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et le tournant décolonial |
| La
philosophie
de la libération, apparue en Amérique
latine à la fin des années 1960, constitue une critique radicale
de la tradition philosophique occidentale dominante, accusée d'avoir universalisé
des expériences européennes tout en invisibilisant les réalités des
peuples marginalisés. Des penseurs comme Enrique
Dussel, Leopoldo Zea ou Horacio Cerutti Guldberg
cherchent à élaborer une pensée située, ancrée dans l'expérience
historique et sociale de l'Amérique latine.
Au coeur de cette philosophie se trouve la notion de libération, entendue non seulement comme émancipation politique, mais aussi comme transformation des structures économiques, culturelles et épistémiques. Elle s'inscrit dans un dialogue étroit avec la théorie de la dépendance et avec des courants critiques comme le marxisme, tout en s'en distinguant par une attention particulière à la dimension éthique et à la reconnaissance de l'Autre. La libération implique ainsi une praxis, c'est-à -dire une articulation entre réflexion théorique et action concrète orientée vers la justice sociale. Un concept central est celui d'extériorité, développé notamment par Dussel. Il désigne la position des individus ou des peuples exclus du système dominant, qui ne sont pas reconnus comme sujets à part entière dans l'ordre mondial. La notion de totalité est également essentielle. Elle renvoie au système global (économique, politique et culturel) qui tend à intégrer ou à subordonner toutes les réalités à sa logique interne, souvent capitaliste et impérialiste. La philosophie de la libération remet en question l'idée selon laquelle l'histoire de la pensée occidentale représenterait une norme universelle. Elle propose de reconstruire l'histoire de la philosophie en intégrant les perspectives des peuples colonisés et en reconnaissant la pluralité des rationalités. Cette démarche s'inscrit dans une perspective décoloniale, qui vise à déconstruire les hiérarchies héritées de la colonisation, tant dans les savoirs que dans les institutions. La praxis de libération implique une responsabilité éthique envers les opprimés. Influencée par des penseurs comme Emmanuel Levinas, cette philosophie affirme que la rencontre avec le visage de l'Autre impose une obligation morale fondamentale. Toutefois, elle radicalise cette éthique en l'inscrivant dans des conditions matérielles concrètes : la faim, la pauvreté et la violence ne sont pas seulement des problèmes abstraits, mais des réalités qui exigent une transformation structurelle. La philosophie de la libération entretient également des liens étroits avec la théologie de la libération, notamment à travers des figures comme Gustavo Gutiérrez. Elle partage avec elle une option préférentielle pour les pauvres et une conception de la pensée comme engagement en faveur des opprimés. Toutefois, elle se distingue par son autonomie philosophique et par une volonté de s'adresser à un public plus large que celui des croyants. Cette philosophie propose aussi une redéfinition du rôle du philosophe. Celui-ci n'est plus un observateur neutre, mais un acteur engagé dans les luttes sociales. La production de savoir devient une activité située, traversée par des rapports de pouvoir, et orientée vers la transformation du monde. Cette conception remet en cause l'idéal d'objectivité absolue et valorise au contraire une pensée critique, consciente de ses conditions d'émergence et de ses implications politiques. Jalons historiques.
Les premières germes de cette pensĂ©e peuvent ĂŞtre retracĂ©es jusqu'aux dĂ©bats autour de la thĂ©ologie de la libĂ©ration, dont le thĂ©ologien pĂ©ruvien Gustavo GutiĂ©rrez est l'un des pères fondateurs avec son ouvrage de 1971, ThĂ©ologie de la libĂ©ration. Cette thĂ©ologie, nourrie du Concile Vatican II et des confĂ©rences Ă©piscopales de MedellĂn (1968), affirmait que Dieu opte prĂ©fĂ©rentiellement pour les pauvres, et que la foi chrĂ©tienne authentique exige un engagement pour la transformation sociale. Elle fournit ainsi un cadre Ă©thique et religieux sur lequel la philosophie de la libĂ©ration va s'appuyer tout en s'en distinguant, en cherchant Ă construire une rĂ©flexion philosophique rigoureuse et universalisable, non confessionnelle. C'est au tournant des annĂ©es 1970, en Argentine principalement, que la philosophie de la libĂ©ration prend une forme systĂ©matique. Un groupe de philosophes (parmi lesquels Enrique Dussel, Juan Carlos Scannone, Osvaldo Ardiles, Arturo AndrĂ©s Roig et Horacio Cerutti-Guldberg) se rĂ©unit autour d'une conviction commune : la philosophie occidentale, telle qu'elle s'est dĂ©veloppĂ©e depuis les Grecs jusqu'Ă Hegel et Heidegger, est fondamentalement eurocentriste. Elle parle de l'universel humain tout en dĂ©crivant, en rĂ©alitĂ©, l'expĂ©rience particulière de l'Europe. Pour philosopher authentiquement Ă partir de l'AmĂ©rique latine, il faut donc rompre avec cette prĂ©tention Ă l'universalitĂ© abstraite et partir de la rĂ©alitĂ© concrète du sous-continent : la pauvretĂ©, la colonisation, la dĂ©pendance, l'exclusion. Enrique Dussel devient rapidement la figure centrale et la plus prolixe de ce mouvement. Philosophe et historien argentin exilĂ© au Mexique après avoir Ă©tĂ© victime d'un attentat Ă la bombe en 1973 pour son engagement politique, il Ă©labore une oeuvre monumentale qui traverse la philosophie, l'histoire, la thĂ©ologie et l'Ă©conomie politique. Sa dĂ©marche est d'abord marquĂ©e par un long dialogue critique avec la phĂ©nomĂ©nologie et l'ontologie, notamment avec Heidegger, dont il retient l'idĂ©e que la philosophie doit partir d'une situation existentielle concrète, mais qu'il accuse d'ĂŞtre restĂ© enfermĂ© dans l'horizon de la totalitĂ© europĂ©enne. C'est dans sa rencontre avec Emmanuel Levinas que Dussel trouve l'outil conceptuel dĂ©cisif. Levinas avait opposĂ© Ă l'ontologie de Heidegger une Ă©thique fondamentale centrĂ©e sur la relation Ă l'Autre. Pour Levinas, l'autre humain se prĂ©sente Ă moi dans son visage avec une exigence Ă©thique irrĂ©ductible, antĂ©rieure Ă toute ontologie : "Tu ne tueras point". L'autre n'est pas un objet de ma connaissance ou de ma domination, mais une interpellation infinie qui me constitue comme sujet moral. Dussel s'approprie cette pensĂ©e en lui donnant une dimension gĂ©opolitique et historique que Levinas n'avait pas dĂ©veloppĂ©e. Si Levinas parle de l'Autre en termes abstraits, Dussel lui donne un visage concret : celui de l'Indien d'AmĂ©rique colonisĂ©, de l'esclave africain dĂ©portĂ©, du pauvre latino-amĂ©ricain structurellement exclu. L'Autre de Dussel n'est pas simplement l'alter ego phĂ©nomĂ©nologique, c'est l'exclu de la totalitĂ© du système-monde capitaliste et colonial. Cette reformulation donne naissance Ă deux concepts centraux de la philosophie de la libĂ©ration : la TotalitĂ© et l'ExtĂ©rioritĂ©, dont la tension structure une grande partie de son analyse. • La TotalitĂ© dĂ©signe le système constituĂ© par la modernitĂ© europĂ©enne, le capitalisme mondial, l'État-nation occidental, un système qui prĂ©tend englober tout le rĂ©el et Ă l'intĂ©rieur duquel les peuples opprimĂ©s n'ont pas de place ou n'y existent qu'en tant qu'objets, ressources, force de travail. La philosophie de la libĂ©ration critique cette totalitĂ© lorsqu'elle devient oppressive, et valorise au contraire les expĂ©riences qui Ă©chappent ou rĂ©sistent Ă cette logique.Cette orientation va de pair avec une critique radicale de la modernitĂ©. Pour Dussel, la modernitĂ© n'est pas simplement un projet philosophique europĂ©en qui aurait mal tournĂ©, ou qu'il faudrait complĂ©ter et parachever, comme le soutient par exemple JĂĽrgen Habermas. Elle est constitutive d'une logique de conquĂŞte et de domination. Sa date de naissance n'est pas 1789, la RĂ©volution française, ni mĂŞme 1517, la RĂ©forme, mais 1492, la conquĂŞte de l'AmĂ©rique. C'est avec la colonisation du Nouveau Monde que l'Europe se constitue comme centre du monde, et que commence ce que Dussel appelle le mythe de la modernitĂ© : la prĂ©tention europĂ©enne Ă ĂŞtre la civilisation la plus dĂ©veloppĂ©e, dont il dĂ©coulerait le "devoir" d'Ă©manciper les peuples arriĂ©rĂ©s, justifiant ainsi la violence coloniale au nom du progrès. Ce mythe cache la rĂ©alitĂ© : la modernitĂ© est construite sur le dos des peuples colonisĂ©s, sur l'exploitation de leurs ressources et de leur travail. Cette critique dĂ©bouche sur le concept de transmodernitĂ©, proposĂ© par Dussel en opposition Ă la postmodernitĂ©. LĂ oĂą les penseurs postmodernes europĂ©ens (Lyotard, Derrida, Foucault) critiquent les grands rĂ©cits de la modernitĂ© de l'intĂ©rieur, sans remettre en cause la centralitĂ© europĂ©enne, Dussel propose un dĂ©passement par le dehors : une transmodernitĂ© qui intègre les apports positifs de la modernitĂ© (la raison critique, les droits humains, la dĂ©mocratie) mais les refonde Ă partir de l'extĂ©rioritĂ© des cultures et des peuples marginalisĂ©s. Ce n'est pas un retour Ă un prĂ©moderne mythifiĂ©, mais une synthèse crĂ©atrice qui dĂ©passe la modernitĂ© en l'enrichissant des sagesses et des traditions des peuples exclus. Parallèlement Ă Dussel, mais avec des accents diffĂ©rents, d'autres penseurs contribuent Ă diversifier et Ă approfondir la philosophie de la libĂ©ration. Juan Carlos Scannone, jĂ©suite argentin, dĂ©veloppe une version plus ancrĂ©e dans la culture populaire et la tradition catholique latino-amĂ©ricaine, insistant sur la "sagesse du peuple" comme lieu thĂ©ologique et philosophique. Pour Scannone, la philosophie de la libĂ©ration ne peut pas ignorer les formes de vie, les symboles et les valeurs qui constituent l'identitĂ© profonde des peuples d'AmĂ©rique latine; elle doit s'alimenter de cette culture vivante plutĂ´t que de la seule analyse socio-Ă©conomique. Arturo AndrĂ©s Roig, de son cĂ´tĂ©, insiste sur la nĂ©cessitĂ© d'une histoire de la philosophie proprement latino-amĂ©ricaine, qui rĂ©vèle les penseurs et les traditions intellectuelles locales longtemps occultĂ©s par l'hĂ©gĂ©monie europĂ©enne. Horacio Cerutti-Guldberg introduit une critique interne importante en distinguant plusieurs courants au sein de la philosophie de la libĂ©ration elle-mĂŞme, et en mettant en garde contre ce qu'il appelle le "populisme" de certaines versions qui idĂ©alisent le peuple et sa culture sans analyse critique suffisante. Pour Cerutti, la philosophie de la libĂ©ration doit rester rigoureusement critique, y compris vis-Ă -vis de ses propres prĂ©supposĂ©s; elle ne peut pas se contenter d'opposer un peuple pur Ă des Ă©lites corrompues sans tomber dans une forme de romantisme politique qui finit par reproduire les oppressions qu'elle prĂ©tend combattre. Ă€ la mĂŞme Ă©poque, la philosophie de la libĂ©ration entre en dialogue, parfois tendu, avec la thĂ©orie de la dĂ©pendance dĂ©veloppĂ©e par des Ă©conomistes et sociologues comme AndrĂ© Gunder Frank, Fernando Henrique Cardoso et Enzo Faletto. Cette thĂ©orie soutient que le sous-dĂ©veloppement de l'AmĂ©rique latine n'est pas un retard par rapport aux pays du Nord, mais la consĂ©quence structurelle de leur intĂ©gration dans le système capitaliste mondial en tant qu'Ă©conomies pĂ©riphĂ©riques. Cette analyse renforce la philosophie de la libĂ©ration dans sa conviction que la domination est systĂ©mique et non accidentelle, mais elle pose aussi la question des acteurs du changement : qui peut et doit porter le projet de libĂ©ration? Le prolĂ©tariat industriel, les paysans, les indigènes, les femmes, ou une alliance de ces groupes? La question du sujet de la libĂ©ration est en effet l'une des plus dĂ©battues et des plus fĂ©condes au sein du mouvement. La philosophie de la libĂ©ration s'est longtemps appuyĂ©e sur une vision quelque peu homogène du "peuple" opprimĂ©, ce qui lui a valu des critiques de la part de penseurs attentifs aux diffĂ©rences internes Ă ce peuple. C'est dans ce contexte que va progressivement Ă©merger la pensĂ©e dĂ©coloniale, qui reprĂ©sente Ă la fois une continuation et un approfondissement de la philosophie de la libĂ©ration. Le
tournant décolonial et les autres courants.
Walter Mignolo, thĂ©oricien littĂ©raire argentin, dĂ©veloppe Ă partir de lĂ le concept de colonialitĂ© du savoir : les systèmes de connaissance europĂ©ens (les sciences, la philosophie, le droit, la littĂ©rature) ont Ă©tĂ© imposĂ©s aux peuples colonisĂ©s comme les seules formes lĂ©gitimes de savoir, effaçant ou marginalisant les Ă©pistĂ©mologies locales. La diffĂ©rence coloniale n'est pas seulement Ă©conomique ou politique, elle est Ă©pistĂ©mologique : certains savoirs comptent, d'autres non, et cette hiĂ©rarchie reproduit les rapports de domination. La rĂ©ponse de Mignolo est la pensĂ©e frontière (pensamiento fronterizo), une forme de rĂ©flexion qui se situe Ă la frontière entre les Ă©pistĂ©mologies dominantes et les savoirs subalternes, tirant parti des deux sans se soumettre Ă aucun. MarĂa Lugones, quant Ă elle, introduit la colonialitĂ© du genre, montrant que le système de genre binaire imposĂ© par la colonisation a dĂ©truit des formes d'organisation sociale indigènes plus fluides et complexes, et qu'une vĂ©ritable dĂ©colonialitĂ© doit aussi ĂŞtre un fĂ©minisme qui prend en compte l'intersection de la couleur de la peau, du genre et de la classe. Ce tournant dĂ©colonial entretient des relations complexes avec la philosophie de la libĂ©ration originelle. D'un cĂ´tĂ©, il en est l'hĂ©ritier direct : mĂŞme attention aux marges, mĂŞme critique de l'eurocentrisme, mĂŞme volontĂ© de penser Ă partir des exclus. De l'autre, il lui reproche parfois de rester trop attachĂ©e aux catĂ©gories philosophiques europĂ©ennes (mĂŞme quand elle les critique) et de ne pas prendre suffisamment au sĂ©rieux la dimension raciale et Ă©pistĂ©mologique de la domination. Dussel lui-mĂŞme a engagĂ© un long dialogue avec ces penseurs, reconnaissant leurs apports tout en maintenant ses propres catĂ©gories. En parallèle, d'autres courants ont alimentĂ© et renouvelĂ© la philosophie de la libĂ©ration. Le fĂ©minisme latino-amĂ©ricain et les thĂ©ories du care ont interrogĂ© la quasi-absence des femmes dans les premiers textes fondateurs, oĂą le sujet opprimĂ© tend Ă ĂŞtre implicitement masculin. Des philosophes comme Ofelia Schutte ont montrĂ© comment la philosophie de la libĂ©ration a souvent reproduit les angles morts du machisme ambiant, et ont proposĂ© une reformulation fĂ©ministe qui prend au sĂ©rieux les formes spĂ©cifiques d'oppression vĂ©cues par les femmes latinos. Les philosophies indigènes, longtemps considĂ©rĂ©es comme des rĂ©servoirs de sagesse Ă rĂ©cupĂ©rer plutĂ´t que comme des interlocutrices Ă part entière, ont Ă©galement pris leur place dans le dĂ©bat, avec des penseurs comme Rodolfo Kusch qui avaient dĂ©jĂ tentĂ©, dès les annĂ©es 1960-1970, de construire une anthropologie philosophique Ă partir de la pensĂ©e indigène andine. L'influence de la philosophie de la libĂ©ration s'est Ă©galement Ă©tendue au-delĂ de l'AmĂ©rique latine. Elle a nourri les Ă©tudes postcoloniales anglophones, en dialogue avec des penseurs comme Edward Said (dont l'Orientalisme (1978) partage avec elle la critique de la construction europĂ©enne de l'Autre), Homi Bhabha et Gayatri Spivak. Elle a influencĂ© les thĂ©ologies africaines de la libĂ©ration, les mouvements de rĂ©sistance palestiniens, et les dĂ©bats sur la dĂ©colonisation dans les universitĂ©s du monde entier. Dans les annĂ©es 2000 et 2010, elle a Ă©galement trouvĂ© un Ă©cho dans les mouvements altermondialistes et dans les dĂ©bats autour du buen vivir, cette conception du bien-vivre issue des traditions indigènes andiennes qui propose une alternative au dĂ©veloppementalisme dominant. La philosophie de la libĂ©ration a aussi menĂ© un dialogue soutenu avec la tradition marxiste, dont elle partage le souci d'analyser les structures Ă©conomiques de la domination. Dussel a consacrĂ© une part importante de son oeuvre Ă une lecture approfondie et critique de Marx, notamment dans Hacia un Marx desconocido (Vers un Marx inconnu) et dans les volumes de son Éthique de la libĂ©ration. Il y montre que Marx lui-mĂŞme avait perçu certaines dimensions de la domination coloniale que ses disciples ont souvent occultĂ©es, et il tente de construire une Ă©thique Ă©conomique Ă partir de la centralitĂ© du travail vivant, celui du travailleur dont la force de vie est extraite par le système capitaliste. Mais il critique aussi le marxisme eurocentriste pour n'avoir pas su penser la spĂ©cificitĂ© de la domination coloniale et raciste. Aujourd'hui, la philosophie de la libĂ©ration continue de se dĂ©velopper dans une pluralitĂ© de directions. La question Ă©cologique est devenue centrale : comment articuler la libĂ©ration humaine avec la libĂ©ration de la nature, dans des contextes oĂą les peuples indigènes sont souvent les premiers Ă dĂ©fendre leurs territoires contre l'extractivisme? Le dialogue avec les cosmovisions indigènes, oĂą la nature n'est pas un objet mais un sujet de relations, ouvre des perspectives nouvelles pour penser une Ă©thique environnementale radicale. La question des migrations et des frontières, dans un monde oĂą les mobilitĂ©s humaines reproduisent et intensifient les inĂ©galitĂ©s nord-sud, offre Ă©galement un terrain d'application et de renouveau pour les concepts de la philosophie de la libĂ©ration. |
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