions.
La composition en quarks d'un méson détermine
ses propriétés fondamentales comme sa charge électrique, son étrangeté,
son charme, sa beauté (bottomness) ou sa vérité (topness). Par exemple,
un méson pi-plus ou pion-plus (Ï€âº) est composé d'un quark up (charge
+2/3) et d'un antiquark down (charge +1/3), donnant une charge totale de
+1. Un méson pi-zéro (Ï€â°) est une superposition quantique de (up-antiup)
et (down-antidown), ce qui lui confère une charge nulle. Un méson K ou
kaon
(K) contient un quark étrange ou un antiquark étrange, en plus d'un quark
up ou down. Les mésons D contiennent un quark charmé ou un antiquark
charmé, et les mésons B contiennent un quark bottom ou un antiquark bottom.
L'existence de mésons contenant des quarks top est théoriquement possible
(comme un méson composé d'un quark top et d'un antiquark top, appelé
toponium), mais le quark top est tellement lourd qu'il se désintègre
par l'interaction faible avant de pouvoir se hadroniser pour former un
tel état lié.
Bien que les quarks constituant un méson
portent une charge de couleur (rouge, vert ou bleu pour les quarks, et
anti-rouge, anti-vert ou anti-bleu pour les antiquarks), le méson dans
son ensemble est "blanc" ou incolore. C'est une conséquence du confinement
de couleur, une propriété de l'interaction forte qui stipule que seules
des combinaisons incolores de quarks peuvent exister à l'état libre.
Dans un méson, le quark et l'antiquark ont des couleurs opposées (par
exemple, rouge et anti-rouge), ce qui annule la charge de couleur totale.
Le nombre baryonique est une autre propriété
clé des particules. Les quarks ont un nombre baryonique de +1/3 et les
antiquarks ont un nombre baryonique de -1/3. Comme les mésons sont composés
d'un quark et d'un antiquark, leur nombre baryonique total est de +1/3
+ (-1/3) = 0. C'est pourquoi les mésons sont classés séparément des
baryons, qui ont un nombre baryonique de 1 (par exemple, un proton
composé de u-u-d a un nombre baryonique de +1/3 + 1/3 + 1/3 = 1).
La masse des mésons varie considérablement,
allant
des pions, les mésons les plus légers (environ
140 MeV/c²), aux mésons plus lourds comme les mésons B (environ 5 GeV/c²)
ou les mésons upsilon (composés d'un quark bottom et d'un antiquark bottom,
autour de 9-10 GeV/c²). La masse d'un méson dépend non seulement des
masses "nues" de ses quarks constitutifs, mais aussi de l'énergie de liaison
et de l'énergie cinétique relative des quarks
à l'intérieur du méson.
La plupart des mésons sont instables et
se désintègrent rapidement via l'interaction faible (c'est le cas des
pions et des kaons, par exemple), ou parfois via l'interaction électromagnétique
(pour certains états excités) ou l'interaction forte (si cela est cinématiquement
possible et ne viole aucune loi de conservation). Leurs produits de désintégration
sont généralement des leptons (électrons,
muons,
neutrinos)
ou d'autres mésons plus légers, ou encore des photons.
Historiquement,
les mésons, en particulier les pions (méson π), ont joué un rôle important
dans le développement de la physique
nucléaire. Dans les années 1930, Hideki
Yukawa a proposé l'existence d'une particule médiatrice de la force nucléaire
(la force qui lie les protons et les neutrons dans le noyau atomique).
Il a estimé sa masse à partir de la portée de cette force, et cette
masse correspondait approximativement à celle du méson pi découvert
par la suite. Bien que la force nucléaire fondamentale soit aujourd'hui
comprise comme une manifestation résiduelle de l'interaction forte entre
les quarks et les gluons à l'intérieur des nucléons, l'échange de mésons
reste un modèle efficace pour décrire l'interaction entre les nucléons
à basse énergie. Aujourd'hui, l'étude des mésons, en particulier ceux
contenant des quarks lourds (charmé et bottom), est essentielle pour tester
le Modèle Standard de la physique des particules, explorer la Chromodynamique
quantique (la théorie de l'interaction forte) et rechercher de nouvelles
physiques au-delà du Modèle
standard, notamment en étudiant les phénomènes de violation
CP.
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