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Le
génotype
est l'ensemble de l'information génétique,
ou plus précisément la composition allélique, d'un individu. C'est la
carte d'identité génétique héritée de ses parents, une séquence d'ADN
unique qui se trouve dans le noyau de
chacune de ses cellules (Ã l'exception de quelques
rares cas comme les globules rouges matures). Cette information est encodée
dans la séquence des quatre bases nucléotidiques (Adénine, Thymine,
Cytosine, Guanine) qui forment les gènes le long
des chromosomes. L'immense majorité de l'ADN
est identique chez tous les êtres humains, mais ce sont les infimes variations
à des positions précises, les polymorphismes, qui constituent les différences
génotypiques entre individus.
Lorsqu'on parle du
génotype pour un gène spécifique, on se réfère aux deux allèles
présents sur les deux chromosomes homologues. Un allèle est simplement
une version particulière d'un gène.
Par
exemple, un gène qui détermine la couleur des graines d'un petit pois
peut exister sous deux formes alléliques : un allèle "jaune" et un allèle
"vert". Le génotype de la plante pour ce gène sera donc soit homozygote
(les deux allèles sont identiques, par exemple "jaune/jaune" ou "vert/vert"),
soit hétérozygote (les deux allèles sont différents, par exemple "jaune/vert").
C'est précisément cette combinaison d'allèles que l'on nomme le génotype.
Cette notion, formalisée
par Gregor Mendel au XIXe
siècle, a jeté les bases de la compréhension de l'hérédité, en montrant
que les caractères ne sont pas transmis directement mais via ces unités
d'information que sont les gènes.
Le génotype est
une information, un "plan" ou un "code", et non pas la manifestation observable
de ce code. C'est la distinction fondamentale avec le phénotype.
Le génotype est en quelque sorte la partition musicale, tandis que le
phénotype est la musique jouée par l'orchestre. Cette partition est inscrite
dans la séquence d'ADN et elle est pour l'essentiel fixe tout au long
de la vie de l'organisme. Les quelques altérations qui peuvent survenir
sont principalement des mutations, c'est-Ã -dire
des changements aléatoires dans la séquence d'ADN, qui modifient alors
le génotype. Ces mutations peuvent être silencieuses, sans conséquence
sur le phénotype, ou au contraire avoir des effets majeurs.
L'information contenue
dans le génotype est transmise d'une génération à l'autre lors de la
reproduction.
Lors de la formation des gamètes (spermatozoïdes
et ovules), le processus de méiose
assure que chaque gamète reçoit un seul exemplaire de chaque chromosome,
et donc un seul allèle pour chaque gène. Lors de la fécondation,
l'union d'un gamète mâle et d'un gamète femelle restaure une paire de
chromosomes, et donc un génotype diploïde
chez le nouvel individu. C'est ainsi que le génotype d'un enfant est une
combinaison unique des allèles hérités de ses deux parents. Cette recombinaison
génétique, qui brasse les allèles parentaux, est une source majeure
de la diversité génotypique au sein d'une espèce.
Le génome
complet, soit la totalité de l'ADN, est bien plus vaste que la simple
somme des gènes. Une grande partie de l'ADN ne code pas directement pour
des protéines et était autrefois qualifiée,
à tort, d'ADN "non codant". On sait aujourd'hui que ces régions jouent
des rôles régulateurs essentiels. Elles contiennent par exemple des séquences
qui contrôlent l'expression des gènes, c'est-à -dire qui déterminent
quand, où et en quelle quantité un gène doit être "lu" pour produire
une protéine. Le génotype inclut donc aussi ces variations dans les séquences
régulatrices, qui peuvent avoir des conséquences phénotypiques importantes
sans pour autant modifier la séquence codante d'un gène.
Ajoutons que le génotype
n'est pas une entité figée dans son expression. Toutes les cellules d'un
organisme possèdent le même génotype (à quelques exceptions près comme
les cellules du système immunitaire
qui réarrangent leur ADN), mais elles n'expriment pas les mêmes gènes.
Une cellule musculaire et un neurone ont la même
information génétique, mais ils n'en utilisent qu'une partie spécifique.
Le génotype est donc le potentiel, la bibliothèque complète des possibles,
mais c'est l'expression différentielle de ce génotype, influencée par
des signaux internes et externes, qui conduit à la diversité des types
cellulaires et, in fine, à la construction du phénotype. Le génotype
est la source première de l'hérédité, le
legs silencieux et fondamental qui, en interaction constante avec l'environnement,
va se déployer pour donner naissance à l'organisme dans toute sa complexité. |
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