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L'Andhra
Pradesh est un État du sud-est de l'Inde .
Il est bordé par le Telangana au nord-ouest,
le Chhattisgarh au nord, l'Odisha
au nord-est, le Tamil Nadu au sud et le
Karnataka à l'ouest, il possède une longue
façade maritime de près de 974 kilomètres sur le golfe
du Bengale, ce qui en fait l'un des États côtiers les plus importants
du pays.
L'intérieur des
terres est principalement occupé par le plateau du Deccan, constitué
de roches anciennes et de formations basaltiques. Ce plateau
s'élève graduellement vers l'ouest et présente des altitudes variant
entre 300 et 900 mètres. Il est entrecoupé par des collines appartenant
aux chaînes des Ghâts orientaux, qui traversent l'État du nord-est au
sud. Ces montagnes, bien que moins élevées que les Ghâts occidentaux,
forment une barrière naturelle entre le plateau intérieur et la plaine
côtière.
Les plaines
côtières, formées principalement par les alluvions
récentes déposées par les grands fleuves, sont très fertiles. Elles
s'étendent depuis le piémont des Ghâts orientaux jusqu'au littoral.
Ces zones abritent les bassins du Krishna, du Godavari et de la Penna,
trois fleuves majeurs qui jouent un rĂ´le important
dans l'économie régionale. Le delta du Godavari,
notamment, est une des régions les plus densément peuplées et cultivées
de l'État.
Le Krishna et le
Godavari prennent leur source dans l'État du Maharashtra
et traversent des centaines de kilomètres avant de se jeter dans le golfe
du Bengale. Leurs bassins sont ponctués de barrages majeurs, dont le barrage
de Nagarjuna Sagar sur le Krishna et le barrage de Polavaram sur le Godavari,
tous deux impliqués pour la production d'électricité et l'irrigation.
La rivière Penna, qui coule dans le sud de l'État, a un débit plus modeste
mais joue un rôle clé dans l'approvisionnement en eau du district de
Nellore.
L'Andhra Pradesh
est aussi riche en ressources naturelles. Le sous-sol du plateau du Deccan
renferme des réserves importantes de bauxite, de calcaire, de charbon
et de granit. Les plaines fertiles produisent du riz, du coton, du tabac,
des arachides et des mangues en abondance. Le littoral favorise la pĂŞche
et l'aquaculture, notamment la culture de crevettes, qui constituent une
part significative des exportations de l'État.
Le climat
est principalement tropical, chaud et humide sur la cĂ´te, et plus sec
à l'intérieur. On distingue trois grandes saisons : un été chaud de
mars à juin, une mousson entre juin et septembre avec des précipitations
abondantes, et une saison plus fraîche et sèche d'octobre à février.
Les zones côtières sont régulièrement touchées par des cyclones tropicaux,
en particulier durant l'automne, causant des dégâts importants aux cultures
et aux infrastructures.
Les écosystèmes
varient selon les zones géographiques : forêts sèches à feuilles caduques
sur les collines, mangroves dans les deltas
fluviaux, et zones humides le long des littoraux.
Le sanctuaire de la mangrove de Coringa, près de Kakinada, est un exemple
de conservation côtière importante, abritant des espèces comme le python
réticulé, le macaque crabier et divers oiseaux migrateurs.
L'Andhra Pradesh
est exposé à divers risques naturels : cyclones, sécheresses dans les
zones intérieures, et inondations dans les deltas. Ces contraintes environnementales
influencent les politiques d'aménagement du territoire, la planification
agricole et les infrastructures de résilience.
La géographie humaine
est caractérisée par une dichotomie entre les zones rurales, majoritairement
agricoles, et les centres urbains en pleine expansion. Amaravati, la capitale
en développement, est située sur la rive sud du Krishna. Elle remplace
progressivement Hyderabad comme siège
administratif pour l'Andhra Pradesh depuis la réorganisation de 2014.
D'autres villes importantes comme Visakhapatnam, Vijayawada, Guntur et
Tirupati sont des pôles économiques et industriels dynamiques, bénéficiant
d'un bon accès au réseau de transport et à la mer.
Quelques-unes
des principales villes de l'Andhra Pradesh
| •
Visakhapatnam
est la plus grande ville de l'Andhra Pradesh, située sur la côte du golfe
du Bengale. Elle est un centre industriel, portuaire et naval majeur, surnommée
la "ville d'acier" en raison de la présence de la Vishakhapatnam Steel
Plant. Elle abrite également l'un des ports les plus actifs de l'Inde,
gérant un large volume de marchandises, notamment des minerais de fer,
du charbon et des produits pétroliers. Outre son importance économique,
la ville est un pôle universitaire avec des institutions renommées telles
que l'université d'Andhra et l'Institut national de technologie. Elle
connaît un essor dans les secteurs du numérique, de la finance et du
tourisme, avec des sites comme la plage de Ramakrishna, le sous-marin-musée
Kursura et la colline de Kailasagiri.
• Vijayawada,
située sur les rives du fleuve Krishna, est un important centre de transport,
de commerce et de culture. Elle est connectée par voie routière, ferroviaire
et fluviale, et joue un rôle stratégique dans le corridor économique
entre Chennai, Bengaluru et Hyderabad. Le barrage de Prakasam, qui régule
le débit du fleuve Krishna, a permis une irrigation extensive dans la
région du delta, faisant de Vijayawada un centre agro-industriel majeur.
C'est aussi un centre éducatif et religieux, connu pour le temple de Kanaka
Durga sur la colline Indrakeeladri. Son expansion rapide et sa proximité
avec Amaravati en font une ville clé pour le développement futur de la
région.
• Guntur,
voisine immédiate de Vijayawada, est réputée pour son agriculture florissante,
notamment la production de piments rouges, de coton, de tabac et de riz.
Elle est également un centre administratif et commercial dynamique. Son
tissu urbain s'est fortement développé dans les deux dernières décennies,
en partie grâce à sa connexion avec la capitale projetée, Amaravati.
La ville joue un rôle important dans les domaines de l'éducation, de
la médecine et des services gouvernementaux. Elle est souvent considérée
comme un centre politique influent, avec une forte présence de partis
et de mouvements régionaux.
• Tirupati,
dans la partie sud de l'État, est surtout connue pour son importance religieuse.
Le temple de Venkateswara, situé sur les collines de Tirumala, est l'un
des lieux de pèlerinage hindous les plus visités au monde, attirant des
millions de fidèles chaque année. La ville, bien que fondée sur des
bases religieuses, est aujourd'hui en plein développement urbain, avec
des infrastructures modernes, des établissements d'enseignement supérieur
comme l'université Sri Venkateswara et une croissance dans le secteur
des services. Elle possède un aéroport international en expansion, favorisant
le tourisme et la connectivité. |
•
Kakinada,
située sur la côte est, est un centre économique en rapide croissance.
Elle possède un port en eau profonde qui favorise les échanges commerciaux
et l'import-export. La ville est aussi un pôle pour l'industrie pétrochimique,
avec la raffinerie d'ONGC et plusieurs zones industrielles spécialisées.
La présence d'instituts techniques et d'universités attire une population
étudiante importante. Le développement du corridor industriel Visakhapatnam–Chennai
devrait encore renforcer son rôle stratégique.
• Rajahmundry,
aujourd'hui renommée Rajamahendravaram, est l'une des plus anciennes villes
de l'État, située sur les rives du fleuve Godavari. Elle est un centre
culturel, littéraire et religieux important, avec un riche passé lié
à la langue télougoue. C'est aussi une ville agricole et commerciale,
connue pour son rôle dans la distribution de produits cultivés dans le
delta du Godavari. La ville est desservie par un réseau ferroviaire dense
et possède l'un des plus longs ponts ferroviaires fluviaux de l'Inde,
le pont Godavari.
• Nellore,
proche de la frontière avec le Tamil Nadu, se distingue par son agriculture
irriguée, notamment le riz, les fruits de mer et l'aquaculture. Elle est
aussi un centre commercial et culturel régional. Grâce à sa proximité
avec la côte, Nellore a connu un développement de l'industrie de transformation
du poisson et de la crevette, avec une forte orientation exportatrice.
Elle dispose également d'un héritage historique ancien, lié aux dynasties
Pallava et Chola.
• Kadapa,
située à l'intérieur des terres dans la région du Rayalaseema, est
connue pour ses ressources minérales, en particulier le calcaire, la barytine
et l'uranium. C'est un centre industriel en développement, avec une importance
croissante dans les projets d'infrastructure, notamment la future zone
économique spéciale de la région. Historiquement, Kadapa est aussi le
point d'entrée vers les collines de Tirumala, ce qui lui donne une signification
religieuse secondaire.
• Anantapur
est l'une des plus grandes villes du plateau du Deccan dans l'ouest de
l'État. Elle est sujette à une aridité prononcée, mais constitue un
centre important pour l'agriculture sèche, l'éducation et la technologie.
L'université Sri Krishnadevaraya y est un établissement de renom. Elle
bénéficie également d'un développement industriel croissant, notamment
dans les énergies renouvelables avec des parcs solaires et éoliens.
• Kurnool,
anciennement capitale de l'Andhra entre 1953 et 1956, est une ville historique
et administrative majeure. Elle est bien connectée et connue pour ses
structures anciennes comme la forteresse de Konda Reddy et les temples
médiévaux. Elle joue un rôle pivot dans la région de Rayalaseema et
constitue un noeud de transport entre le nord et le sud de l'État. |
Histoire de l'Andhra
Pradesh.
L'histoire de l'Andhra
Prades remonte à la préhistoire, comme
en témoignent les sites mégalithiques de Nagarjunakonda, Kurnool et Guntupalli.
Dès le IIIe siècle av. JC, la région
était intégrée à l'empire Maurya sous Ashoka,
qui y encouragea la diffusion du bouddhisme.
Plusieurs inscriptions en Brahmi retrouvées dans la vallée du Krishna
attestent de cette présence, tout comme les vestiges de stūpas et monastères
bouddhiques.
Après l'effondrement
des Mauryas, les Satavahanas établirent leur
pouvoir dans la région à partir du Ier
siècle av. JC jusqu'au IIIe siècle ap.
JC. Leur capitale était probablement située à Amaravati. Ils ont favorisé
un syncrétisme culturel, promouvant l'art, la littérature en sanscrit
et en prakrit, et surtout le commerce maritime avec Rome
et l'Asie du Sud-Est. L'école d'art Amaravati,
avec ses bas-reliefs raffinés en stuc et en pierre calcaire, est un jalon
fondamental de l'art bouddhique indien.
Après la chute des
Satavahanas, divers petits royaumes et dynasties régionales se sont partagé
le territoire, comme les Ikshvakus, les Vishnukundins, puis les Chalukyas
orientaux. À partir du IXe siècle, ces
derniers établirent un centre de pouvoir dans le delta du Godavari. La
culture télougou s'affirme à cette époque, avec des inscriptions de
plus en plus nombreuses dans cette langue dravidienne. La première oeuvre
littéraire en télougou, le Mahabharatamu de Nannaya, date du XIe
siècle et fut composée à la cour des Chalukyas.
Le royaume Kakatiya,
fondé à Warangal au XIIe siècle, joue
un rôle politique central dans la consolidation d'un État télougou.
Sous leur règne, l'irrigation se développe à travers la construction
de réservoirs d'eau (tankas), et l'administration devient plus
structurée. Toutefois, le royaume est renversé en 1323 par les armées
du sultanat de Delhi, provoquant une période
d'instabilité.
Le déclin du sultanat
permet l'émergence de l'Empire de Vijayanagara, fondé en 1336. Bien que
sa capitale se trouvât à Hampi (aujourd'hui au Karnataka), il contrôlait
une grande partie de l'Andhra actuelle. La période vijayanagara est considérée
comme un âge d'or culturel, caractérisé par l'essor de la littérature
télougoue, la construction de temples monumentaux, et le développement
du commerce avec les puissances européennes. La bataille de Talikota en
1565 marque la chute de Vijayanagara, après laquelle les régions andhra
passent progressivement sous domination musulmane.
Les Qutb Shahi de
Golconde puis les Moghols prennent le contrĂ´le
des plaines de la côte Est. À partir du XVIIe
siècle, les Français et les Britanniques s'implantent sur le littoral,
notamment à Machilipatnam, une ville portuaire prospère. Après la défaite
des Français à la fin du XVIIIe siècle,
les Britanniques consolident leur domination sur la région, intégrant
l'Andhra dans la présidence de Madras. Cette
période voit aussi des révoltes locales, comme celle de Veerapandiya
Kattabomman ou la résistance paysanne contre les zamindars.
Le mouvement pour
l'indépendance nationale trouve un écho important en Andhra Pradesh.
Des figures comme Alluri Sitarama Raju, qui mena une guérilla contre les
Britanniques dans les forĂŞts de l'est entre 1922 et 1924, sont devenues
des héros populaires. Le mouvement linguistique pour la reconnaissance
du télougou prend une importance majeure après l'indépendance de l'Inde
en 1947.
L'État d'Andhra
est formé en 1953, séparé de la présidence de Madras, avec Kurnool
comme capitale. En 1956, après la réorganisation des États sur une base
linguistique, il fusionne avec la région télougoue de l'ancien État
princier d'Hyderabad pour former l'Andhra Pradesh. Hyderabad
devient alors la capitale.
Au XXIe
siècle, la question du développement déséquilibré entre Telangana
et la côte andhra mène à un mouvement séparatiste croissant. Après
des décennies de revendications, l'État du Telangana est officiellement
créé en 2014, divisant l'ancien Andhra Pradesh. Hyderabad devient capitale
commune pendant une période transitoire, tandis qu'une nouvelle capitale,
Amaravati, est prévue pour l'Andhra Pradesh résiduel.
Principaux sites
archéologiques et historiques de l'Andhra Pradesh
| •
Amaravati
est un site bouddhique majeur situé près de la rivière Krishna. Il fut
un grand centre de sculpture et de pèlerinage entre le IIe
siècle av. JC et le IIIe siècle ap. JC.
Le stūpa d'Amaravati, aujourd'hui en ruine, était l'un des plus grands
du sous-continent. Les bas-reliefs en calcaire de l'école d'Amaravati
illustrent des scènes de la vie du Bouddha avec
une finesse stylistique qui influencera toute l'Asie du Sud-Est.
• Nagarjunakonda,
dans le district de Palnadu, est un autre site bouddhique important. Il
fut un centre monastique florissant sous les Ikshvakus, vers le IIIe
siècle ap. JC. Le site se trouve aujourd'hui sur une île artificielle
formée par le barrage de Nagarjuna Sagar. Il a livré des vestiges de
monastères, de stupas, d'inscriptions et d'art décoratif bouddhique,
brahmanique et jaina, reflétant le cosmopolitisme religieux de l'époque.
• Lepakshi,
situé dans le district d'Anantapur, est célèbre pour son temple Veerabhadra
datant du XVIe siècle, construit sous
le règne des rois Vijayanagara. Le temple est réputé pour ses fresques
murales bien conservées, représentant des scènes du Ramayana,
et pour son architecture dravidienne richement sculptée. L'un de ses piliers
est célèbre pour ne pas toucher le sol, constituant un exploit technique
encore débattu par les experts.
• Kondapalli,
à proximité de Vijayawada, comprend une forteresse du XIVe
siècle bâtie par les rois Reddy. Ce fort fut plus tard utilisé par les
Qutb Shahi et les Britanniques. Construit en granit sur une colline escarpée,
il surplombe une vaste zone forestière et offre une vue stratégique sur
la plaine du Krishna. Kondapalli est également connu pour ses jouets traditionnels
en bois, un artisanat ancien toujours pratiqué.
• Bhattiprolu,
dans le delta du Godavari, est l'un des plus anciens témoignages de l'écriture
en Brahmi dans le sud de l'Inde, datant du IIIe
siècle av. JC. On y a trouvé un stūpa et |
des
urnes funéraires contenant des reliques bouddhiques. Ces découvertes
suggèrent une implantation ancienne du bouddhisme et un haut niveau de
développement culturel.
• Warangal,
bien que désormais au Telangana, faisait historiquement partie de la région
culturelle des Andhra. Son héritage se retrouve dans les vestiges du royaume
Kakatiya, comme les portes sculptées du fort de Warangal et le temple
de Ramappa, récemment inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.
Ce dernier est remarquable par son usage de briques légères flottantes
et son plan architectural innovant.
• Kandanavolu,
dans la région de Kurnool, est un site mégalithique qui présente des
dolmens,
des cercles de pierres et des structures funéraires datant de l'âge
du fer, soulignant la continuité de l'occupation humaine depuis la
préhistoire. Ces vestiges sont souvent négligés mais constituent une
part essentielle de l'archéologie andhraïque.
• Undavalli,
près de Vijayawada, présente un ensemble de grottes taillées dans la
roche datant du VIIe siècle. Ces grottes,
de style Gupta tardif, montrent des influences
bouddhistes puis hindoues, avec notamment une immense statue de Vishnu
couché sculptée dans un seul bloc de granit. Elles offrent un exemple
précieux de transition religieuse et artistique dans le sud de l'Inde.
• Le fort de
Gooty, situé sur une colline escarpée dans le district d'Anantapur,
est une forteresse militaire construite à l'époque des Chalukyas, puis
agrandie par les sultans de Bijapur et les Britanniques. Il présente un
système défensif élaboré, avec des bastions, des réservoirs d'eau,
et une vue stratégique sur la région de Rayalaseema.
• Chandragiri
est une ville historique proche de Tirupati, qui fut une des capitales
secondaires de l'Empire Vijayanagara. Elle conserve un palais construit
en granit et mortier de chaux, désormais transformé en musée. Le site
offre une plongée dans l'organisation politique, administrative et militaire
de cette puissante dynastie du sud. |
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