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| La physique |
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| L'analyse
dimentionnelle est une méthode utilisée
pour vérifier et déduire les relations entre les différentes grandeurs
physiques impliquées dans un phénomÚne,
en se basant sur les dimensions des quantités. L'analyse dimensionnelle
repose sur le principe que les Ă©quations physiques doivent ĂȘtre cohĂ©rentes
en termes de dimensions. Cela signifie que les termes d'une équation doivent
avoir les mĂȘmes dimensions des deux cĂŽtĂ©s de l'Ă©quation pour qu'elle
soit correcte.
Cette approche peut ĂȘtre utilisĂ©e pour vĂ©rifier la validitĂ© d'une formule existante ou pour dĂ©duire de nouvelles formules. Si une relation dimensionnelle n'est pas satisfaite, cela signifie qu'il y a une incohĂ©rence dans les unitĂ©s utilisĂ©es. L'analyse dimensionnelle est utile pour Ă©viter les erreurs dans les calculs et pour obtenir des indications sur les relations entre diffĂ©rentes grandeurs physiques. Cependant, elle ne fournit pas toujours des constantes numĂ©riques exactes et ne tient pas compte des facteurs sans dimensions (coefficients adimensionnels) qui peuvent ĂȘtre prĂ©sents dans certaines Ă©quations. Dimensions et
unités. Notions de base.
âą Dimension : nature physique d'une grandeur (longueur, masse, temps, etc.). Elle est indĂ©pendante du systĂšme d'unitĂ©s.Une grandeur physique X s'exprime comme le produit d'une valeur numĂ©rique et d'une unitĂ©, et sa dimension est notĂ©e entre crochets [X]. Par exemple, la vitesse a pour dimension [L Tâ»Âč], quelle que soit l'unitĂ© choisie (m/s, km/h, noeudsâŠ). Les dimensions fondamentales les plus courantes en mĂ©canique sont : D'autres systĂšmes de dimensions fondamentales existent (par exemple, force F, longueur L, temps T), mais le systĂšme MLT est le plus universel. Exemples de dimensions dĂ©rivĂ©es : Vitesse : [v]=LâTâ1Principe d'homogĂ©nĂ©itĂ© dimensionnelle. Toute Ă©quation physiquement valide est homogĂšne : une loi physique ne peut mettre en relation que des grandeurs ayant la mĂȘme dimension dans chaque terme. Autrement dit, une Ă©quation comme A + B = C n'a de sens que si [A] = [B] = [C]. âą Les opĂ©rations mathĂ©matiques telles que l'addition, la soustraction, la multiplication et la division doivent ainsi ĂȘtre cohĂ©rentes au niveau des dimensions. Par exemple, on ne peut pas additionner une longueur avec une masse, car elles ont des dimensions diffĂ©rentes. En examinant les dimensions des termes dans une Ă©quation physique, on peut dĂ©duire des relations entre diffĂ©rentes grandeurs. Par exemple, si on a une Ă©quation F = mC'est la rĂšgle d'or de l'analyse dimensionnelle. Elle permet de dĂ©tecter des erreurs dans un calcul ou une formule (une Ă©quation inhomogĂšne est forcĂ©ment fausse), mais il ne permet pas de prouver qu'une formule est juste (une formule homogĂšne peut ĂȘtre fausse Ă un facteur numĂ©rique prĂšs). Ce principe permet de dĂ©tecter rapidement des erreurs dans les formules et sert de base Ă la construction de relations inconnues. MĂ©thode de Rayleigh.
ThéorÚme de
Buckingham (Π-théorÚme).
âą ĂnoncĂ© : Si une relation physique implique nn grandeurs Q1, Q2, âŠ,Qnâ reliĂ©es par f(Q1, Q2, âŠ, Qn) = 0 et si ces grandeurs font intervenir k dimensions fondamentales (indĂ©pendantes), alors il existe une relation Ă©quivalente entre p=nâk groupements sans dimension Î 1, Î 2,âŠ,Î p : F(Î 1,Î 2, âŠ,Î p) = 0.Chaque groupement Î est un produit des grandeurs d'origine Ă©levĂ©es Ă des puissances choisies pour Ă©liminer toute dimension. Mise en oeuvre
pratique (procédure systématique).
Exemple : pour la force de traĂźnĂ©e F sur une sphĂšre en Ă©coulement : F, Ï, V, D, ÎŒ.2) Exprimer leurs dimensions dans le systĂšme de base choisi (M, L, T) : [F]=MLTâ2,â â[Ï]=MLâ3,â â[V]=LTâ1,â â[D]=L,â â[ÎŒ]=MLâ1Tâ1.3) DĂ©terminer le nombre de dimensions fondamentales k (en gĂ©nĂ©ral 3 : M, L, T pour la mĂ©canique). Ici n=5, k=3 â p=2 groupements Î .4) Choisir k grandeurs de rĂ©fĂ©rence (rĂ©pĂ©titives) qui contiennent Ă elles seules toutes les dimensions fondamentales, et qui ne forment pas entre elles un groupement sans dimension. Dans notre exemple, on prend souvent la masse volumique Ï, la vitesse V et le diamĂštre D car : Ï introduit la masse, V introduit le temps, D complĂšte la longueur.5) Construire chaque groupement Î en multipliant les grandeurs de rĂ©fĂ©rence Ă©levĂ©es Ă des exposants inconnus par l'une des grandeurs restantes : Î 1=FâÏaVbDc, [Î 1]=1. On rĂ©sout : [F][Ï]a[V]b[D]c = (MLTâ2)(MLâ3)a(LTâ1)b(L)c = M1+aL1â3a+b+cTâ2âb=M0L0T0.Ce qui donne a=â1, b=â2, c=â2. D'oĂč le coefficient de pression dynamique : Î 1 = F/'ÏV2D2) (souvent noteË CDÏ/8).Second groupement avec ÎŒ : Î 2 = ÎŒâÏaVbDcâ âââ âa=â1,â âb=â1,â âc=â1â âââ âÎ 2 = ÎŒ/(ÏVD) = 1/Re. (NB : Re est le nombre de Reynolds : il condense 4 variables (densitĂ©, vitesse, longueur, viscositĂ©) en un seul nombre sans dimension qui caractĂ©rise le rĂ©gime d'Ă©coulement)).6) Ăcrire la relation finale F(Î 1,Î 2)=0, soit par exemple Î 1 = g(Î 2) ou encore CD = f(Re) avec Re = ÏVD/ÎŒ.Deux autres exemples classiques. PĂ©riode d'un pendule simple. Variables : T (pĂ©riode), l (longueur), g (accĂ©lĂ©ration de la pesanteur), m (masse). n=4, k=3 (M, L, T) â 1 groupement Î . On trouve Î 1=T2g/l = constante, donc T=Câ(l/g)â. La masse n'intervient pas. Perte
de charge dans une conduite.
Limites et précautions.
Elle ne fournit pas la fonction mathĂ©matique exacte. L'analyse dimensionnelle donne la forme des groupements sans dimension, mais pas la relation F(Î 1, âŠ, Î p) = 0; celle-ci doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par la thĂ©orie ou l'expĂ©rience. Omettre une grandeur importante ou en inclure une non pertinente fausse le rĂ©sultat. Le nombre de groupements sans dimension dĂ©pend directement de la liste des variables retenues. Par exemple, ne pas inclure g dans l'Ă©tude de la traĂźnĂ©e d'un avion est correct si l'on nĂ©glige les effets de gravitĂ©, mais cela exclut la similitude de Froude. Si des grandeurs sont dimensionnellement dĂ©pendantes, k effectif peut ĂȘtre infĂ©rieur au nombre de dimensions fondamentales, augmentant le nombre de Î . Dans certains domaines
(mécanique quantique, relativité), les constantes fondamentales La méthode est purement formelle; elle n'indique pas le sens de la relation causale. Analyse dimensionnelle
orientée et AlgÚbre des dimensions.
L'analyse dimensionnelle classique repose, on l'a vu, sur l'idĂ©e que toute grandeur physique peut s'exprimer comme un monĂŽme de grandeurs fondamentales, gĂ©nĂ©ralement la longueur L, la masse M, le temps T, l'intensitĂ© Ă©lectrique I, etc. Une Ă©quation physique Ă©tant homogĂšne, ses termes possĂšdent tous la mĂȘme dimension. Ce principe, combinĂ© Ă la structure multiplicative des dimensions, permet de rĂ©duire le nombre de variables d'un problĂšme via le thĂ©orĂšme de Vaschy-Buckingham. Toutefois, l'approche classique efface les informations d'orientation spatiale : une longueur horizontale et une longueur verticale sont identifiĂ©es Ă la mĂȘme dimension L. L'analyse dimensionnelle orientĂ©e ainsi que la notion de dimensions vectorielles dĂ©passent cette limite en introduisant des dimensions qui portent une information directionnelle. L'idĂ©e d'attacher une orientation aux dimensions remonte notamment aux travaux de Huntley, qui proposa d'Ă©clater la dimension L en plusieurs dimensions distinctes selon les axes d'un repĂšre : Lx, Ly, Lz. Ainsi, une longueur mesurĂ©e selon x possĂšde la dimension Lx, une surface dans le plan xy possĂšde la dimension Lx Ly, et un volume la dimension Lx Ly Lz. La vitesse vx a alors la dimension Lx T{-1}, tandis que vy est en Ly T{-1}; ces deux composantes ne peuvent ĂȘtre additionnĂ©es algĂ©briquement car leurs dimensions diffĂšrent, ce qui reflĂšte leur indĂ©pendance vectorielle. L'avantage immĂ©diat est que le nombre de grandeurs fondamentales augmente (souvent de 3 Ă 5 si l'on distingue les trois directions et que le problĂšme possĂšde une symĂ©trie rĂ©duite), ce qui rĂ©duit d'autant le nombre de groupements sans dimension prĂ©dits par le thĂ©orĂšme de Buckingham. Par exemple, dans l'Ă©tude de la portĂ©e d'un projectile, la distinction entre hauteur (Ly) et distance horizontale (Lx) fait passer le nombre de paramĂštres adimensionnels de 2 Ă 1, forçant une loi de proportionnalitĂ© plus contraignante. L'introduction des
dimensions vectorielles ne se limite pas à un simple étiquetage axial.
Siano a développé une analyse dimensionnelle orientée plus profonde
en attribuant aux angles et aux orientations une véritable algÚbre dimensionnelle.
Il introduit des "symboles d'orientation" comme 1x,
1y, 1z, qui ne possĂšdent pas
de magnitude de longueur mais uniquement une direction. Une grandeur scalaire
comme une énergie (travail d'une force) est représentée par 10
(pas d'orientation), tandis qu'un couple (produit vectoriel d'une force
et d'un bras de levier) porte l'orientation perpendiculaire au plan, par
exemple 1z pour un couple dans le plan xy. Cela permet
de distinguer dimensionnellement des grandeurs qui ont les mĂȘmes exposants
L, M, T mais des caractÚres vectoriels différents (pseudoscalaires, vecteurs
axiaux, etc.). Les angles apparaissent alors comme le rapport de deux longueurs
d'orientations différentes : un angle dans le plan xy a la dimension 1y/1x
= 1y L'algĂšbre d'orientations
est celle d'un groupe abélien libre engendré par les trois orientations
de base, et les dimensions vectorielles complĂštes sont le produit tensoriel
des dimensions classiques (L, M, TâŠ) et de cette algĂšbre d'orientation.
Ainsi, une grandeur possÚde une dimension orientée complÚte, par exemple
[vitesse angulaire] = T{-1} L'algĂšbre des dimensions, qu'elle soit scalaire ou orientĂ©e, est l'ossature du thĂ©orĂšme de Vaschy-Buckingham. Ce thĂ©orĂšme stipule que tout problĂšme physique dĂ©crit par n variables liĂ©es par une relation dimensionnellement homogĂšne peut ĂȘtre reformulĂ© comme une relation entre p = n â k groupements sans dimension (les « Ï Â»), oĂč k est le rang de la matrice dimensionnelle, c'est-Ă -dire le nombre de dimensions fondamentales indĂ©pendantes nĂ©cessaires pour dĂ©crire les n grandeurs. AlgĂ©briquement,
les dimensions forment un espace vectoriel sur L'analyse orientĂ©e Ă©largit simplement l'espace vectoriel des dimensions. En incluant des dimensions directionnelles (Lx, Ly, Lz au lieu de L, ou les symboles d'orientation), le rang k augmente, ce qui peut diminuer p. Cela se traduit souvent par une rĂ©duction du nombre de paramĂštres adimensionnels et donc une contrainte plus forte sur la forme de la loi physique. Le thĂ©orĂšme de Buckingham conserve toute sa validitĂ© : le nombre de Ï est toujours n â rang(M), oĂč M est la matrice dimensionnelle Ă©tendue. Il faut cependant rester attentif Ă la physique du problĂšme pour attribuer correctement les dimensions orientĂ©es; une erreur d'assignation conduit Ă des contraintes fausses. L'analyse dimensionnelle orientĂ©e et les dimensions vectorielles raffinent ainsi la cĂ©lĂšbre mĂ©thode en exploitant les symĂ©tries (ou les brisures de symĂ©trie) spatiales du systĂšme, rĂ©vĂ©lant une information que l'algĂšbre purement scalaire des dimensions masquait. |
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